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[Test] Styx : Shards of Darkness

22 Mars 2017 , Rédigé par jeuxvideo-world Publié dans #Tests PS4

Après une première aventure vraiment sympathique et créant même la surprise, Focus Home Interactive et Cyanide décident de proposer une suite des aventures de Styx, un petit gobelin qui aime l'or et la discrétion. Disponible depuis le 14 mars 2017 sur PlayStation 4, Xbox One et PC, cette suite s'intitule Styx : Shards of Darkness. Un deuxième épisode qui espère bien bonifier sa formule dédiée à l'infiltration tout en ajoutant on l'espère son lot de nouveautés autant dans le gameplay que dans le contenu. Aussi bon si ce n'est meilleur que le premier opus ?

L'épisode précédent n'était pas spécialement brillant pour sa technique, on espérait donc quelques améliorations notables pour cette suite, c'est justement le cas. D'une manière globale, ce deuxième opus progresse considérablement pour offrir une expérience visuellement nettement plus propre et variée tout en restant perfectible. Cette suite fait usage du moteur graphique Unreal Engine 4, un succès du début à la fin qui renforce l'excellente direction artistique du jeu. Oui la force de cette licence, c'est sa direction artistique qui nous plonge dans un monde fantastique sombre tout en restant amusant sur les bords. L'autre force du jeu, c'est son level-design. Pourtant très séduisant dans le volet précédent, les développeurs vont encore plus loin dans la conception des niveaux de cette suite avec une verticalité encore plus importante et de nombreuses possibilités pour se rendre à l'objectif.

On prend un véritable plaisir à découvrir chaque coin de la zone de jeu pour se rendre à l'objectif sans être repéré tout en distinguant la position des ennemis, des trésors et des possibilités offertes par le décor en matière de pièges. S'il conserve son style, son identité, le jeu démontre un univers bien plus coloré et moins sombre avec une meilleure maîtrise de l'éclairage. De jolis effets de lumière qui s'accompagnent d'une modélisation en progrès à l'image des différentes animations du jeu. Les textures progressent mais démontrent encore quelques faiblesses, comme pour les temps de chargement qui s'améliorent grandement mais dont certains joueurs estimeront qu'ils sont encore un peu longs. Si l'on pourra faire face à quelques bugs, la finition du jeu est tout de même bien meilleure que le premier volet avec notamment une excellente fluidité tout au long de l'aventure.

Concernant la variété de l'environnement, elle est plus importante mais démontre une lacune importante que l'on pouvait déjà distinguer dans l'épisode précédent : le recyclage. En effet, on aurait bien aimé de découvrir une aventure sans forcément repasser par certains niveaux, même si la richesse de ceux-ci pourrait permettre plusieurs passages sans trop de lassitudes. Un degré de recyclage atténué par l'excellent level-design mais qui laisse toujours cette pointe de frustration. Du côté de notre gobelin, son design est toujours aussi charismatique, contrairement aux différents ennemis du jeu (humains, elfes, nains...). En ce qui concerne l'interface, elle est sobre et agréable à la lecture que ce soit dans la gestion des compétences ou pour la partie artisanat (fabrication d'objets avec liste des ingrédients nécessaires).

Grâce à l'excellente conception des niveaux, le gameplay ne peut devenir que plus intéressant malgré quelques faiblesses qui existaient déjà dans l'épisode précédent. Ceci dit, on note des progrès et améliorations à tous les niveaux, mais l'évolution est parfois trop mince pour se contenter d'un tel résultat. On va d'ailleurs aborder ces fameux points négatifs en commençant par les déplacements du personnage et notamment les sauts. Il n'était pas rare de mourir parce que l'exécution du saut était catastrophique, soit par erreur soit par un mauvais calcul des distances dans la zone en question. C'est d'autant plus gênant que le titre mise sur une verticalité importante. Heureusement pour réduire cette frustration, le jeu va mettre à disposition du joueur, des compétences intéressantes dans cette suite afin de pouvoir se rendre à un point précis sans forcément avoir la crainte d'une erreur dans l'exécution des sauts. Cela reste tout de même encore lourd et imprécis...

Le deuxième problème, que l'on retrouve dans quasiment tous les jeux surtout de ce genre, c'est l'IA des ennemis. Alors oui, on note tout de même une légère amélioration par rapport au premier opus, mais cela reste insuffisant pour ne pas être frustré par certaines situations. Parfois, vous aurez l'impression de faire face à des ennemis terriblement aveugles alors que la situation est pourtant évidente (un corps au sol). Tandis que dans d'autres phases de jeu, on sera surpris par l'excellente vue des ennemis dont le repérage de votre gobelin est tellement rapide et facile qu'on se demande encore notre vraie erreur dans notre approche... Ces deux défauts majeurs constituent de nombreuses frustrations au fil de l'aventure mais sans vraiment gâcher l'expérience de jeu dès lors que l'on a connaissance de ces problèmes. 
D'ailleurs les développeurs tentent de réduire cette frustration par la mise en place d'un système de sauvegarde plutôt intéressant.

Par l'intermédiaire d'une touche, vous pourrez effectuer une sauvegarde rapide, simple et efficace si vous souhaitez recharger rapidement en cas d'erreur. Ce système nous pousse à réaliser des tentatives au sein d'un niveau sans vraiment faire face à un risque. Avec un système de sauvegarde uniquement possible en fin de niveau, le déroulement est nettement plus calculé autrement on relance depuis le début. Or ici, vous pouvez progresser petit à petit et si vraiment vous commettez une erreur, vous relancez votre dernière sauvegarde rapide. C'est clairement une invitation à prendre des risques sans gâcher la progression précédente. Autrement le gameplay est très proche du précédent opus avec de nombreuses compétences à faire usage en usant sa jauge d'ambre (une sorte de jauge magique) où l'on pourra retrouve la création d'un clone par exemple.

