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[Test] Get Even

5 Juillet 2017 , Rédigé par jeuxvideo-world Publié dans #Tests PS4

Après un report d'un mois environ, Get Even débarque enfin sur PlayStation 4 (version testée ici), Xbox One et PC en cette fin du mois de juin 2017. Disponible en version physique et numérique à un prix réduit (30€), il faut avouer que ce jeu ne s'est pas montré bavard au cours de son développement. Une communication extrêmement légère de la part de Bandai Namco Games mais qui n'empêche pas d'avoir confiance en son jeu et son aventure qui sort de l'ordinaire. Avec un tel prix de vente dès sa sortie et un concept qui mise sur la narration, impossible de ne pas cacher une certaine curiosité. S'il est très intrigant, encore faut-il que l'expérience de jeu soit autant passionnante et complète... La belle surprise de l'été ?

Il faut d'abord parler d'une précision importante étant donné sa faible communication. Sur le papier, le jeu s'annonce comme un FPS, c'est effectivement le cas mais ce n'est sûrement pas ce que vous pensez lors de la première lecture. En effet si le jeu dispose effectivement d'une vue à la première personne, on est bien loin d'un jeu de tir avec de l'action comme Call of Duty, Battlefield, Borderlands... La liste est longue. Il faut absolument considérer Get Even comme un jeu narratif sinon vous serez forcément déçu. Mieux vaut donc comparer ce jeu avec des productions comme Until Dawn, Heavy Rain sauf qu'ici au lieu d'être avec une vue à la troisième personne, on se trouve face à une vue à la première personne. C'est important que ce soit clair car cela influence grandement son sentiment vis-à-vis de l'expérience de jeu.

En lisant soigneusement cette précision, les attentes deviennent différentes, forcément orientées vers le scénario que le gameplay et ça tombe bien car c'est le cas avec Get Even. On va d'abord parler de l'aspect visuel qui s'offre deux visages pour l'occasion. Etant donné qu'il s'agit d'un jeu indépendant, on est sous le charme de la dimension artistique, du style mais nettement moins de la technique. Le moteur graphique (Unreal Engine) ne parvient pas à aboutir à une expression splendide par sa technique mais heureusement, la direction artistique va contribuer à atténuer sérieusement ses faiblesses. Comment ? Déjà les couleurs, une palette extrêmement limitée où le jeu se concentre énormément sur le noir, le gris et le blanc.

Oui c'est un polar mystérieux, il ne fallait pas s'attendre à un arc-en-ciel. L'ambiance du jeu est la véritable force de cette aventure. On est constamment dans une posture de méfiance, le décor se dévoile petit à petit dans un level-design pas spécialement original mais pas mauvais pour autant. C'est froid, glauque, voir même frissonnant pour les plus sensibles, en tout cas l'univers très particulier suscite une belle curiosité auprès du joueur, on est rapidement captivé par cette histoire. Il faudra par contre accepter une finition moyenne où quelques bugs seront de la partie dont certains obligeant à reprendre la sauvegarde, c'est rare mais susceptible de se produire pour le moment avant sûrement le déploiement d'une mise à jour pour corriger le problème.

C'est toujours compliqué d'aborder la partie gameplay d'un jeu qui a tendance à mettre de côté ce critère. Attention il ne l'oublie pas, il n'en fait juste pas une priorité et ça sent dès les premières minutes malgré quelques bonnes idées. Du coup votre adhésion à l'univers du jeu va dépendre en plus de vos attentes, de votre niveau de plaisir pour ce concept misant sur la narration, la douce exploration et un brin d'action et de choix. Oui comme ses plus sérieux concurrents, vous devrez faire des choix pouvant influencer la suite, si cette fonction est présente elle n'est pas aussi forte que la concurrence, le sentiment d'avoir fait des choix difficiles n'apparaît jamais ou ne semble pas vraiment évident. Pas de problème pour la prise en main, c'est rapide pour que l'on puisse plonger dans cette histoire étonnante d'une manière efficace. Vous incarnez un personnage nommé Cole Black, un détective privé.

Un événement va se produire au cours d'une enquête vous plongeant dans une situation étrange et gênante. L'objectif est de comprendre la situation, pourquoi vous revivez des souvenirs avec un casque nommé Pandora... Il s'agit donc d'une enquête très virtuelle, spirituelle même par rapport à l'enquête initiale. Un personnage aussi mystérieux coordonne votre aventure au sein d'un asile psychiatrique. Vous allez donc devoir passer beaucoup de temps à récupérer des informations par l'intermédiaire de documents (articles de presse) mais aussi de photo synonyme de séquence particulière. La chasse aux indices est importante pour enrichir sa compréhension sur l'univers de notre héros mais aussi pour avoir une approche plus tranquille des différents puzzles du jeu. Si vous aurez effectivement l'occasion de manier une arme, votre véritable force d'attaque, c'est votre smartphone. En effet celui-ci permet de scanner les zones afin de montrer des scènes dans la zone en question.

Le téléphone est son arme tellement il est indispensable. Vous pourrez recevoir des messages, suivre des traces avec une lumière ultra-violet mais aussi faire usage d'une vue thermique pour repérer les sources de chaleur, pratique si la zone contient des menaces. Vous l'avez compris, vous ferez face à des adversaires armés lors de certaines séquences. Vous pourrez procéder à une attaque directe ou une attaque furtive. Peu importe votre choix, ses séquences ne sont pas spécialement amusantes et ne sont d'ailleurs pas le coeur du jeu. Il faut voir celles-ci comme un moyen simple et rapide de varier les plaisirs et couper les longues phases d'exploration, de recherches de documents et lectures intensives. L'IA n'est pas vraiment à la hauteur, c'est trop simple, classique et pas assez dynamique. On apprécie tout de même la présence d'une arme comme le corner gun, mais même si celle-ci, on ne l'a savoure qu'à moitié.

