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[Test] Dead or Alive 6

6 Mars 2019 , Rédigé par jeuxvideo-world Publié dans #Tests PS4

Après la sortie d'un nouveau Tekken et d'un nouveau Soul Calibur, hors de question pour que la licence Dead or Alive laisse du champ libre à la concurrence en matière de jeu de baston 3D. Koei Tecmo et la Team Ninja répliquent donc à Bandai Namco en sortant dès le 1er mars un nouvel épisode : Dead or Alive 6. Après Dead or Alive 5 et le plus récent Dead or Alive 5 Last Round, on espère être agréablement surpris par ce nouvel opus malgré une communication plus ou moins rassurante depuis son annonce à l'E3 2018. Toujours un sérieux challenger dans sa catégorie ?

La série n'a jamais eu la prétention d'être une référence sur le plan visuel, et ce sixième épisode le confirme malheureusement. Attention le jeu est loin d'être vilain et pauvre, mais il faut tout de même avouer que la réalisation est très moyenne dans son ensemble. On retrouve l'identité de la série à savoir des combattantes dotées d'un look léger et des formes très généreuses et soigneusement mises en avant. Il faut donc bien comprendre que si la direction artistique est toujours efficace et colle parfaitement à la série, c'est plutôt du côté de la dimension technique du jeu qui laisse un goût douteux. La finition n'est pas spécialement mauvaise, mais impossible de ne pas rester mitigé face aux textures et à la modélisation des arènes par exemple.

Non seulement le contenu n'est pas franchement inédit mais en plus elles ne sont pas spécialement séduisantes à l'oeil. Heureusement elles conservent la grande qualité d'être dynamiques et offrir une mise en scène vraiment sympathique. On ajoute également que la variété est au rendez-vous, ce qui reste là aussi très appréciable pour un tel jeu. Si les arènes ne bénéficient pas un soin énorme pour un jeu de combat en 2019, heureusement les combattants sont soignés. On note des visages beaucoup plus détaillés et donc moins lisses que dans les opus précédents (textures, animations).

Autrement on pourra pointer du doigt un aliasing un peu trop prononcé, même sur les modèles Pro des consoles que ce soit chez Sony ou Microsoft. Par défaut, le jeu est parfaitement fluide, mais il vous laisse le choix en sélectionnant soit la préférence "Graphismes" soit la préférence "Fluide". Si c'est toujours intéressant d'avoir un tel choix, on vous conseille de conserver la bonne fluidité du jeu, surtout que la différence n'est pas flagrante lorsqu'on mise sur le mode "Graphismes". Mais le point le plus intéressant de cet épisode, c'est le soin des personnages. On l'a dit, les visages sont soignés autant dans les textures que dans les animations mais en conservant une belle marge de progression, ça se voit d'ailleurs à travers les cinématiques du jeu.

En combat, non seulement on conserve l'esprit coquin de la licence par l'intermédiaire de fortes animations concernant les poitrines des combattantes, mais surtout on note désormais une vraie évolution de son personnage en fonction du déroulement. En effet vous pourrez admirer progressivement la transpiration de votre personnage mais aussi l'usure des vêtements en fonction des coups reçus. Cette évolution des dégâts sur les vêtements est également valable sur les visages. On pourra apercevoir du sang, des petites plaies et même des hématomes au cours du combat selon son déroulement. Une nouveauté qui peut paraître anecdotique pour de nombreux joueurs mais dont le résultat est convaincant et contribue à la belle mise en scène du jeu.

On voit donc bien que ce nouvel épisode conserve ses qualités et surtout son identité tout en s'efforçant de progresser par petites touches, ce n'est pas une révolution. Ce constat est également valable pour le gameplay où là aussi, les bases sont fidèles à la série tout en proposant quelques petites nouveautés inspirées qui s'intègrent parfaitement dans la jouabilité propre à la série. Il faut entendre par là qu'il n'y a pas de révolution non plus au niveau du gameplay et que celui-ci est toujours aussi équilibré, accessible mais technique et profond afin de convenir à un très large public. On découvre désormais la présence d'une jauge de Super (Break Jauge), divisée en deux sections.

