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[Test] Shiness : The Lightning Kingdom

25 Avril 2017 , Rédigé par jeuxvideo-world Publié dans #Tests PS4

Après trois longues années et une campagne Kickstarter, le studio Enigami parvient à proposer un jeu très alléchant, Shiness : The Lightning Kingdom. Disponible sur PlayStation 4, Xbox One et PC. Cet Action/RPG n'a cessé de séduire les observateurs depuis la GamesCom 2015. Un projet qui parvient à aboutir grâce aussi à l'éditeur Focus Home Interactive qui confie sa confiance aux développeurs dans l'espoir de découvrir une belle expérience de jeu, passionnante et rafraîchissante. Shiness : The Lightning Kingdom est disponible depuis le 18 avril 2017 mais uniquement en version numérique, il n'y a pas de distribution physique pour le moment. Un RPG vendu 30€ et dont le poids affiché est de 11Go à l'heure actuelle. Un projet étincelant ? (version PlayStation 4 testée)

Depuis son annonce et au fil de son actualité à travers des images et des vidéos, il était bien difficile de ne pas tomber sous le charme de ce jeu indé. Attention un charme artistique et non technique ce qui forcément laisse un petit goût de frustration. Le jeu nous propose donc de découvrir le monde de Mahera, une planète divisée en plusieurs îles flottantes où vivent plusieurs civilisations : humains, Wakis, Shelks. La direction artistique du jeu est vraiment séduisante avec un univers très coloré, très mignon avec de nombreuses et excellentes animations au niveau des différents protagonistes. Un charac-design tout aussi convaincant que ce soit au niveau des personnages ou du bestiaire. Le choix du cel-shading est clairement bon et se présente comme un choix artistique plutôt qu'une roue de secours technique comme c'est parfois le cas. Si les environnements parviennent à offrir de la variété (ville, plaine, forêt, neige, village) en plus de quelques plans vraiment sublimes pour la rétine, on note parfois des décors un peu vides et un level-design très linéaire surtout au départ. 

Ce n'est pas une vérité sur l'ensemble de l'aventure, certaines zones parviennent à mettre en avant un monde ouvert, ou du mois semi-ouvert mais il arrive parfois que l'expérience de jeu se résume à un couloir pour se rendre à l'objectif. Derrière cet aspect visuel positif, on trouve malheureusement pas mal de petits problèmes techniques qui viennent gâcher l'expérience de jeu. Autant la modélisation est très convenable, autant le jeu contient de l'aliasing, du clipping et une vilaine tendance à offrir des bugs de collisions, l'entente n'est pas parfaite entre votre personnage et le décor, c'est rare mais ça arrive. Après quelques fausses notes, on souligne deux points positifs, la présence d'une traduction Française ainsi que des cinématiques façon BD qui fonctionnement à merveille et renforcent la touche "manga" du jeu.

Du côté du gameplay, on peut dire que le jeu tente un mélange de genres, une initiative originale qui s'avère plutôt amusante manette en main même si à vouloir aborder plusieurs genres empêche les développeurs d'engager une vraie profondeur pour chaque phase de jeu. Les phases d'explorations du jeu manquent d'un petit ingrédient pour que celle-ci soit savoureuse. Si les décors sont variés, on regrette la linéarité du titre dans pas mal d'environnements surtout lorsqu'il s'agit de réaliser de nombreux allers-retours. On trouve des phases de plate-forme pas spécialement renversante (et même délicate à cause de l'imprécision du gameplay), cela permet effectivement de varier les plaisirs mais sans apporter un vrai plaisir de jeu. C'est correct mais basique à l'image des phases de réflexion se présentant comme de petites énigmes. Celles-ci sont très simples à résoudre, le jeu possède ainsi le mérite d'être accessible mais il n'apporte aucun challenge.

En gros, chaque énigme sera résolue grâce à la ou les capacités spéciales des personnages. Chado peut faire apparaître deux menhirs (soit pour détruire, soit pour faire du poids. Poky peut relier différents objets à des sources d’énergie colorées (ouvrir une porte par exemple). On trouve aussi Kayenne avec un don de télékinésie, Askel et son fouet (déplacer des objets ou interagir). Enfin on pourra profiter de Rosalya qui maîtrise un élément : le feu. Un autre genre, timidement aborder, c'est l'infiltration. En effet durant l'aventure, il sera possible de procéder à un repérage d'une zone afin de visualiser la position des monstres dans le but de les contourner pour éviter le combat (ou éventuellement mettre le premier coup pour prendre légèrement de l'avance). On en vient maintenant à la partie la plus importante, originale, surprenante et forcément perfectible : les combats. Dès lors que l'on est repéré par l'ennemi, le combat se lance et une arène se forme à l'endroit exact où l'on se situe.

