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[Test] Vikings : Wolves of Midgard

13 Avril 2017 , Rédigé par jeuxvideo-world Publié dans #Tests PS4

Si la nouvelle génération de consoles tente d'offrir de nombreux genres en plus de ceux qui disposent d'un immense succès, certaines catégories restent encore assez pauvres, à l'image du Hack'n Slash. Si le style est répandu sur PC, sur les consoles de salon c'est déjà moins le cas même si l'une des références du genre, Diablo, est présente à travers le dernier épisode Diablo III. On est donc systématiquement curieux et agréablement surpris lorsqu'une nouvelle licence pointe le bout de son nez et s'annonce comme un Hack'n Slash. C'est le cas de Vikings : Wolves of Midgard, un jeu développé par le studio Games Farm et édité par Kalypso Media. Disponible depuis le 24 mars 2017, parvient-il à tirer son épingle du jeu ?

On se lance dans l'aventure sans trop savoir où l'on met les pieds mais très rapidement on découvre un univers séduisant, la mythologie nordique. Un choix intéressant qui s'avère particulièrement riche et donc profitable sur de nombreux aspects du jeu. Sur le plan visuel, on est assez convaincu par le travail réalisé mais tout en montrant quelques faiblesses plus ou moins gênantes. C'est d'ailleurs par celles-ci que l'on va commencer en évoquant des animations douteuses dont le rendu n'est pas vraiment top à l'écran, dommage pour un tel jeu. Le jeu offre des environnements variés et plutôt soignés même si certains décors paraissent un peu vides selon les cartes. Des zones de jeu pas spécialement immenses, un poil linéaire et surtout sans réelles magies dans le level-design.

On note quand même une variété appréciable entre des forêts classiques, des plaines sombres et rocheuses, des plaines gelées (oui la neige est sérieusement de la partie), des marais où le pison règne en maître ou encore un décor plus chaud et volcanique. Forcément le jeu se montre coloré et quelques effets de lumière se détachent pour offrir de jolies phases de jeu. Du côté des soucis techniques, les textures sont moyennes et la fluidité est plutôt au rendez-vous même si quelques rares ralentissements peuvent faire une apparition. On constate quelques bugs de collisions avec le décor ou les différents ennemis du jeu. Ces derniers, à l'image des boss, ne disposent pas d'un charac-design très original ou varié, on s'attendait à mieux pour le bestiaire. L'interface, sans être spécialement originale, se montre propre et pas trop lourde tout au long du jeu. Une traduction Française des textes est bien évidemment de la partie.

Au niveau du gameplay, le titre tente de reprendre les codes du Hack'n Slash mais sans tomber dans le piège d'une copie sans saveur. Il essaye ainsi avec du succès d'offrir une orientation plus dynamique et technique aux combats plutôt que d'offrir des combats jouissifs et bourrins comme c'est le cas chez la concurrence. On tombe rarement face à plus de 5 ennemis, et si le rythme de faire usage des attaques et des sorts semblent logiques pour ce genre, les développeurs cherchent à offrir du dynamisme en proposant un virage qui sonne comme un action-rpg. Il vous sera donc possible de réaliser des roulades, des esquives ou de se placer de manière intelligente face aux différents ennemis afin de trouver une ouverture idéale pour porter une attaque. L'exemple le plus simple et évident avec ce système, c'est le fameux méchant avec son bouclier qui se montre résistant lors d'une attaque frontale. Il faudra donc se montrer patient et jouer la carte du déplacement en se plaçant derrière lui pour porter un coup bien plus percutant.

Derrière ce style de combat très personnel, on regrette cette expérience trop répétitive et linéaire. Cette sensation de faire face à un schéma qui ne cesse de se répéter provoque rapidement une lassitude. Concrètement, vous devrez toujours lancer une mission, parcourir la carte et accomplir les objectifs avec quelques bonus secondaires pas toujours intéressant pour finalement conclure par un combat de boss. On retourne au village et on relance de nouveau une mission, un schéma identique du début à la fin sans aucune originalité, c'est vraiment dommage sur ce point. Afin de sortir de ces quelques remarques plus sombres, on parvient à pointer du doigt un aspect bien plus rafraîchissant, la progression de votre héros. Pour augmenter de niveaux et obtenir des compétences, ce n'est pas un simple système d'XP mais une variante sympathique.

Il faudra systématiquement récupérer le sang de vos ennemis et l’offrir en sacrifice aux dieux par l'intermédiaire des différents autels du jeu (un système qui s'inspire plus ou moins du concept de From Software). Chaque niveau permet de récolter des points de statistiques à répartir et des points de "dons" pour débloquer et améliorer des compétences. Une autre bonne idée mais dont son exploitation est basique, c'est l'influence de l'environnement. En effet que ce soit le froid, les ténèbres ou la chaleur, une trop grande exposition sera synonyme de mort. Concrètement cela fonctionne à partir d'une jauge située sous votre barre de vie qui augmente au fur et à mesure de votre exposition dans les conditions difficiles. Pour éviter la mort, il faudra régulièrement se rendre dans des petites zones bien visibles sur la carte pour calmer la jauge.

