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[Test] Metro Exodus

23 Février 2019 , Rédigé par jeuxvideo-world Publié dans #Tests PS4

Après Metro 2033 et Metro Last Light (Metro Redux dont la sortie est plus récente, n'est qu'une compilation des deux titres), la série signe son grand retour sur PlayStation 4 (version testée ici), Xbox One et PC. Le jeu s'intitule Metro Exodus et le développement est toujours assuré par le studio 4A Games qui ne manque pas de talents. Pour ceux qui ne le savent pas, cette série est inspirée des romans de Dmitri Gloukhovski qui participe d'ailleurs à ces adaptations en jeu vidéo. Depuis son annonce, l'engouement est au rendez-vous avec une promotion intense et prometteuse, notamment par l'intermédiaire de vidéos alléchantes. Il ne reste plus qu'à découvrir si le jeu parvient à remplir le contrat et pourquoi pas s'imposer comme le meilleur épisode de la série.

Visuellement, Metro Exodus est bluffant. Oui on casse rapidement le suspense sur la réalisation du jeu mais cela mérite quand même des explications et précisions car certains aspects sont moins irréprochables que d'autres. On va donc d'abord parler de l'immense qualité du jeu : sa direction artistique. Cette patte visuelle offerte à cette nouvelle aventure est vraiment impressionnante. L'univers du jeu, l'atmosphère proposée ou encore cette grande variété (beaucoup plus importante que les deux précédents épisodes) contribuent à une immersion et une mise en scène renversante. Il incarne cette courte liste de jeux dont le mode photo possède totalement un intérêt et permet à coup sûr de réussir des clichés splendides sans la moindre retouche.

Les fans pourront peut-être subir un effet de surprise sur les premières heures de jeu. En effet, même si l'ADN de la série est respectée dans son ensemble, cette nouvelle aventure tente tout de même de casser quelques codes qui peuvent déplaire. Sur le plan visuel, cela se traduit par des environnements ouverts et surtout une grosse partie du jeu à l'extérieure... On est loin des environnements confinés, dans le métro avec des décors sombres et peu variés. Ici, on remonte à la surface et l'on découvre un monde post-apocalyptique qui regorge de décors différents, notre voyage nous mène à travers différentes saisons, chaque grande zone ouverte dispose de sa saison pour un changement radical (l'hiver à Volga, de belles montagnes en automne ou encore un printemps près de la Caspienne).

Les arrières-plans sont soignés, vivants à l'image d'autres zones du jeu en intérieur dont le souci du détail est tout aussi important. Même si l'on retrouve le monde extérieur, les développeurs ont la bonne idée de conserver un minimum le charme de la série avec des zones plus linéaires et confinées. On alterne ainsi avec joie entre les différentes zones de jeu et surtout dans une cohérence qui pouvait paraître improbable avant le coup, l'une des forces du jeu. On pouvait craindre que les développeurs tombent dans le piège de vouloir offrir tellement de variétés (surtout en s'imposant les saisons) que l'aventure perdrait en cohérence en se contentant d'enchaînement de zones sans saveur et liens particuliers. Ici ce n'est pas le cas, c'est très bien écrit, et ce voyage à bord d'un superbe train nommé Aurora complète à merveille ce voyage en Russie.

En matière de level-design, on gagne donc de la liberté même si ce n'est pas un mode ouvert, mais plutôt semi-ouvert. On pourra aussi profiter d'un minimum de verticalité, là encore c'est bien équilibré et profitable à l'aventure. Derrière ce travail artistique dont on peut dire qu'il fait référence dans son genre, il fallait une partie technique à la hauteur pour profiter et bien mettre en valeur cette patte visuelle. On vous rassure tout de suite, c'est bel et bien le cas, mais ça reste quand même perfectible, la finition n'est pas parfaite. Si les couleurs ou le travail de la lumière sont maîtrisées, avec la présence d'un cycle jour-nuit, certaines textures pourront décevoir lorsqu'on s'y penche un minimum lors de certains passages.

La modélisation et les animations sont rassurantes mais le résultat est variable d'un décor à un autre et d'un protagoniste à un autre, les personnages secondaires étant plus simplistes, autant dans le chara-design que dans l'écriture. Au niveau de la fluidité, elle n'est clairement pas parfaite. On pourra rencontrer quelques ralentissements au cours de l'histoire. Vous l'aurez compris, l'optimisation n'est clairement pas parfaite mais le travail artistique provoque tellement un effet positif que l'on aura tendance à oublier les petits détails qui peuvent faire un peu tâche à notre voyage.