Un changement instantané où l'on fait face à notre personnage et notre adversaire sous la forme d'un jeu de combat en 3D dont sa plus grande inspiration est sans aucun doute la série Naruto Ultimate Ninja Storm. Forcément avec une telle inspiration, les combats ne peuvent être que très dynamiques, colorés et spectaculaires. On précise qu'il s'agit à chaque fois d'un affrontement en un contre un avec la possibilité de changer de héros manuellement (sans attendre la mort de son personnage) avec le bouton L1. L'occasion également de dire que votre équipe comporte jusqu’à cinq personnages mais seulement trois peuvent être réellement actifs en même temps (un menu équipe permet de gérer ce statut). Au niveau des commandes en combat, le système est riche en jouant d'abord sur de solides bases puisqu'il vous sera possible d'infliger des coups de poing, des coups de pied, de vous mettre en garde, de réaliser des esquives ou encore de contrer. Si le contre est redoutable pour stopper une offensive adversaire, il faut aussi savoir qu'il consomme un point de la jauge de tension. Cette jauge augmente petit à petit au fil du combat dès lors que vous recevez des dégâts ou que vous infligez des dégâts.

Vous aurez aussi la possibilité de réaliser des combos, des sorts et même une attaque ultime (nommée Hyper) que l'on pourra déclencher lorsque la jauge de tension sera pleine. Il suffit ensuite de lancer l'attaque, réussir un QTE et votre adversaire devrait logiquement subir de lourds dégâts mais d'un autre côté, votre jauge de tension sera vide, mieux vaut donc bien réfléchir avant de faire usage d'une telle attaque, pour finir un combat c'est pertinent mais en plein milieu d'un duel, ce n'est peut-être pas la meilleure option... Lorsqu'on parle de sort et donc de magie, le jeu lui faire usage d'un terme très précis : le Shi. Il s'agit d'un système de magie et donc d'attaque à distance où chaque héros dispose d'une affinité avec l'un des quatre éléments du jeu : eau, feu, air et terre. Cette force propre à chaque personnage influence autant son attaque que sa défense. Le problème, c'est que son utilisation n'est pas illimitée, il faudra donc se concentrer (un peu comme la jauge de chakra dans Naruto) pour espérer faire de nouveau usage de son Shi. 

Sauf qu'il y a une autre particularité, c'est qu'il faut recharger au bon moment, il est donc question de timing. En effet la couleur des murs de l'arène de combat varie régulièrement entre 6 et 9 secondes environ. Il faudra donc recharger au moment où les murs seront de la couleur correspondant à votre Shi. Ce système va même plus loin dans la mesure où il existe des combinaisons possibles entre deux Shi (Eau + Terre = Plante). Pour définitivement montrer sa profondeur, le jeu adopte également un système de soutien que l'on configure à l'avance pour les personnages qui se trouvent en retrait. Ainsi, il sera possible de demander des soins lorsque notre jauge de vie est inférieure à un certain palier (75%, 50% ou 25%).

On pourra plus tard dans le jeu demander une guérison suite à une altération d'état ou encore de renforcer temporairement un attribut. A la lecture de ces phases de combat, cela semble passionnant. C'est effectivement le cas mais il y a quand même un vilain défaut qui risque de frustrer plus d'une fois les joueurs : la caméra. C'est véritablement le seul vrai problème durant les arènes, et ce n'est pas un petit problème puisque selon la situation et donc la position de l'arène par rapport aux décors, on sera régulièrement en difficulté alors que le challenge est déjà plutôt bon.