Une énergie qu'il va falloir parfaitement gérer tout en sachant que son potentiel est énorme pour lancer un nouveau coup nommé "Special". Son usage est simple, pas de demi-cercle ou une série de touches, ce coup gère simplement avec une gâchette de la manette. Si vous avez une section pleine, vous pourrez lancer un "Coup briseur", une "Super prise" ou encore une "Ruée fatale". La "Super prise" permet de réaliser une forme de super contre capable de retourner n'importe quelle attaque classique, il faut le voir comme un bonus défensif. Si vous voulez un bonus offensif, c'est le fameux "Coup Briseur" qu'il faut lancer et qui va offrir son petit ralenti en plus d'une attaque particulièrement efficace. 

Mais si vous avez une jauge pleine, sortez immédiatement cette superbe "Ruée fatale" qui correspond à une série de coups dont le dernier est terrible et offre en plus une belle mise en scène. Vous l'aurez compris, on peut se montre très fort et redoutable simplement avec une gâchette de la manette et une simple orientation suivant votre volonté à défendre ou attaquer. Derrière cette nouveauté, on retrouve avec joie le système de combat de la série. Oui le fameux équilibre triangulaire est toujours de la partie : frappe/contre/prise.

Ainsi une frappe domine une prise, une prise domine un contre et enfin un contre domine une frappe. C'est simple mais efficace en sachant que le jeu n'oublie pas non plus d'exploiter le décor, ce n'est pas que du cosmétique. Selon vos actions, vous allez pouvoir rendre l'arène efficace afin qu'elle apporte une aide intéressante sous la forme d'une animation. On obtient avec cet opus un équilibre vraiment bon entre les bases de la série et des nouveautés amusantes et accessibles afin de pouvoir séduire encore plus de joueurs.

Au niveau du contenu, avant d'aborder de manière précise les différents modes proposés, on va commencer par donner des chiffres. En effet le jeu dispose de 24 combattants différents pour un total de 14 arènes (on ne compte pas le camp d'entraînement). Des chiffres corrects mais pas franchement renversants. Si l'on constate l'arrivée de deux nouveaux personnages dans le casting (Diego et NiCo), on constate aussi des disparitions. Une joie mitigée donc, d'autant que le goût de DLC est déjà très fort à la sortie et que les annonces confirment cette crainte : le jeu donne toujours cette impression d'être vendu avec un contenu de base léger avec une vague de DLC. D'autres personnages sont donc prévus avec justement le retour  de certains personnages de la série.

Clairement, on pouvait logiquement espérer au moins 30 personnages et presque 20 arènes pour effectivement affirmer que le contenu était honnête dès le départ, ce n'est malheureusement pas le cas. Autant enchaîner par une autre déception, celle de la disparition du mode multijoueur Tag Battle. Un mode qui disposait de son succès et qui était particulièrement fun, une vraie déception. Heureusement le reste du contenu est à la fois varié et costaud. Vous voulez apprendre les bases ? Découvrir les nouveautés ? Le classique mode entraînement est de la partie pour découvrir et approfondir vos techniques. Sans surprise, un mode histoire est de la partie. Un travail d'écriture bien présent mais pas du tout renversant.

On apprécie sa présence mais le mode est vraiment anecdotique d'autant qu'il est expéditif. Il faudra entre 2 et 3 heures environ pour finir ce mode. C'est très court, brouillon et avec un rythme pas très agréable. L'histoire est mise en scène sous la forme d'une frise chronologique, on enchaîne les combats et petites cinématiques à une vitesse folle. Sympathique tout de même, notamment pour découvrir les deux nouveaux personnages mais ce n'est pas ici que vous allez rester très longtemps. On pourra par contre se pencher avec plus de plaisir sur le mode Quête DoA. Rien d'original mais déjà plus intéressant et surtout pertinent pour débloquer du contenu. Vous allez enchaîner les combats, où une quête est demandée et se divise en trois objectifs différents (effectuer des prises offensives, bloquer des coups, faire des combos, battre un adversaire précis...).