Face à une telle expérience vidéoludique, il est toujours compliqué d'évoquer le potentiel de la durée de vie. Cela va dépendre d'une part de votre vitesse de jeu, votre investissement dans l'exploration, votre facilité à résoudre les puzzles mais également de la difficulté sélectionnée au départ. En effet, votre enquête peut être effectuée dans deux niveaux de difficulté : Paisible et Traumatisant. La difficulté Paisible est équivalente à une approche facile tandis que la difficulté Traumatisante se présente plutôt comme une approche normale avec quelques pics plus ou moins difficiles, mais rien d'insurmontable. En tout cas, on peut annoncer un temps de jeu variant de 8 à 12 heures selon votre façon de joueur et la difficulté, ce n'est pas énorme mais dans la moyenne tout de même.

La rejouabilité n'est pas énorme et se présente presque uniquement si vous avez l'intention d'accomplir tous les trophées (41 au total dont un platine)/succès du jeu. En effet si certains vont s'obtenir naturellement au cours de l'aventure, d'autres nécessitent un comportement particulier. Le jeu vous propose régulièrement différentes approches, certains trophées nécessiteront par exemple d'adopter un comportement très silencieux sur tout un passage du jeu. Des phases d'infiltrations exigées qui s'accompagnent également de choix précis à faire pour certains trophées. C'est donc une rejouabilité très dirigiste mais valable qui s'annonce avec ce jeu, néanmoins il est probable que la première aventure soit synonyme d'une vraie fin. Il ne faut quand même pas oublier de mentionner son prix de 29,99€, un prix réduit très intéressant pour son lancement et qui rend du coup l'expérience de jeu bien plus qu'honnête par rapport au temps de jeu.

On termine avec la bande-son et le scénario, deux parties terriblement séduisantes et soignées dans ce jeu. on peut même dire que l'histoire et la bande-son incarnent le coeur du jeu, la raison de cette aventure mystérieuse. Pas de doute, l'ambiance sonore est bien la première force du jeu. Une ambiance incroyablement riche et complètement en phase avec l'univers, c'est crédible, cohérent et immersif du début à la fin. Ces compositions musicales particulièrement soignées sont signées Olivier Derivière. Il mérite amplement d'être cité dès lors que l'on évoque la bande-son tellement le travail réalisé est énorme et surprenant. Chaque bruitage fait l'objet d'une attention et d'une intégration très précise (usage de la technologie Auro-3D) pour obtenir un résultat sonore toujours juste avec les autres pistes audio à un même instant.

On pourrait en parler pendant des heures sur l'impact des différents instruments sonores sur notre expérience de jeu. C'est clairement un accompagnement savoureux qui sort de l'ordinaire et qui prouve qu'avec une bande-son aussi soignée et juste, les émotions et l'immersion deviennent terriblement fortes. Au-delà des thèmes et des bruitages, il faut aussi souligner l'excellent travail des doublages qui ne manquent pas de justesses et de punchs. Il s'agit de doublages anglais (le jeu est sous-titré en Français) qui collent parfaitement avec les différents protagonistes de notre aventure, en particulier le personnage que l'on incarne : Cole. 

Enfin, il faut quand même parler du travail d'écriture (Iain Sharkey et Stephen Long) qui s'avère être la seconde force du jeu même si, par rapport à la bande-son, ce travail fera moins l'unanimité. L'écriture est intéressante et parvient surtout à captiver le joueur dès les premières minutes de jeu. On ne va pas évoquer l'histoire ou le synopsis pour conserver un maximum de surprise. On peut juste répéter que l'on incarne Cole Black, un détective privé qui va visiblement rencontrer des problèmes au cours d'une enquête... Passionnante du début à la fin, cette histoire mérite tout de même un minimum d'intérêt pour les univers fantastiques car si l'on peut penser qu'il s'agit d'une histoire très réaliste, on va rapidement sombrer dans des éléments imaginaires qui vont faire basculer l'histoire dans la catégorie plus fantastique qu'au lancement de l'aventure. Si l'on regrette que nos choix ne possèdent pas autant d'influences, ce n'est pas la première fois dans ce style de jeu, on reste sous le charme de cette volonté à surprendre d'une manière régulière le joueur. Même si certains faits restent prévisibles, d'autres parviennent à surprendre dans un rythme agréable. Les seuls instants trop tendres et sans saveur sont étrangement les phases d'actions...

Get Even intègre cette petite liste de jeu que l'on parvient difficilement à classer dans un genre précis même si le concept commence à prendre de l'ampleur sur le marché. Les moyens étaient limités, ce n'est pas une claque graphique mais une claque sonore, une  nouvelle référence sur ce point. Sur le plan artistique et scénaristique le jeu s'en sort très bien avec de la fraîcheur, de la surprise et de bonnes idées qui font plaisir à voir au cours de l'histoire. Dommage que son gameplay ne puisse bénéficier de cette même fraîcheur et originalité que l'on retrouve dans le reste du jeu. Souvent classique, les phases de tir ne sont jamais passionnantes malgré un arsenal prometteur sur le papier. L'aventure vaut clairement le coup d'oeil mais pas dans une attente d'un FPS mais plutôt pour une histoire séduisante où l'on devra faire des choix et découvrir un univers étrange et intrigant.

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Graphismes : 14/20
Gameplay : 13/20
Durée de vie : 13/20
Bande-son : 18/20
Scénario : 16/20

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Note globale : 14/20

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