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[Test] Mirror's Edge Catalyst

17 Juin 2016 , Rédigé par jeuxvideo-world Publié dans #Tests PS4

Il y a 8 ans environ, Electronic Arts et DICE proposaient un certain Mirror's Edge sur PlayStation 3, PC et Xbox 360. Un succès mitigé malgré un bel accueil de la presse, la popularité du jeu a augmenté au fil des mois après sa sortie jusqu'à ce que les joueurs évoquent l'envie de voir l'arrivée d'une suite... Ce jour est arrivée avec en ce début de mois de juin avec la sortie du jeu Mirror's Edge Catalyst, toujours développé par DICE et édité par Electronic Arts. Une suite convaincante ou un nouvel essai mitigé ?

Impossible de ne pas se souvenir de l'identité visuelle du premier opus, très sobre et claire. Pas d'inquiétude, on retrouve cette même direction artistique, toujours aussi soigné. Ce nouvel opus nous plonge dans la ville de Glass City divisé en quartiers où chaque zone possède une différence visuelle mais où la vie humaine est rare si l'on écarte les ennemis. Premier constat mitigé donc de ce monde semi-ouvert, il ne s'agit pas d'un open-world et celui-ci s'avère un peu vide malgré quelques efforts de remplissages peu convaincants. Alors vous allez me dire que l'essentiel du jeu se passe sur les toits et que le rythme soutenu empêche de réellement se rendre compte de ce qui nous entoure et potentiellement du souci du détail de l'environnement.

Visuellement le jeu se montre un peu plus inspiré, plus vertical mais aussi plus coloré tout en respectant les codes de la licence. Le travail sur la lumière, les reflets et tous les petits effets visuels qui contribuent à la qualité du jeu et à l'immersion générale du titre. Techniquement, le jeu adopte le moteur graphique Frostbite solide mais où le framerate de 60 fps est rarement atteint et avec quelques chutes de temps en temps. Rien de bien méchant, mais la claque technique qu'on pouvait espérer n'est pas totalement au rendez-vous. Ceci dit, les textures, la modélisation du décor et des personnages ou encore les animations sont satisfaisantes dans l'ensemble. Si Faith, l'héroïne du jeu, conserve un style et un charisme approuvé, les différents protagonistes sont nettement moins séduisants et inspirés...

Mirror's Edge, c'est du Parkour. Autrement dit, vous allez courir encore et encore mais aussi sauter, glisser et même s'accrocher. Sauf erreur ou période de prise en main, l'expérience de jeu offre un rythme soutenu avec un enchaînement de réflexes et de bons choix pour mettre en oeuvre des déplacements et actions fluides. Au niveau de la prise en main, elle sera immédiate si vous avez déjà mis la main sur le premier volet, autrement une petite session de jeu suffit à comprendre les bases de ce Mirror's Edge. Faith gagne désormais de l'expérience dans le but d'effectuer des dépenses dans l'arbre de compétences divisé en quatre branches : mouvement, combat, l’équipement et compétences spéciales.

Si cette mécanique s'inscrit dans les pratiques actuelles, elle démontre une forme de maladresse pour ce type de jeu. En effet certains mouvements quasiment indispensables sont dans la liste des mouvements à acquérir au fil du temps or il semblait presque évident que l'on dispose de ce même mouvement dès le début de l'aventure, à l'image de la roulade en guise d'atterrissage pour ne cité qu'un exemple. Un peu frustrant, on se rassure tout de même avec une liste de mouvements plus riche et pertinente. Au niveau du combat, un changement important est pratiqué, la disparition de la partie FPS. En effet il était possible avant de récupérer l'arme d'un ennemi pour s'en servir, désormais on pourra seulement attaquer au corps-à-corps, un choix approuvé même si certaines situations restent délicates. 

En effet l'IA n'est pas spécialement convaincante dès lors qu'elle se présente en groupe. Le syndrome de la file d'attente, comme on peut le voir dans de nombreux jeux, est malheureusement de la partie. Dans les petits ajouts dispensables mais potentiellement sympathiques selon vos attentes, on note la présence d'un grappin et d'un gadget pour étourdir ou détruire des dispositifs technologies, l'aventure ayant lieu dans un monde futuriste. Le jeu met l'accent sur la notion d'enchaînement, briser une séquence dans ces mouvements et tous vos gestes seront moins percutants, surtout face à l'ennemi. 

