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[Test] NieR Automata

17 Mars 2017 , Rédigé par jeuxvideo-world Publié dans #Tests PS4

En avril 2010, les joueurs PlayStation 3 et Xbox 360 pouvaient découvrir un action rpg particulièrement saisissant de la part de Square Enix : NieR. C'est le nom du héros que le joueur incarnait et dont le but était d'accomplir un périple pour sauver sa fille d'une maladie inconnue dans un monde très étrange. 7 ans plus tard, Square Enix est de retour avec la licence et propose en ce mois de mars le jeu NieR Automata sur PlayStation 4 et PC.

Un nouvel épisode avec de grandes ambitions et un changement de studio de développement puisque ce nouveau volet n'est pas assuré par Cavia mais par PlatinumGames, un studio qui a fait ses preuves avec de gros hits comme Bayonetta, Vanquish, Transformers Devastation ou encore Metal Gear Rising Revengeance. De belles promesses sur le papier afin d'aboutir, on l'espère, à une expérience de jeu qui sort de l'ordinaire et rendre ce mois de mars 2017 (et carrément ce début d'année) encore plus dingue en matière de sorties vidéoludiques particulièrement brillantes. Un studio qui confirme son immense talent ?

On se souvient que l'opus précédent n'était pas vraiment étincelant au niveau de sa technique mais plus rassurant dans son design. Ce nouvel épisode s'inscrite dans la continuité, puisque l'on découvre une direction artistique fabuleuse et une technique limitée. Que ce soit les machines ou les androïds, le charac-design est soigné et parvient à offrir un charisme propre. Cette fraîcheur est encore plus forte dans l'ambiance et l'environnement pour aboutir à un univers terriblement magique, varié et fantastique. Un monde ouvert, découpé en zones, avec un charme fou où le joueur alterne la forêt, le désert, le décor urbain, les ruines... Cette richesse dans l'environnement est vraiment passionnante lors de l'exploration même si les décors sont extrêmement vides, la direction artistique comble pas mal de lacunes par sa force. Le titre n'est pas aussi coloré que l'on pourrait le croire pour un rpg de ce style. On reste sur des filtres très ternes, des tons grisonnants, ni noir ni blanc mais un gris lissé avec une brume mystique.

Evidemment cette couleur dominante s'accompagne des couleurs plus logiques à chaque environnement, vert, marron... Une ambiance envoûtante qui ne laisse pas indifférent en plus d'un côté mécanique parfaitement maîtrisé. C'est bien dommage que la technique ne soit pas à la hauteur des récentes grosses productions comme Horizon Zero Dawn proposant lui aussi un monde ouvert. Néanmoins le jeu a le mérite de proposer une expérience fluide avec un 60 fps très agréable sans aucun gros ralentissement. Les animations affichent également une excellente fluidité et compensent d'autres faiblesses plus ou moins regrettables. On pourra évoquer des textures un peu fades et plates et d'une manière générale quelques bugs et soucis de finition. La PlayStation 4 est capable de bien mieux. On apprécie la traduction Française du jeu ainsi que son interface particulièrement originale, complète et personnalisable.

Un gameplay époustouflant usant à merveille l'identité du studio pour offrir une jouabilité dynamique, nerveuse ou encore jouissive. On se trouve donc sur Terre, bien plus tard après les événements de l'épisode précédent où une guerre fait rage entre robot et androïd. L'idée est de retrouver sa terre initiale et pour cela des unités sont déployées. On incarne justement l’unité YoRHa 2B, un androïd féminin participant à cette fameuse reconquête. Pour cela, elle s'accompagne d'un autre autre androïd nommé 9S au style tout aussi splendide, original et vraiment charismatique. Un duo aussi fort esthétiquement que dans le combat. Une aventure qui s'oriente vers un mélange de genres avec tout de même le type action-rpg comme style principal.

Mais s'il poursuit le style du précédent volet, il propose de belle manière des variantes intéressantes avec de la plateforme et du shoot'em up pour un résultat très convaincant. Un plaisir immense, une variété excitante avec une mise en scène idéale. La caméra va donc évoluer selon la phase de jeu. Mais là où l'on voit clairement que PlatinumGames est derrière ce chef d'oeuvre, c'est lors des phases de combat où l'on découvre un autre style : le beat'em all. L'équilibre est parfait, le système de  jeu est profond, technique, nerveux mais sans oublier d'être accessible. Dès les premiers combats, on s'étonne de pouvoir lutter d'une belle manière face à l'ennemi avec une mise en scène toujours aussi dynamique. 

Cela ne signifie pas pour autant que le tour du gameplay est fait, puisque ce sentiment de progression et de profondeur dans les enchaînements, les approches ne diminue jamais au cours de l'aventure. Un coup rapide, un coup puissant, des déplacements rapides, des sauts, des esquives, des contre-attaques ou encore la présence des POD qui peuvent s'avérer intéressant autant comme soutien offensif que défensif. C'est violent, ça découpe, c'est épique sans jamais sombrer dans des combats brouillons, longs et pénibles, une remarque valable autant pour un simple adversaire que pour un boss. Vous souhaitez améliorer votre personnage ?

