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[Test] The Evil Within 2

22 Octobre 2017 , Rédigé par jeuxvideo-world Publié dans #Tests PS4

Avec The Evil Within, Shinji Mikami voulait revenir avec un survival-horror affichant de belles promesses avec forcément quelques inspirations du côté de la licence Resident Evil, jusqu'ici rien de surprenant. A sa sortie il y a maintenant trois ans, le jeu n'avait pas spécialement déçu mais sans pleinement convaincre pour autant. Une simple tentative ? Pas du tout puisque l'inspecteur Sebastian Castellanos, notre personnage du premier épisode revient dans une suite qui s'intitule sobrement The Evil Within 2. Shinji Mikami est toujours de la partie mais avec un rôle légèrement différent au sein du développement du jeu. Une nouvelle aventure dans l'horreur qui surpasse le premier opus ?

On commence par l'aspect visuel du jeu qui alterne entre impression séduisante et frustrante. Tout d'abord, première petite nouveauté au niveau du level-design, le jeu nous plonge dans la cité d'Union, une sorte de petit monde ouvert où l'on pourra se rendre dans différents lieux dont des maisons. Ce sentiment de liberté, mais loin d'un vrai open-world, fait référence à certaines productions de la licence Silent Hill, ancienne gloire que l'on aimerait revoir rapidement. On peut affirmer que ce choix de level-design reste un bon point dans le sens où le genre se montre très scripté avec des environnements sombres, répétitifs et fermés. Attention, cet aspect est quand même présent dans cette nouvelle aventure, simplement que la variété est plus importante dans la conception des niveaux, un bon point. La direction artistique est également plutôt bonne surtout que, sans offrir trop de précisions pour que chacun puisse avoir la surprise, la mise en scène est particulière et joue sur différents états de notre protagoniste. Cela nous fait évoluer d'un stade réel à un stade plus proche de la folie avec des filtres visuels et des couleurs complètement différentes. 

Le vrai problème de cette suite, c'est sa partie technique et donc sa finition très moyenne. Même si l'on note une légère évolution par rapport au premier épisode, on est en dessous des performances techniques actuelles sur le marché, peu importe le genre. Cela se traduit par des textures parfois vilaines (les cheveux des personnages), une modélisation largement perfectible, des animations rigides (les visages) ou encore une synchronisation labiale pas au point. On a aussi du clipping, des ralentissements dont certains importants et divers bugs. L'ensemble reste néanmoins correct mais ce manque de finition empêche le jeu d'être à la hauteur des attentes. Heureusement la prestation visuelle est vraiment bien aidée par le travail sur la lumière. Un élément-clé dans un survival-horror, la lumière est soignée pour nous offrir une mise en scène toujours aussi top. Alors peut-être que certains trouveront que ce fameux monde semi-ouvert paraît un peu trop lumineux. Mais pour le reste c'est astucieux et ça conditionne fortement à l'ambiance sombre du jeu.

Au niveau du gameplay, pas de révolution, on retrouve toujours un jeu avec une vue à la troisième personne et sa caméra à l'épaule. La prise en main est donc plutôt bonne mais avec toujours un sentiment de lourdeur. Le doute plane toujours sur la réelle volonté d'offrir une jouabilité aussi lourde, en tout cas pour un tel genre on aurait tendance à dire que cela respecte les codes d'un survival-horror. On a un sentiment de faiblesse à la fois lent dans les déplacements, la réaction au contraire des ennemis démontrant vitesse et force. Contrairement au premier épisode beaucoup trop orienté action, cette suite parvient à un équilibre nettement plus intéressant. En effet le jeu alterne avec brio entre des phases d'action, d'exploration et même d'infiltration l'une des nouveautés. Ce deuxième volet propose donc un système de couverture basique afin de pouvoir se mettre à couvert, observer son ennemi et carrément l'éliminer sans faire de bruit. Cela implique une approche furtive et réfléchie. Certains mourront au premier coup de couteau dans la tête, d'autres seront simplement assommés.

Pour compléter ce tableau d'infiltration, le jeu met en avant une jauge de détection afin d'avoir un aperçu rapide si vous êtes détecté par l'ennemi ou pas. Non seulement le jeu permet de jouer avec une certaine discrétion, mais il permet aussi d'envisager tout simplement une fuite face à une menace que l'on estime trop importante, un autre signe que le jeu est nettement mieux équilibré dans sa progression et ses situations. Au niveau des actions possibles, notre inspecteur peut toujours faire usage de quelques armes, s'accroupir, courir et même sprinter (attention à la barre d'endurance). On peut clairement dire que les inspirations sont nombreuses pour cette suite, de Resident Evil à Silent Hill en passant même par The Last of Us. Au niveau des armes, on fait toujours face à un problème, classique du genre, le faible nombre de munitions. Il faudra donc se montrer économe et efficace dans l'usage des armes. Pour les soins, c'est toujours la seringue qui permet de regagner de la santé. On note par contre un changement concernant l'amélioration de ses armes.

