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[Test] Dishonored 2

21 Novembre 2016 , Rédigé par jeuxvideo-world Publié dans #Tests PS4

Il y a 4 ans, en octobre 2012, un studio Français parvenait à faire sensation avec la sortie d'un jeu : Dishonored. Une expérience de jeu fabuleuse à tous les niveaux où les développeurs d'Arkane Studios montraient beaucoup de talents. Edité par Bethesda, la licence refait parler d'elle avec une suite intitulée Dishonored 2. Celle-ci a suscité une grosse attente des joueurs et notamment des fans depuis son annonce, espérant ainsi revivre une aussi belle surprise dès les premières minutes de jeu. Cette suite débarque sur PlayStation 4, Xbox One et PC avec la ferme intention de s'imposer comme un sérieux prétendant au titre du jeu de l'année 2016. Aussi grandiose que le premier ?

Comme un grand nombre de joueurs, vous êtes tombé sous le charme du premier Dishonored. N'ayez crainte, cela va se reproduire avec Dishonored 2, et pourtant c'est loin d'être une simple copie visuelle. Les développeurs d'Arkane Studios nous prouvent définitivement que ce sont des artistiques et que le talent ne manque pas. Si le premier opus nous invitant dans la ville sombre et grisonnante de Dunwall, cette suite nous fait voyager jusqu'à Karnaca, une cité aussi fascinante. Dès vos premières minutes dans cette cité et jusqu'à la fin du jeu, vous pourrez assister à une direction artistique absolument fabuleuse, une vraie claque artistique. Cette nouvelle cité est encore plus impressionnante avec son level-design carrément dingue et la grande variété des quartiers tout en restant cohérent.

Ainsi dans le style, il s'agit d'une ville portuaire mais également minière, cela suffit déjà à varier les plaisirs dans les environnements. Les rats possédant la peste dans Dunwall laissent désormais place à des nids de mouches de sang dans Karnaca. Le travail au niveau de l'architecture est aussi bluffant à l'extérieur qu'à l'intérieur. En effet vous aurez l'occasion d'apprécier un souci du détail qui sort de l'ordinaire et ceci tout au long de votre aventure. Cette dimension artistique est valable pour les différents décors du jeu mais aussi pour l'ensemble des protagonistes de cette nouvelle histoire. Derrière ces nombreuses qualités artistiques, on tombe sur une partie technique moins pétillante.

En effet malgré le déploiement d'un premier gros patch lors de la sortie du jeu (9 Go quand même !), ce second opus ne montre pas une finition à la hauteur de sa direction artistique. On pourra ainsi régulièrement faire face à des ralentissements mais aussi à quelques bugs de textures ou encore de l'aliasing de temps en temps. On espère évidemment que ces faiblesses plus ou moins gênantes lors de l'aventure seront rapidement corrigées à travers un ou plusieurs patchs dans les mois à venir, les développeurs se veulent rassurants et travaillent déjà sur des correctifs. En tout cas il ne faut pas s'arrêter sur ces petits problèmes techniques et ne pas profiter des nombreuses qualités visuelles offertes par les différents quartiers de la cité de Karnaca. Aussi, il faudra se montrer patient, les temps de chargement sont encore très longs...

Le gameplay de cette suite reprend les solides bases du premier épisode, rien de surprenant, tout en offrant quelques nouveautés très intéressantes. Déjà on fait face à un premier choix inédit, celui de choisir le personnage que l'on souhaite incarner tout au long de l'aventure : Corvo ou Emily ? Un choix extrêmement intéressant en sachant que chacun dispose de capacités et pouvoirs spécifiques. Cette suite nous offre toujours une excellente prise en main avec un style inchangé, un jeu d'action et d'aventure à la première personne. Un mélange équilibré et intéressant entre armes et sorts (à l'image de la série Bioshock). Les qualités du jeu sont nombreuses grâce notamment à son fameux level-design. En plus d'une verticalité intéressante, c'est surtout ce sentiment de liberté dans l'exploration et dans chaque mission qui permet au joueur de prendre véritablement du plaisir à se rendre à l'objectif.

En effet dans le jeu se rendre d'un point à un autre est synonyme d'une multitude de possibilités, l'aventure se montre très rarement linéaire. Les possibilités sont encore plus nombreuses dans ce nouveau volet tout en conservant la liberté au joueur de choisir son approche tout au long du jeu. Avec son gameplay profond et équilibré, vous pourrez parfaitement parcourir Karnaca comme un jeu d'infiltration ou d'action, les deux cas sont possibles et surtout le jeu ne favorise ou pénalise aucun des deux styles. Si vous choisissez la violence, vous pourrez constater des changements au sein de Karnaca. Les gardes seront plus nombreux dans la cité, l'ambiance sera plus sombre et les fameux nids de mouches de sang seront visibles à chaque coin de rue. 