Il faut remplir les trois, pas forcément en un essai, pour obtenir de la monnaie virtuelle. Cette monnaie pourra être dépensée dans le menu prévu à cet effet, on en parle juste après. Ceci dit, une seconde monnaie existe. Vous obtenez de cette monnaie si vous remplissez l'ensemble des objectifs d'une quête. Alors si c'est le cas vous obtenez des pièces de costumes qui permettent, au bout d'un certain nombre, de débloquer l'accès à certains équipements que l'on pourra ensuite acheter avec l'autre monnaie virtuelle du jeu. Simple mais efficace pour prolonger l'expérience de jeu si on veut absolument l'intégralité des costumes du jeu. Le menu qui contient la dimension boutique du jeu se nomme DoA Central. 

Il s'agit ici d'un menu qui regroupe le contenu annexe du jeu et toute la partie customisation des personnages (tenues, cheveux, accessoires...). C'est également à cet endroit que vous pourrez consulter de nombreuses données (encyclopédie musiques, rediffusions...). Il faut voir ce mode à la fois comme une boutique, un musée et un outil de création et personnalisation. Pas d'inquiétude si vous voulez des modes classiques, on pourra aussi se lancer simplement dans un mode arcade, un mode survie, un mode versus ou encore un mode contre-la-montre.

Enfin le mode online est bien de la partie mais son lancement est creux en matière de contenu. Au lancement, on avait que des matchs en ligne classés, mais une mise à jour comporte le matchmaking en lobby pour enrichir l'environnement multijoueur. Ceci dit les options sont limitées pour le moment, nul doute que des ajustements et réglages seront disponibles ultérieurement. On précise tout de même une grande satisfaction, le code réseau est très bon dès la sortie du jeu. Un aspect indispensable et rassurant, c'est stable, fluide et les recherches sont rapides. On termine quand même par la bande-son qui n'est pas spécialement une référence du genre.

L'ambiance sonore est sympathique dans l'ambiance à condition quand même d'apprécier un style techno qui sort du lot dans les compositions musicales. Un style particulier mais qui colle assez bien à la série et donne une touche de nervosité supplémentaire au combat. Un résultat d'ensemble moyen, comme les bruitages tandis que les voix sont plus rassurantes. Le jeu a l'excellente idée de laisser le choix entre les voix japonaises et anglaises. Au final, la bande-son n'est pas marquante mais ne gâche pas pour autant l'expérience de jeu, le résultat est plutôt neutre.

Dead or Alive 6 poursuit son chemin à une vitesse que l'on pouvait espérer plus grande. En effet on tient ici un très bon épisode mais dont les changements et évolutions ne sont pas énormes par rapport au précédent volet. Les codes de la série ne sont pas bouleversés, ce qui n'est pas étonnant. Par contre sur le plan visuel, on pouvait espérer un résultat un peu plus impressionnant par rapport à une production de 2019. Si les personnages bénéficient d'un soin spécial évident, on aimerait un traitement similaire en ce qui concerne les arènes.

Le gameplay est alléchant, il parvient à s'enrichir tout en conservant le fun qu'il dégage touchant ainsi un public encore plus large sans pour autant le rendre basique et léger, un joli dosage de la part des développeurs. On regrette la politique de l'éditeur pour le contenu du jeu qui mise beaucoup trop sur la vague de DLC... La conséquence est fait mal, très mal même puisque le contenu de base est logiquement impacté que ce soit sur le casting, les arènes, les costumes... Le contenu initial est correct mais on pouvait espérer un peu plus. Enfin difficile de ne pas cacher sa déception face à l'absence du mode Tag Battle...

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Graphismes : 15/20
Gameplay : 17/20
Durée de vie : 14/20
Bande-son : 13/20

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Note globale :  15/20

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