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[Test] Aragami

28 Octobre 2016 , Rédigé par jeuxvideo-world Publié dans #Tests PS4

Si la PlayStation 4 commence sérieusement à disposer d'un catalogue de jeux très riche et complet, des genres sont plus représentés que d'autres que ce soit dans la qualité que dans la quantité. Par exemple, on pourra encore évoquer un catalogue un peu mince en matière de jeux d'infiltration, quelques titres incontournables sont de la partie, mais encore peu nombreux. Du coup dès qu'un jeu d'infiltration se présente, on a tendance à se montrer très curieux, même lorsqu'il s'agit d'un jeu indépendant dont les moyens sont très limités. Les développeurs espagnols du studio Linceworks propose depuis peu un jeu qui s'intitule Aragami et qui s'avère être la copie finale d'un projet étudiant de 2014 qui répondait au nom de Path of Shadows. Une bonne surprise pour ceux qui aiment rester dans l'ombre ?

Une aventure sombre et dépaysante qui regorge de références qui ne manqueront pas de ravir les joueurs, surtout les plus anciens. On pourra ainsi découvrir un univers asiatique et ses décors spécifiques, comme ces fameuses arches rouges. Pas de doute, on se trouve bien au coeur d'un japon féodal où le cycle jour/nuit est bloqué sur nuit, cela n'empêche pas d'y voir un brin de lumière qui dans notre cas pourrait se résumer à notre plus grand ennemi. En effet le joueur incarne un esprit sombre nommé Aragami. Visuellement son style laisse penser à un assassin, un ninja, où le noir est la couleur dominante, logique pour un esprit sombre qui maîtrise les ombres. Un charac-design convaincant où une petite touche de rouge pourra intervenir, mais ce ne sera jamais bon signe, on y reviendra un peu plus tard.

Le studio fait le choix du cel-shading pour mettre en scène les décors et les protagonistes, un choix artistique mais aussi un peu pour cacher les faiblesses techniques du jeu. En effet malgré les qualités indéniables de la direction artistique, on fait face rapidement aux limites techniques du jeu que ce soit dans les textures ou la modélisation de l'ensemble du jeu. C'est d'autant plus problématique que ce manque de finesse peut poser quelques soucis dans votre approche sur le terrain où l'ombre vous rend fort et la lumière tellement faible. Ce petit manque de finition peut donc vous tendre un piège dans votre appréhension d'une séquence, cela reste rare dans l'ensemble.

On note également la présence de chutes de framerate, pas vraiment séduisant surtout pour un tel genre où l'on apprécie fortement d'être face à un jeu parfaitement fluide, à l'image des animations. Dans le cas contraire cela devient rapidement un obstacle et donc un paramètre qu'il faudra prendre en compte dans vos approches furtives. C'est quand même dommage de faire face à un jeu avec autant de charme mais dont la partie technique est d'une importante faiblesse, on imagine que les moyens étaient limités... On parlait précédemment de nombreuses références, c'est le cas par exemple avec le choix de l'interface. En effet plutôt que de mettre des barres en haut à gauche, l'interface du jeu est introduite à la manière d'un jeu comme Journey où c'est l'écharpe du héros qui fait office de HUD.

Au niveau du gameplay, on découvre un jeu d'infiltration à l'ancienne nous rappelant logiquement les monuments du genre, des souvenirs vont ressurgir, c'est certain. Le jeu s'offre une prise en main dans la moyenne, en dévoilant un potentiel intéressant et profond. Vous incarnez donc un esprit de l'ombre, ou un ninja question de point de vue, qui va rencontrer des obstacles sur son passage : la lumière. Autant vous serez redoutable dans l'ombre, autant dans la lumière vous serez tellement faible que la moindre erreur sera synonyme d'une mort frustrante et d'un retour au dernier checkpoint. Ces derniers sont parfois mal placés, un petit problème d'équilibre qui risque de frustrer quelques joueurs. On pourra accomplir une belle traversée et se faire surprendre par un ennemi à distance et gâcher une grosse partie du travail puisqu'il faudra reprendre de zéro le long et périlleux passage précédent. Dans le principe vous allez donc devoir traverser chaque zone du jeu en étant discret. Vous avez totalement le choix de passer dans l'ombre sans jamais tuer un ennemi, ou alors d'éliminer discrètement chaque ennemi de la zone.

Le jeu ne favorise aucun des deux choix, libre à vous de choisir votre expérience de jeu. Votre personnage est en tout cas capable de belles prouesses. Il pourra par exemple se téléporter d'une ombre à une autre et ainsi surprendre l'adversaire et choisir le placement idéal. Par contre, si vous n'êtes pas dans une ombre et qu'un ennemi est à proximité, ça s'annonce plutôt vilain car les ennemis sont très forts et sans pitié. La difficulté du jeu est importante, mieux vaut donc bien réfléchir à chacune de ses actions. Lorsque vous êtes dans la lumière, votre personnage passe du noir au rouge, c'est comme ça que vous pourrez comprendre la pertinence de votre position actuelle. En effet, compte tenu de la finition moyenne du jeu, il arrive parfois d'avoir un léger doute sur la frontière entre l'ombre et la lumière. Votre écharpe vous donne également d'autres informations comme la réserve d'essence pour l'usage de techniques avancées. Notre héros comporte de nombreuses aptitudes découpées en trois branches : compétences, techniques offensives, techniques défensives.