Au-delà de vos compétences, les niveaux regorgent de pièges très intéressants comme décrocher un lustre, vomir dans une assiette, éteindre la lumière pour prendre un sérieux avantage dans le noir... On fait donc face à une palette offensive très polyvalente qui dépend de l'environnement mais aussi des compétences de Styx que l'on pourra débloquer au fil des niveaux. Cette suite mise aussi sur une exploration plus importante que par le passé en ajoutant la récolte de ressources dont l'intérêt est immense, il fait grandir le champ des possibilités pour parvenir à son objectif. Ainsi, si vous disposez des ressources suffisantes (il va falloir faire des choix et bien réfléchir sur la confection de l'équipement en question), vous pourrez par exemple créer des pièges acides, des flèches, des fioles...

Au niveau de la durée de vie, ce deuxième opus progresse également sur de nombreux points. On retrouve une trame principale plus ou moins proche du premier épisode au niveau de sa longueur avec des niveaux découpés en mission pour un total de 9 missions. Il vous faudra entre 8h et 10h environ pour venir à bout de l'aventure si vous prenez votre temps de découvrir le jeu. En plus de l'objectif principal, le jeu vous propose d'accomplir des tâches secondaires pour varier les plaisirs. En plus de la table d'artisanat qui permet donc de fabriquer 9 types d'objets, le jeu propose un système de compétences qui totalise 5 arbres : Furtivité, Assassinat, Alchimie, Clonage et Perception. Contrairement au volet précédent, cette suite propose régulièrement des combats face à des boss. Ces phases ne sont pas trop mauvaises même si certaines semblent plus percutantes que d'autres, cet ajout reste appréciable. Le contenu du jeu ne s'arrête pas là puisque, comme pour le premier opus, un système d'insigne est de la partie.

Le but ? Obtenir la médaille d'or de chaque insigne dans toutes les missions. Celles-ci mettent en valeur l'aspect infiltration du jeu puisqu'il existe 4 insignes par mission : Célérité (battre un temps), Ombre (nombre d'alarmes déclenchées), Clémence (nombre d'ennemis tués), Voleur (jetons ramassés, le jeu totalise 180 jetons). Ces insignes constituent une excellente rejouabilité à travers les différentes missions du jeu en plus d'offrir du challenge. Justement, à propos de la difficulté, le jeu propose quatre niveaux : Découverte, Initié, Gobelin et Maître. Enfin, une nouveauté vraiment sympathique et que l'on n'attendait pas forcément, c'est la mise en place d'un mode coopératif. Il est donc possible de parcourir l'ensemble des niveaux du jeu avec un ami. La souplesse de ce mode, c'est qu'il est possible d'inviter ou rejoindre un joueur à n'importe quel moment de la partie.

Du côté de la bande-son, cette suite s'en sort plutôt bien et s'inscrit dans la continuité du travail réalisé sur le premier épisode de la licence. On retrouve ainsi de très bonnes compositions musicales (peut-être légèrement moins marquantes que les précédentes), des bruitages crédibles et surtout des voix Anglaises convaincantes (mention spéciale évidemment à la voix de Styx qui fonctionne toujours aussi bien pour un gobelin). Forcément lorsqu'on sait le studio de développement, Français pour l'occasion et malgré le soin apporté à l'ambiance sonore, on peut regretter l'absence de voix Françaises au profit de doublages Anglais avec les sous-titres en Français.

Enfin pour ce qui est de l'histoire, elle n'est pas spécialement originale mais parvient tout de même à séduire par petite dose grâce à son univers ainsi que son humour noir. Les références sont nombreuses autant par rapport à d'autres licences de jeux vidéo que dans le monde du cinéma. Quelques surprises seront tout de même de la partie à l'image du premier épisode, l'écriture est donc soignée mais on ressent un réel potentiel pour aller plus loin dans l'écriture et cet univers très intéressant. Sans trop en dire, on pourra quand même évoquer le lieu de ce deuxième opus. Vous pouvez dire au revoir à la Tour d'Akenash et son Arbre-monde, cette suite se déroule désormais à Korrangar, la cité des Elfes Noirs.

Styx : Shards of Darkness est une suite très convaincante avec de bons choix de la part des développeurs et de nombreuses améliorations pour aboutir à une expérience de jeu encore plus complète et élégante. Visuellement le jeu progresse nettement que ce soit sur sa partie technique ou artistique, avec des niveaux complètement dingues au niveau de la conception. Le gameplay souffre toujours de quelques problèmes mais ils sont atténués et pas systématiques ce qui réduit l'impact sur l'aventure. Le potentiel est énorme pour aboutir à son objectif dans la plus grande discrétion ou au contraire, éliminer discrètement chaque ennemi de la zone. Le contenu est similaire au premier épisode à l'exception de la présence d'un mode coopératif qui apporte un supplément non négligeable. La bande-son est toujours aussi emballante et le scénario reste agréable et amusant à suivre surtout pour sa dimension comique.

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Graphismes : 16/20
Gameplay : 16/20
Durée de vie : 16/20
Bande-son : 15/20
Scénario : 15/20

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Note globale : 16/20

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