Au contraire, si vous parvenez à tenir le rythme cela devient plus efficace et plus simple face à des obstacles exigeants. Au niveau de l'expérience de jeu, on note des séquences à l'intérieur comme dans le premier opus, à l'image du code couleur (rouge) pour désigner la partie de l'environnement qui permet de progresser. Un code couleur sur trois niveaux, absence totale de couleur à une petite touche de rouge en passant par un tracé encore plus évident. Enfin au niveau des bugs, quelques petits soucis avec le moteur physique sont de la partie, mais rien de bien gênant, ceux-ci feront certainement l'objet d'une correction dans un futur patch.

En matière de durée de vie, le premier volet était extrêmement léger avec un aspect scoring en guise de rejouabilité, le mode histoire étant très court. Ce nouvel épisode s'en sort mieux même si l'histoire reste toujours très courte, 7 heures environ pour venir à bout de l'aventure. Alors déjà, le monde semi-ouvert permet déjà d'atténuer un enchaînement en ligne droite et dirigiste de l'histoire. Mais c'est surtout la présence de missions secondaires pour varier les plaisirs. Cela fonctionne effectivement la première fois mais dès lors que les différents types de missions secondaires (courses, livraisons...) sont réalisés, cela devient vite répétitif pour finalement se reconcentrer sur les missions principales.

Heureusement l'aspect scoring est toujours de la partie avec une partie multijoueur similaire à ce que l'avait pu découvrir dans l'épisode précédent. Ici vous pourrez vos propres épreuves de différentes manières, soit sous forme de checkpoint avec une notion d'ordre, soit sous forme d'un point A à un point B avec l'itinéraire de votre choix. La partie multijoueur permet d'obtenir du challenge et une vraie rejouabilité au titre. On aurait forcément aimé un multijoueur moins "détaché" avec pas seulement des fantômes de joueur mais c'est déjà pas mal. Concernant les trophées/succès, si ceux du premier opus étaient costauds, ceux de cet épisode sont nettement plus accessibles.

Au niveau de la bande-son, ce nouvel épisode sort le grand jeu et à une exception près, le résultat est juste énorme, une belle surprise sonore. Autant dire de suite ce qui gâche la qualité sonore du titre, il s'agit évidemment des doublages Français absolument pas convaincants, à part peut-être celui de Faith et encore, c'est quand même très moyen. Alors autant la présence de doublages Français reste une bonne intention qu'il faut féliciter, autant si c'est pour obtenir un tel résultat mieux s'en passer, car là ça ne colle pas.

Pour le reste, c'est génial et immersif. On trouve une B.O dont le compositeur est le même que celui du premier volet. Ceci est donc synonyme d'une ambiance sonore variée avec du rythme et un style électro qui s'associe parfaitement avec le concept de Parkour du jeu. Un gros travail est également de la partie au sujet des bruitages, que ce soit des impacts, des bruits de pas et même de la respiration de Faith, c'est immersif et toujours juste sans tomber dans l'exagération. L'idée était de nous mettre au mieux dans la peau de Faith, mission réussie.

Enfin on termine avec la partie scénaristique du jeu. Contrairement au premier volet qui proposait un travail d'écriture relativement léger et sans intérêt, celui-ci tend à offrir plus de profondeur avec une présentation et une histoire de l'héroïne avec plus de détails, au même titre que l'environnement et les ennemis des alentours. Malheureusement, cela reste très basique, cliché et finalement peu d'intérêt comme pour le premier opus. L'idée d'apporter un travail d'écriture plus poussé reste une bonne idée, mais son fil conducteur et sa progression n'offrent qu'un résultat peu emballant avec quelques passages convaincants mais où le reste ne se montre pas à la hauteur du potentiel de la licence.

Mirror's Edge Catalyst n'est pas la bombe espérée, celle qui devait corriger les défauts et renforcer le concept original et rafraîchissant du premier opus. Les fans seront sûrement séduits par les quelques nouveautés et ajouts de cet épisode, mais le titre souffre de nombreuses imperfections et de choix douteux. C'est frustrant dans le sens où l'on réalise rapidement que la licence possède un vrai potentiel, mais que les développeurs n'exploitent pas vraiment en préférant respecter quelques mécaniques de jeu faisant office de mode dans de nombreux jeux... Sympathique mais perfectible.

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Graphismes : 15/20
Gameplay : 15/20
Durée de vie : 13/20
Bande-son : 16/20
Scénario : 12/20

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Note globale : 14/20

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