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[Test] Syberia 3

9 Mai 2017 , Rédigé par jeuxvideo-world Publié dans #Tests PS4

Une longue attente de 13 ans au point de ne plus croire à un éventuel retour de la licence. On parle d'une époque PS2 et Xbox si lointaine mais terriblement séduisante. La magie opère et l'attente est récompensée, la licence Syberia est de retour pour le plus grand plaisir des amateurs de point'n click. Disponible depuis le 20 avril 2017, un troisième volet fait son apparition sous le nom de Syberia 3. Suite directe ou spin-off ? Changement de genre ou continuité ? Beaucoup de questions et une folle envie de se plonger dans cette aventure que l'on espère aussi bonne que les deux précédentes...

On commence par la réalisation du jeu, et là notre engouement redescend d'un seul coup. En effet on va rapidement découvrir de nombreuses zones d'ombres au tableau. Justement en parlant de tableau, il faut d'abord avouer que la direction artistique de ce troisième opus reste toujours aussi brillante et savoureuse dont certains passages font effectivement office de tableaux. Ce style graphique combiné à un univers très soigné, des décors variés et colorés, permettent d'obtenir de jolis passages. Malheureusement cette dimension artistique passe trop souvent en arrière-plan à cause de nombreux problèmes techniques. C'est tout de même frustrant de savoir que le développement du jeu est très long (et un peu chaotique) et que le résultat soit si faible sur la partie technique. Il est question de la version PlayStation 4 (mais les autres versions disposent des mêmes qualités et défauts) et très franchement c'est moyen pour le genre.

Si les décors sont variés, la conception des niveaux se révèle trop maigre dans ses volumes et pas assez vivante, le sentiment de barrière est très souvent présent. Quelques ralentissements s'invitent durant l'aventure tandis que les temps de chargements se montrent trop longs. Une réalisation pas au goût du jour notamment en matière d'animations (bras, jambes, visages). Difficile de ne pas cacher sa déception lorsqu'on découvre les animations vraiment raides des différents personnages. Il règne clairement une rigidité générale dans le comportement de l'ensemble des protagonistes du jeu, principaux et secondaires. Que dire également de ces murs invisibles particulièrement pénibles et nombreux ou encore d'une synchronisation labiale pas du tout au point (cet aspect négatif est malheureusement très fréquent). Dommage car le charme de la licence est bien là et devrait séduire un grand nombre de joueurs à condition de faire un effort sur une technique qui n'est pas digne de la génération de consoles actuelle. 

Heureusement, on va rapidement découvrir que malgré quelques erreurs dans la finition, les ingrédients qui font le succès de la série sont bien de la partie. En effet on va rapidement faire face à une prise en main simple et immédiate qui rassure le jour dès les premières minutes de l'aventure. Autre constat qui fait évoluer la série, on bascule désormais dans une expérience avec des environnements 3D, un choix discutable avec surtout de nombreux soucis, la maîtrise de ce nouveau virage visuel n'est pas parfaite. On reste tout de même face à un point'n click complet et agréable dans son approche. Le jeu contient de nombreux dialogues dont certains nécessitent de réaliser des choix qu'il faudra assumer par la suite, l'impact des choix étant présent. Au-delà de l'écriture en abondance, c'est surtout la grosse présence d'énigmes et de puzzles qui rassurent le joueur dès la première heure de jeu. Non seulement la quantité est au rendez-vous mais surtout le moindre défi est très agréable, varié et cohérent avec l'aventure à l'instant même où la séquence se déclenche.

Il n'y a aucun moment où l'on pourrait penser que ces épreuves sont là pour gonfler l'aventure sans aucune raison valable. On félicite clairement ce degré de cohérence et d'intérêt de chaque phase de réflexion au fil de l'aventure. On regrette par contre deux aspects techniques particulièrement lourds : les déplacements et la caméra. La rigidité sur le plan visuel fait également des siennes sur la jouabilité, c'est lourd et pénible. Mais c'est clairement la caméra qui pose régulièrement des soucis que ce soit dans des phases d'exploration où l'on tente de procéder à une observation d'un ou plusieurs éléments précis ou encore en plein puzzle. L'idée de basculer l'aventure en trois dimensions cause tout de même pas mal de problème même si la volonté de proposer une expérience moderne reste intéressante. Cette version PlayStation 4 reste encore jouable, ce qui n'est pas le cas de la version PC où le combo clavier et souris pose énormément de soucis, d'ailleurs les développeurs précise que l'expérience de jeu est recommandée avec une manette, dommage pour un genre visible essentiellement sur PC.