En effet le gel récupéré sur les ennemis permet seulement d'améliorer les compétences de notre personnage (jauge de santé, jauge d'endurance, amélioration du tir...). Pour améliorer les armes, ce n'est plus le gel mais à partir de pièces détachées trouvées tout au long du jeu. Aussi un système de craft fait son apparition pour les munitions. Vous aurez l'occasion tout au long du jeu de récupérer des matériaux. Ceux-ci permettent de fabriquer des munitions que ce soit à la volée ou à partir d'un atelier. Néanmoins si vous avez le choix, mieux vaut avoir connaissance qu'une différence s'applique, celle du coût de matériaux. C'est évidemment un peu plus cher de faire à la volée qu'à partir d'un atelier, un système déjà vu du côté de chez Naughty Dog. Au rayon des petits problèmes rencontrés, on pourra toujours se plaindre d'une IA vraiment imprévisible parfois crédible, parfois abusée. La caméra bien que déjà pénible de base pose des soucis de déplacement lorsqu'on est en position de couverture.

Du côté de la durée de vie, la mise en place d'un monde semi-ouvert permet d'offrir de nouvelles possibilités et enrichir le contenu et la variété de l'aventure. Vous allez, au fil des missions principales, découvrir de nouveaux coins avec des zones hostiles et des zones de repos. On pourra ainsi faire connaissance avec des personnes qui se présentent plus comme des alliés que des ennemis et où des missions secondaires seront de la partie. Il faut avouer que pour le genre, cette approche est originale et permet de varier les plaisirs. Si les missions de l'histoire sont plus fermées et dirigistes, ces missions secondaires présentent une autre mise en scène plus ouverte et classique où la dimension horreur est moins présente. Mieux vaut pas ne négliger la dimension exploration du jeu afin d'avoir toujours un stock de matériaux.

Au niveau des collectibles, vous pourrez partir à la recherche de dossiers. Le jeu comporte 17 chapitres pour un temps de jeu compris entre 10 et 15 heures environ. Attention il s'agit d'une estimation susceptible de varier selon la difficulté choisie, votre façon de jouer (exploration pointue, missions secondaires effectuées) et votre expérience du genre. On pourra par contre déplorer des boss moins marquants par comparaison avec l'épisode précédent. Au niveau du bestiaire, si les monstres sont glauques et renforcent l'horreur générale qui règne dans le jeu, on regrette de faire face trop souvent à des copies, la variété fait un peu défaut sur ce point. On pourrait aussi reprocher à l'histoire de n'offrir que trop rarement des énigmes. Même si l'on peut comprendre que le jeu préfère alterner l'action et l'infiltration, quelques séquences d'énigmes supplémentaires, même légères seraient un bon moyen de pousser la variété de l'aventure. Enfin le jeu comporte 52 trophées pour la version PS4 et 51 succès pour la version Xbox One.

Enfin, impossible de ne pas parler de la bande-son ainsi que du scénario du jeu. Pour la partie histoire, on ne pas se risquer à dévoiler un quelconque détail, pas même un nom afin d'avoir un effet de surprise sur l'intégralité du contenu scénaristique. Peut-être que vous savez déjà quelques détails, quelques noms dévoilés au cours de la promotion du jeu, dans tous les cas rien ne sera donné dans ce test. On peut par contre situer l'histoire de cette suite qui se présente comme une suite directe du premier volet mais surtout des DLC du premier épisode. Même si vous n'avez pas eu l'occasion de les faire, vous pouvez parfaitement enchaîner avec ce deuxième opus mais l'idéal est quand même d'avoir pu profiter de l'intégralité du contenu scénaristique du premier volet. Le travail d'écriture est moins étonnant que le premier volet, c'est d'ailleurs une petite déception.

Cela reste intrigant et immersif mais tout en étant plus classique. La suite est clairement directe, on retrouve le même héros et les thèmes abordés du premier opus (organisation Mobius, Stem). Difficile d'en dire plus mais surtout il ne faudra pas attendre un gros travail d'écriture, c'est sympathique mais pas renversant contrairement à la mise en scène. Sur le plan sonore, le soin est total pour notre plus grand plaisir. Alors si on répète que la synchronisation labiale n'est pas bonne, le reste est excellent et constitue une ambiance géniale pour un tel jeu. Les bruitages sont nombreux, variés et soignés pour chaque situation afin de procurer divers sentiments. Même les doublages Français parviennent à sortir une prestation tout à fait satisfaisante confirmant ainsi le soin apporté à la bande-son du jeu. C'est d'autant plus séduisant que ce critère est très important pour un jeu de ce genre.

The Evil Within 2 se présente comme une suite directe qui tente de faire évoluer la formule dans le bon sens et sans trop d'erreur. Là où cette suite est un succès dans son équilibre contrairement au premier volet qui misait trop sur l'action. On retourne aux sources ou plutôt à un mélange bien plus passionnant où l'action et l'horreur sont un délice. Dommage que l'aspect technique du jeu soit même pas dans la moyenne des productions actuelles sur certains points. La direction artistique est heureusement rassurante et le gameplay s'offre quelques nouveautés intéressantes comme un système de couverture ou encore un système de craft. La présence d'un monde semi-ouvert peut surprendre pour un tel genre mais son intégration reste plutôt convaincante dans l'ensemble. Peut-être pas une évolution majeure mais un épisode bien meilleur sans aucun doute.

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Graphismes : 14/20
Gameplay : 16/20
Durée de vie : 16/20
Bande-son : 17/20
Scénario : 14/20

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Note globale : 16/20

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