Dans cette liste, vous allez retrouver des capacités qui rappellent de nombreux jeux du même genre dont Assassin's Creed. Ainsi vous pourrez faire usage de kunai, aspirer vos ennemis avec un pouvoir, éliminer un ennemi depuis un rebord ou encore faire disparaître un ennemi immédiatement après une attaque (on pourrait aussi citer comme exemple le jeu Styx : Master of Shadows). Tant qu'à faire, autant parler d'inspirations issues de la licence Tenchu ou encore de Metal Gear Solid. Ce qui est appréciable, c'est que le studio ne tombe jamais dans la mauvaise copie ou l'inspiration excessive. Il se contente de reprendre quelques mécaniques et de mettre en scène celles-ci en adéquation avec son univers, c'est donc plus un hommage aux précédentes licences qu'un vilain plagiat qui finit au tribunal. Dans la conception des niveaux, on pourra découvrir un level-design soigné avec des zones de plus en plus grandes et complexes.

Du côté de la durée de vie, le jeu pourra se montrer un peu tendre pour certains joueurs malgré quelques efforts des développeurs pour offrir une bonne rejouabilité. L'histoire est donc découpée en 13 chapitres d'une durée assez courte à chaque fois. Si votre premier but sera sûrement d'atteindre la fin du jeu, l'expérience proposée permet de s'y replonger avec des objectifs précis : des médailles. En effet selon votre façon de jouer dans chaque chapitre, vous serez susceptible d'obtenir une médaille. Ainsi, vous pourrez obtenir la médaille "Kami" si terminez un chapitre sans éliminer un seul garde. Si vous terminez un chapitre sans vous faire repérer, ce sera la médaille "Yurei". Enfin si vous terminez un chapitre en éliminant tous les gardes, vous obtiendrez la médaille "Oni". Ce type de récompense est commun dans les jeux d'infiltration dont Styx Master of Shadow par exemple.

Aussi, vous pourrez partir à la collecte des parchemins pour devenir plus fort grâce à l'acquisition de l'ensemble des compétences offertes par le jeu. Chaque fin de niveau donne lieu à une dimension scoring (addition de points selon vos actes pour déterminer une lettre en guise de score) et à un système de classement en ligne. Une fonctionnalité relativement classique pour un tel genre mais qui est toujours appréciable et permet de rendre la rejouabilité du jeu bien plus solide. Mais ce n'est pas seulement cet aspect qui fait la différence dans le contenu du jeu. En effet il est également possible de parcourir l'intégralité du jeu en coopération ! L'aventure prend ainsi une autre dimension avec une approche des situations différentes. Même les compétences seront utilisées d'une manière complètement différente grâce à l'apport d'un second esprit sombre. Il faut également savoir que la version PlayStation 4 dispose de trophées et notamment d'un trophée platine pour les chasseurs de trophées.

Enfin, Aragami parvient à séduire au niveau de sa bande-son et de son scénario mystérieux. Les compositions musicales sont signées du studio Two Feathers, et c'est une franche réussite. Les différents morceaux se montrent équilibrés et s'accordent à merveille avec l'univers japonais du jeu. Un travail sonore maîtrisé puisqu'on ne sombre pas pour autant dans de vieux morceaux asiatiques susceptibles de sonner comme un cliché. C'est frais, moderne et ça contribue fortement à cette belle ambiance. Au niveau du scénario, c'est assez classique mais cette ambiance mystérieuse et ses nombreuses interrogations sèment le doute face à cette écriture pourtant convenue au départ.

Le joueur incarne donc un "Aragami", un esprit sombre invoqué par une certaine Yamiko. On ne possède quasiment pas d'information sur cette Yamiko, si ce n'est que celle-ci possède quelques pouvoirs qui laissent penser que ce n'est pas un simple esprit. Elle sollicite Aragami pour récupérer sa liberté, celle de son corps et non de son esprit. Le scénario part donc sur ses bases avec régulièrement de charmantes cinématiques pour tenter de comprendre certaines parties de l'histoire très obscures lors du lancement de l'aventure.

Aragami est globalement une bonne surprise malgré quelques faiblesses. On découvre avec un réel bonheur un jeu d'infiltration, qui s'inspire des meilleurs et qui nous offre un univers avec une patte graphique séduisante. Derrière ces qualités artistiques, on tombe sur des défaillances techniques, la faute certainement à un manque de moyens. Le gameplay se montre assez riche pour varier les plaisirs d'autant que la difficulté est particulièrement élevée avec une IA parfois douteuse. Le contenu est assez honnête avec une bonne rejouabilité, une ambiance sonore soignée et un scénario qui se montre suffisamment captivant pour que l'on souhaite découvrir la fin de cette sombre aventure.

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Graphismes : 14/20
Gameplay : 14/20
Durée de vie : 14/20
Bande-son : 16/20
Scénario : 14/20

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Note globale : 14/20

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