En tant qu'action/RPG, il ne sera surprenant pour aucun joueur d'apprendre qu'il faudra entre 30 et 40 heures pour venir à bout de cette aventure. Une estimation logiquement pas très précise puisqu'elle dépend de votre expérience dans le genre, de votre facilité à prendre le gameplay du jeu (et votre lutte avec cette caméra hasardeuse) mais aussi de votre intérêt pour les différentes activités annexes proposées. En tout cas, c'est une certitude, l'expérience de jeu promet d'être longue même en ligne droite. En plus des quêtes principales afin de faire évoluer la trame scénaristique, le jeu met à disposition des joueurs, une multitude de quêtes secondaires. Celles-ci permettent de se renforcer à tous les niveaux et notamment en matière d'expérience pour faire monter de niveau les personnages. Comme pour la concurrence, si les premières quêtes secondaires se présentent naturellement, il faudra discuter avec les différents personnages du jeu pour débloquer de nouvelles tâches pas toujours très passionnantes, un classique pour le genre.

En effet si certaines quêtes seront amusantes, d'autres ne seront synonymes que d'un simple aller-retour qui risque d'agacer plus d'un joueur, surtout lorsque la distance est longue. Heureusement les développeurs tentent de diminuer cette frustration en proposant l'utilisation d'une monture nommée Amos pour faciliter les déplacements (par contre ce n'est pas gratuit). Un monde qui regorge de missions et de monstres où vous pourrez récolter différentes ressources sur cette faune. Une récolte qui permet d'aboutir à une négociation avec des marchands afin d'obtenir de nouveaux objets (consommables, équipements) ou de l'argent. Concernant les différentes compétences en combat que le jeu nomme discipline de shi, vous devrez l'utiliser à plusieurs reprises afin de pouvoir en profiter de manière permanente sur le personnage qui s'est équipé de cette discipline. Aussi, vous aurez l'occasion de découvrir que certaines disciplines se débloquent grâce à l'accomplissement des quêtes annexes, des quêtes de chasseur de prime mais aussi des défis aléatoires lors des combats.

Pour les chasseurs de trophées, le jeu comporte 43 trophées dont un trophée platine. Un challenge plutôt élevé avant le coup puisque l'on note par exemple la présence d'un trophée impliquant de ne subir aucun game over, un trophée or évidemment. On termine par la bande-son et le scénario du jeu. Deux aspects pas particulièrement mauvais mais qui ne brillent pas pour autant face aux autres points forts du jeu. Concernant l'ambiance sonore tout d'abord, les compositions musicales se révèlent à la hauteur et accompagnent à merveille le joueur dans l'exploration du monde proposé. Les musiques varient régulièrement en fonction des zones où l'on se trouve. On pourra juste reprocher une ambiance sonore trop timide et légère pour les phases de combat par rapport à l'exploration. C'est agréable et ce n'est pas répétitif, dommage que les doublages ne démontrent pas les mêmes qualités.

Le doublage anglais est trop rarement dans le coup et se présentent heureusement avec des sous-titres Français. Pour l'histoire, on va rester très léger dans nos propos en évoquant simplement quelques informations sans trop creuser pour que chacun puisse découvrir que ce monde qui ne manque pas de charme. Avec un style BD, manga, il faut avouer que l'on accroche assez facilement avec l'univers du jeu. Le scénario débute lorsque Chado et son compagnon Poky voyagent en aéronef et subissent un accident. Heureusement que des dégâts matériels mais dans une zone inconnue pour les deux protagonistes. C'est à ce moment-là qu'ils vont faire petit à petit connaissance avec d'autres personnages et obtenir un objectif commun. Le travail d'écriture est intéressant mais il ne faudra pas s'attendre à une grosse partie scénaristique, c'est soigné mais assez simple finalement lorsqu'on arrive à la fin.

Shiness : The Lightning Kingdom est un RPG très particulier qui tente de mélanger plusieurs genres avec une direction artistique très japonisante. Malgré des défauts essentiellement techniques, le jeu parvient tout de même à offrir une expérience de jeu variée et amusante même si le challenge n'est pas particulièrement élevé. On aurait pu espérer une fraîcheur plus importante au niveau des énigmes, des phases de plate-forme ou encore des différentes quêtes annexes du jeu. L'ensemble reste agréable, dynamique et suffisamment tactique pour que les qualités du titre l'emportent sur les défauts, en particulier la caméra. Un jeu qui dispose donc de solides atouts et notamment d'une durée de vie très correcte pour le genre (30-40 heures). Si vous vous sentez capable de passer outre ses faiblesses techniques, l'aventure vaut le coup d'oeil.

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Graphismes : 14/20
Gameplay : 14/20
Durée de vie : 15/20
Bande-son : 14/20
Scénario : 13/20

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Note globale : 14/20

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