Pas d'inquiétude un système vraiment sympathique est de la partie. L'amélioration s'effectue par l'intermédiaire de puces de combat qui s'intègre dans son androïd. Cela permettra d'obtenir des atouts et compétences concernant les PV, bonus d’xp, formes de combat (attaque, esquive...). Tout en conservant un brin de surprise, il faut savoir qu'en cas d'échec au cours d'un combat et donc de la mort de votre personnage, le jeu adopte un système fortement inspiré de ce que propose la licence Dark Souls. En gros, ce n'est pas votre âme mais votre carcasse qu'il faut retrouver afin de pouvoir récupérer les puces.

Un charme visuel et un gameplay renversant, qu'en est-il de la durée de vie ? On est rarement inquiet pour la durée de vie d'un jeu de ce style. Pour finir une première fois l'aventure en effectuant quelques missions secondaires, il vous faudra environ 20 heures, un chiffre qui explose si vous souhaitez découvrir l'intégralité du jeu et notamment toutes les fins. En effet ce nouvel épisode intègre la petite liste des jeux qui proposent plusieurs fins différentes et intéressantes. Ici les fins sont nombreuses et nécessitent donc un certain temps pour débloquer chaque fin, une manière également d'avoir une bonne rejouabilité. Au niveau des activités annexes, en plus des missions secondaires et de l'envie d'obtenir toujours plus de puces et d'armes redoutables, vous pourrez faire une session de pêche à l'image du dernier Final Fantasy.

Une petite activité sympathique qui permet de varier les plaisirs mais dont l'intérêt n'est pas énorme. Vous pourrez également partir à la découverte de données d'unité ou encore d'archives pour agrandir ses connaissances sur l'univers du jeu. Au niveau de difficulté, le challenge est au rendez-vous rien qu'en normal, c'est dire de l'épreuve attendue en difficile et en extrême. Ce qui est certain, c'est que le monde proposé regorge d'éléments à ramasser et de PNJ à découvrir, si vous cherchez absolument le fameux 100%, il va falloir de nombreuses heures.

Décidément, il n'y a pas un secteur où le jeu se montre faible ou décevant, la preuve en découvrant la bande-son et le scénario du jeu. Etant donné que la partie scénaristique est extrêmement forte et importante, on ne va quasiment rien dire à ce sujet pour laisser la surprise, on va se contenter de parler d'un travail d'écriture absolument magique. Dans un futur lointain, les robots affrontent des androïds. Le joueur incarne justement un androïd dans le but d'une reconquête de sa planète, la Terre. Un périple savoureux qui ne cesse de monter en puissance petit à petit par l'intermédiaire des dialogues, des documents ou simplement de la mise en scène. Les sujets abordés sont nombreux, passionnants et dont l'écriture ne peut provoquer qu'un sentiment de passion et d'admiration au joueur pour cette histoire et ses différents protagonistes. Clairement le scénario est soigné et vaut le détour sans le moindre doute. Que dire de la bande-son, si ce n'est que celle-ci est simplement somptueuse. Un travail monstrueux signé Keiichi Okabe dont on ne se lasse jamais tellement les différentes compositions musicales sont d'une douceur absolue.

Un apaisement total qui s'accorde parfaitement la direction artistique avant de basculer vers une orientation musicale plus nerveuse avec toujours autant de justesse lors des combats face à des robots. D'ailleurs on pourrait y voir quelques références musicales dans certains thèmes et notamment le premier NieR. Ce n'est pas le seul rapprochement que l'on peut faire avec le premier épisode. En effet certaines musiques comportent la sublime voix d'Emi Evans, une chanteuse déjà présente dans le précédent opus. Si le jeu propose effectivement une traduction Française au niveau des textes, vous aurez le choix entre les doublages anglais et japonais, dans tous les cas la qualité est au rendez-vous. Et surtout n'oubliez pas, le jeu met à disposition un juke-box pour profiter des morceaux du jeu sans attendre.

NieR Automata est une excellente surprise, un titre incontournable pour tous ceux qui aiment le genre. Oui, c'est un action-rpg sur le papier mais le jeu va nettement plus loin et s'orienter vers d'autres genres en fonction des phases de jeu. Non seulement la variété sera au rendez-vous mais le gameplay se montre riche et addictif. Un nouvel épisode complètement passionnant d'un point de vue artistique, sonore et scénaristique. Le contenu est costaud, l'expérience de jeu promet d'être longue et toujours intéressante. Finalement si l'on écarte les quelques faiblesses techniques du jeu, l'aventure reste néanmoins en 60fps garantissant une superbe fluidité, on peut affirmer que l'on fait face à un monstre vidéoludique. Une magie tellement rare et envoûtante, une expérience vivement recommandée !

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Graphismes : 14/20
Gameplay : 18/20
Durée de vie : 17/20
Bande-son : 19/20
Scénario : 17/20

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Note globale : 18/20

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