Si la dimension visuelle joue la carte de l'initiative et du changement, du côté du gameplay on s'inscrit plutôt dans la continuité avec malheureusement quelques bémols. Mais tout d'abord commençons par les points forts du titre. On est donc toujours face à un jeu de tir avec une vue à la première personne qui vous laisse régulièrement le choix entre l'action et l'infiltration. Les munitions en guise de monnaie d'échange ? Vous pouvez oublier cette mécanique de jeu des précédents opus, le troc a disparu. Désormais on est plutôt sur un solide système de craft sous deux formes : via votre sac à dos (donc mobile mais très limité) soit via un établi (immobile mais complet). Il faudra donc prendre régulièrement la peine de récupérer tout un tas d'éléments dont des munitions dans les différentes zones de jeu ainsi que sur les ennemis.

Si l'on parle effectivement de munitions, il sera aussi question d'équipements, ressources chimiques et ressources mécaniques. Les points d'intérêts secondaires seront de la partie mais sans avoir la prétention d'incarner un gros contenu annexe, le jeu se contente uniquement de missions principales avec de petites tâches secondaires pour pousser l'exploration (le calepin est de la partie) et enrichir ses stocks mais sans être indispensable pour comprendre ou poursuivre l'aventure. On note la présence du système de filtre (chrono) pour le masque à gaz mais aussi du nettoyage des armes afin d'éviter une arme inutilisable ou carrément cassée. On note aussi l'arrivée de quelques gadgets au niveau du bras, on vous laisse la surprise. On peut seulement mentionner des mécaniques connues comme brûler les toiles avec le briquet ou la lampe électrique qu'il faut recharger régulièrement. 

Concernant l'infiltration, on a toujours la montre qui permet, par une lumière, de préciser clairement si l'on est visible ou non des ennemis, un repère efficace. Cette approche silencieuse est toujours renforcée par la possibilité de réduire au maximum l'éclairage en détruisant les lampes mais aussi de jouer avec le cycle jour-nuit pour les phases de jeu à l'extérieur. On en vient du coup à parler d'un gros bémol déjà connu dans les précédents opus, c'est l'IA des ennemis. Difficile de cacher sa déception face au comportement des ennemis dont les déplacements mais surtout les réactions sont clairement frustrantes.

Parfois complètement aveugle ou au contraire doté d'une vue à rayons X, on passe d'un extrême à l'autre cassant ainsi votre progression pourtant solidement planifiée. Pour la partie action, on parvient à un résultat un peu plus équilibré dans l'ensemble mais ça reste perfectible. Le personnage est légèrement moins lourd que les précédents épisodes mais encore un peu trop à notre goût. Cela n'empêche que le jeu se montre plus nerveux et jouissif mais toujours un peu brouillon. Les sensations au niveau des armes sont par contre bien meilleures et plus marquantes d'une arme à une autre. Toujours en matière de maniabilité, les différents passages en véhicule ne laissent pas un merveilleux souvenir, la faute à une conduite lourde et pas très agréable. Tant qu'on y est, autant faire une mention au sujet des temps de chargements qui peuvent parfois se montrer un peu long à notre goût.

En matière de durée de vie, ce nouvel opus parvient à offrir une expérience nettement plus longue que les deux précédents. En effet si l'on pouvait espérer finir le jeu en 8 heures environ dans les premiers opus de la série, ici c'est facilement le double (15-16h en mode normal) en prenant un peu son temps. Un score honorable pour un tel genre d'autant que celui-ci met en place une dimension secondaire légère mais bien réelle. L'intérêt n'est pas énorme et se résume souvent au même résultat mais cela permet de gonfler légèrement le temps de jeu. S'il n'y a pas d'aspect multijoueur, les développeurs sortent une arme redoutable pour proposer une rejouabilité : la notion de choix et donc de karma. Selon votre attitude, dont les personnages du jeu ne manqueront pas de vous le dire, vous allez disposer d'une fin.