En matière de contenu, c'est correct même si la concurrence se montre beaucoup plus généreuse, varier et passionnante. Tout d'abord, on tombe sur la personnalisation de son personnage (viking ou vierge guerrière). Si la présence de l'outil de personnalisation est sympathique, et presque normal pour un tel jeu, cela reste beaucoup trop léger dans les modifications. Il faudra se contenter de choisir la coiffure, barbes, tatouages, bijoux... C'est mieux que rien mais on pouvait espérer bien plus sur cette partie. Il faudra ensuite faire un choix sur le niveau de difficulté avec 5 niveaux différents : Paysan (Facile), Guerrier (Normal), Jarl ( Difficile) ou Einherjar (Fou). Il faut aussi savoir qu'un mode Valhalla est également disponible pour offrir un maximum de challenge puisque la seule et unique mort est définitive, une bonne dose de challenge. Vous devrez également choisir une divinité (correspondant à une classe) dans une liste de 5 choix assez différents : Odin, Tyr, Thor, Loki et Skadi.

Cela influence le style de combat ainsi que les pouvoirs actifs et passifs. Selon votre choix, vous aurez une arme une main, à deux mains, un bâton ou encore un arc. Rien d'original, c'est classique mais efficace en sachant que vous pourrez changer de classe au cours du jeu à condition de changer d'arme. La trame principale nécessite entre 20 et 30 heures pour en venir à bout, une estimation qui peut varier selon votre niveau de difficulté, votre expérience face à un tel genre et votre vitesse de jeu. C'est dommage que le jeu se contente de proposer des missions principales sans vraiment chercher à varier les activités avec de vraies quêtes annexes et non des objectifs secondaires facultatifs... On pourra tout de même faire des pauses en s'occupant de son village dont on possède la lourde charge de procéder à des améliorations grâce aux différentes ressources du jeu qui font office de monnaie.

S'il faut sortir du lot une activité secondaire qui vaut le coup d'oeil, ce serait l'épreuve des dieux, celle-ci offre des instants jouissifs par l'intermédiaire d'un système classique, celui d’enchaîner des vagues d’ennemis avec la présence de boss. Bien évidemment avec un tel genre, vous pourrez découvrir un arbre de compétence, la possibilité d'améliorer vos armes et armures (système de rune) mais aussi un mode multijoueur. En effet si l'expérience solo manque de punch, vous pouvez toujours vous rabattre sur le mode multijoueur du jeu mais vous ferez face certainement à une belle déception. Si la présence d'un mode multijoueur reste un très bon point, on va rapidement se montrer frustrer de cette coopération minimaliste... Il est seulement possible de jouer jusqu'à deux joueurs, pas mieux. C'est dommage lorsqu'on sait que la concurrence propose jusqu'à 4 joueurs pour des parties bien plus sympathiques. L'autre point noir, c'est qu'il s'agit uniquement de multijoueur en ligne, il n'y a pas de coopération en local alors qu'une nouvelle fois, c'est le cas dans ses concurrents les plus sérieux.

Enfin on termine avec la bande-son et quelques mots sur le scénario sans trop en dire pour que chacun puisse avoir le plaisir de la découverte mais si vous allez vite comprendre que l'histoire n'est clairement pas la force du jeu. Déjà, au niveau de la bande-son, les différents thèmes musicaux collent bien avec l'univers mais sont terriblement discrets, ils sont tellement en arrière-plan que cette ambiance sonore se montre trop souvent triste et faible. Les bruitages sont corrects dans l'ensemble à l'image des doublages mais pas vraiment de miracle ou de coup de coeur, le traitement sonore est plutôt moyen dans l'ensemble.

Un sentiment que l'on retrouve à travers le travail d'écriture qui possède pourtant un potentiel sur le papier mais dont son utilisation est beaucoup trop légère et classique. Le jeu nous plonge dans Midgard, le royaume des hommes, où l'on incarne un viking (ou une vierge guerrière) pour sauver le monde. Vous ferez face parfois à de drôles de créatures inspirées de la mythologie nordique. L'histoire de ce jeu correspond au Ragnarok, une sorte de fin du monde, il va falloir sauver son monde, son village afin de pouvoir retrouver la paix. On ne va pas en dire plus mais il ne faut pas attendre des révélations et des surprises, c'est très classique.

Vikings : Wolves of Midgard est un hack'n slash qui souhaite se démarquer de la concurrence mais avec des moyens beaucoup plus limités. Face à une licence comme Diablo, cela semble bien difficile de lutter sur les consoles de salon et pourtant le charme est là avec quelques bonnes idées. Dommage que la partie technique se montre très moyenne pour cette génération ou encore que la coopération locale soit absente. L'aventure est très répétitive et dès qu'une mécanique de jeu semble pertinente, amusante, les développeurs se contentent du minimum sans chercher à exploiter le potentiel de l'idée. On peut potentiellement espérer une suite ou un épisode du même esprit mais il faudra corriger les nombreuses imperfections et offrir de la profondeur et de la variété pour espérer toucher un plus large public.

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Graphismes : 15/20
Gameplay : 15/20
Durée de vie : 14/20
Bande-son : 12/20
Scénario : 12/20

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Note globale : 14/20

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