Du côté des pouvoirs, on note quelques nouveautés très intéressantes que ce soit dans une approche furtive ou au contraire pour pimenter les séquences offensives. On pourra par exemple parler du pouvoir qui permet de lier plusieurs gardes afin de procéder à une élimination de groupe. Vous aurez aussi la possibilité d'utiliser un pouvoir qui permet de se transformer en ombre et d'être très discret dans ses déplacements. Si vous voulez faire un massacre sans la moindre discrétion, vous pourrez invoquer des portails afin de faire venir des monstres afin qu'ils attaquent vos ennemis.

La liste des sorts est grande et surtout d'une qualité et d'une variété qui permet de constamment prendre du plaisir et réaliser des choix différents en choisissant le sort approprié selon votre style de jeu. Aussi, le temps consacré à la recherche de runes et de charmes d'os sera plus important contrairement au premier volet où cette recherche était quasiment accessoire. En effet il faudra régulièrement se renforcer pour lutter face à la menace. Cette suite corrige le tir sur sa difficulté et son IA. On constate de gros progrès avec une difficulté supérieure et une IA moins aveugle. Le jeu mise également sur plus de dialogues (présence de plus de PNJ) et d'explorations afin de résoudre certaines énigmes comme ouvrir un coffre-fort à accéder à une zone fermée.

En matière de durée de vie Dishonored 2 améliore sa formule pour offrir une expérience aussi longue mais avec une rejouabilité encore plus intéressante. Pour finir une première fois l'aventure avec un minimum d'exploration, il faudra compter entre 15 et 20 heures, un chiffre tout à fait correct pour ce style de jeu. Mais le jeu invite le joueur à refaire l'aventure à plusieurs reprises en effectuant déjà le choix inverse lors du choix de personnage. C'est d'autant plus valable que les capacités et les pouvoirs sont différents pour Corvo et Emily. Aussi que ce soit pour l'un et pour l'autre, vous pourrez tente l'aventure en mode action puis en mode infiltration.

D'ailleurs si vous êtes à la recherche de l'intégralité des trophées/succès du jeu, il vous faudra finir le jeu sans tuer qui ce soit, sans vous faire repérer ou encore sans pouvoirs surnaturels. En effet il vous sera possible, pour encore plus de challenge, de refuser les pouvoirs dès le début de l'aventure. Evidemment il sera question de collectibles avec les tableaux, les objets décoratifs... Le jeu dispose ainsi d'un énorme potentiel dans sa rejouabilité et dépasse largement la prestation offerte par le premier volet. Cela repose tout de même sur les réelles envies du joueur à vouloir parcourir le jeu à plusieurs reprises de différentes manières. Sauf qu'ici on est loin d'un jeu répétitif et linéaire, avec son level-design, nul doute que le désir sera au rendez-vous.

On se souvient de la qualité de la bande-son du premier épisode, cette suite s'inscrit dans la continuité à un détail près vraiment décevant. Vous aurez l'occasion de découvrir des compositions musicales sublimes qui parviennent à renforcer l'ambiance de la cité, du rythme des missions et donc de votre progression au fil de l'histoire. Cette qualité de la bande-son, on la trouve aussi au niveau des différents bruitages du jeu que ce soit dans les déplacements ou les affrontements, le traitement sonore s'accorde à merveille avec l'univers de ce deuxième volet. On frôle la perfection musicale, jusqu'à ce que l'on tombe sur une catastrophe... les doublages. Comment un jeu Français peut offrir des voix Françaises aussi mauvaises ?

Alors heureusement le doublage anglais est très bon mais cela ne suffit pas à masquer cet échec total du doublage Français. Au niveau du scénario, l'aventure de Dishonored 2 se situe 15 ans après la fin du premier épisode. Cela signifie que Corvo commence à vieillir tandis que sa fille Emily possède désormais 25 ans et surtout le trône, elle incarne la nouvelle impératrice. Un règne tranquille jusqu'à ce qu'un mystérieux assassin enchaîne une série d'exécutions sur des personnes de la cité au point que le peuple se demande si ceci n'est pas un coup de cette jeune impératrice. Son poste est donc contestée, celle-ci devant même fuir suite à une arrivée en force d'une sorcière annonçant qu'elle est de la famille royale et que ce statut d'impératrice est pour elle. Le père et sa fille vont devoir se lancer dans une vengeance et une reconquête du trône.

Dishonored 2 est une suite fantastique où l'on retrouve le talent des développeurs d'Arkane Studios. Visuellement, si la partie technique manque encore de finition, difficile de ne pas cacher son émotion face à une telle direction artistique, un souci du détail fabuleux pour un level-design reversant. Le gameplay s'enrichit au niveau des sorts tout en conservant son immense degré de liberté. L'expérience de jeu promet d'être longue et passionnante, d'autant que sa rejouabilité est meilleure que l'opus précédent. Une histoire captivante et des morceaux musicaux passionnants complètent ce magnifique tableau. Dommage que les doublages Français se montrent aussi mauvais.

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Graphismes : 17/20
Gameplay : 18/20
Durée de vie : 16/20
Bande-son : 16/20
Scénario : 16/20

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Note globale : 17/20

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