Ainsi il faudra refaire le jeu d'une manière différente dans votre comportement pour pouvoir découvrir l'ensemble des fins proposés de cet épisode. Aussi il ne faut pas oublier que le jeu propose plusieurs niveaux de difficulté. Vous pourrez aussi compter sur la liste des trophées/succès pour prolonger l'expérience de jeu. L'occasion de se pencher sur les collectibles du jeu comme les cartes postales ou les pages cachées de journal. En tout cas si les objectifs ne sont pas spécialement variés ou du moins pas autant que les paysages, le jeu alterne à merveille entre zone extérieure et intérieure. La dimension secondaire ne tombe pas dans le piège de missions répétitives puisqu'on le répète, il n'est question que d'approfondir l'exploration du jeu en profitant des zones semi-ouvertes et ainsi prendre des ressources au passage.

Impossible de ne pas parler de l'ambiance sonore et du travail d'écriture de cet opus, surtout pour une série initialement en roman. Sur le plan sonore, le jeu est plutôt séduisant à l'écoute avec notamment un thème principal vraiment marquant. On apprécie quand même les autres musiques qui complètement parfaitement la mise en scène et l'ambiance en question, parfois douce, parfois explosive. Les bruitages collent eux aussi parfaitement à la situation mais là encore à l'image du jeu, on a un petit souci de finition. Il arrive que certaines actions ne soient pas accompagnées du bruitage. Cela reste rare mais bien réel et tout au long du jeu.

Concernant les doublages, là encore le résultat est en demi-teinte. On souligne d'abord l'effort réalisé et appréciable de voix françaises. Même si celles-ci ne sont pas toujours top, cela reste agréable pour de nombreux joueurs. Pour eux qui sont exigeants, vous pouvez toujours opter pour le doublage russe qui s'avère meilleur même si là encore certaines voix ne sont toujours pas top, cela reste une appréciation très personnelle. Enfin pour le scénario, on est plus ou moins séduit par le résultat final. Déjà il faut bien situer l'histoire proposée.

Celle-ci se place en 2036 soit après le dernier roman de Dmitri Gloukhovski qui s'intitule Metro 2035. On retrouve Artyom, Anna (sa femme) et de nombreux compagnons. Sans aller dans les détails afin de pouvoir conserver la surprise, un simple appel radio va pousser Artyom dans une drôle de mission : partir à la recherche de survivants à la surface irradiée de la Russie. On sort du métro pour de nombreux paysages traversés en train, et forcément à la surface, les gens sont bizarres. Il fallait s'en douter, entre des tonnes de mutants et diverses factions peu coopératives, les ennemis sont nombreux. Malheureusement de nombreux aspects contribuent à une histoire qui manque un peu de profondeur alors que les idées sont là et que les rebondissements sont de la partie.

On regrette fortement par exemple que Artyom, le personnage que l'on incarne, ne puisse parler tout au long de l'aventure. Si dans un jeu comme Dead Space (seulement le premier) ce n'est pas un problème au contraire même, dans le cas de Metro Exodus, c'est franchement dommage et ça s'oppose au charisme du personnage et l'immersion du joueur dans l'aventure. On regrette aussi que le jeu délaisse beaucoup trop les personnages secondaires. L'écriture est beaucoup trop centrée sur notre personnage et sa femme, le reste est beaucoup trop mis en retrait. Néanmoins, si l'histoire souffre d'une certaine légèreté, l'aventure reste captivante avec une immersion totale autant par sa réalisation que son gameplay ou sa bande-son.

Metro Exodus ne déçoit pas et s'il souffre d'une finition moyenne sur quelques aspects, l'aventure reste tout de même particulièrement passionnante. On retrouve de nombreux ingrédients de la série tout en découvrant des tentatives, parfois très osée, des développeurs pour offrir une aventure toujours plus surprenante et variée. On respecte les codes de la série, tout en augmentant son potentiel. Ce nouvel opus parvient à offrir un équilibre plutôt bon en plus de nombreuses améliorations. On regrette quand même une optimisation douteuse sur le plan technique et une IA qui elle n'évolue toujours pas et casse un peu l'expérience de jeu par son attitude qui vire dans les extrêmes.

Autrement vous faites face à une aventure deux fois plus longues que les opus précédents, une bande-son soignée et un thème principal alléchant ou encore une histoire captivante. Si vous avez aimé les deux premiers épisodes, nul doute que vous allez complètement accroché à celui-ci. Si la série est étrangère pour vous jusqu'à la sortie de cet épisode, vous pouvez toujours passer par la compilation Redux pour rattraper le temps perdu tout en sachant que ce troisième volet propose un bref résumé pour rappeler les événement des deux premiers jeux.

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Graphismes : 17/20
Gameplay : 15/20
Durée de vie : 15/20
Bande-son : 15/20
Scénario : 15/20

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Note globale : 16/20

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