Avec un tel genre, le contenu n'est jamais vraiment brillant à quelques rares exceptions. Sur ce point Syberia 3 s'en sort plutôt bien puisqu'il vous faudra environ 15-20 heures pour venir à bout de ce troisième épisode. Il s'agit d'une estimation en fonction de votre expérience du genre et votre façon de jouer. Une chose est certaine, il vous faudra au moins 12 heures pour terminer l'aventure, ce n'est donc pas trop mauvais pour un point'n click. Par contre il est vrai que la rejouabilité est quasiment inexistante à quelques rares détails près dans l'aventure, en sélectionnant d'autres choix au niveau des dialogues. Vous pourrez toujours partir à la collecte des trophées/succès afin de grossier la durée de vie du jeu. Il faut tout de même préciser que le jeu peut se lancer en mode Voyage ou Aventure, il s'agit là de deux niveaux de difficulté différents. Une différence sur les indications visuelles, puisque le mode Aventure sera moins généreux en matière d'indications et peut donc être considéré comme un mode un peu plus difficile que le mode Voyage.

D'ailleurs à propos de ces indications visuelles, il arrive parfois que l'interface pose quelques soucis avec des mises en valeur un peu trop maladroite et importante. Il faut quand même bien comprendre que dans les deux modes, le challenge reste absent. A moins de ne pas prendre la peine de consulter l'environnement de manière sérieuse et calme et de pas lire attentivement chaque dialogue, les risques d'être bloqués sont quasiment inexistants. Certaines énigmes demandent tout de même un peu de réflexion mais absolument rien d'insurmontable. En matière de contenu, on aurait quand même apprécié quelques éléments d'explications sur l'univers du jeu avec pourquoi pas une ou plusieurs vidéos retraçant les précédentes aventures de notre héroïne surtout lorsqu'on connaît le délai d'attente entre le deuxième volet et celui-ci.

Avec un tel jeu, il faut une bande-son et un scénario solides, les dialogues étant nombreux. D'un point de vue sonore, le résultat est assez mitigé et donc frustrant. On tombe rapidement et facilement sous le charme des différentes compositions musicales de Inon Zur (également compositeur du précédent volet). Des thèmes qui posent une touche non négligeable à la patte artistique du titre et garantissent une immersion renforcée. Malheureusement cette maîtrise orchestrale est gâchée par des doublages qui manquent clairement de soin. Si l'on aurait tendance à se satisfaire du doublage de notre héroïne, le reste du doublage Français est franchement très mauvais pour une telle production.

Pour un tel jeu, l'histoire prend une place importante et il est indispensable que le travail d'écriture soit soigné et profond pou espérer captiver le joueur sur le long terme. Il est toujours question d'incarner la fameuse Kate Walker où l'on persiste à dire que son charac-design rappelle beaucoup celui de l'aventurière Lara Croft. L'histoire de Syberia 3 prend place directement après les événements de la fin du deuxième volet (quelques semaines plus tard). Elle est retrouvée, à la dérive sur un petit bateau, par la tribu des Youkols. Heureusement, si elle est passée très près de la mort, celle-ci se réveille au coeur d'un hôpital mystérieux en présence d'un guide tout aussi étrange... Sans en dire plus sur la suite de l'histoire, celle-ci reste fidèle et cohérente avec l'univers de la licence et parvient à rester intéressante au fil de l'aventure de notre héroïne.

Syberia 3 nous propose un nouveau voyage aux commandes d'une Kate Walter pas spécialement en forme. L'univers proposé est accrocheur avec une direction artistique savoureuse et des thèmes musicaux agréables. Un troisième opus qui prend un virage assez important dans la série et pour le genre puisque l'on se trouve face à des environnements 3D. Un virage intéressant, moderne mais qui cause des soucis de finitions. Techniquement le jeu n'est pas digne d'une production de 2017, la caméra est capricieuse, les lourdeurs sont nombreuses et les doublages sont mauvais. C'est dommage car la qualité de l'histoire et des nombreux puzzles permet à cette suite de rester passionnante. Une suite destinée aux fans de la licence et du genre à condition tout de même de rester tolérant face aux quelques soucis techniques.

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Graphismes : 11/20
Gameplay : 12/20
Durée de vie : 13/20
Bande-son : 14/20
Scénario : 15/20

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Note globale : 13/20

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