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[Test] Jumanji : Le Jeu Vidéo

7 Décembre 2019 , Rédigé par jeuxvideo-world Publié dans #Tests Switch

Pour accompagner sa sortie au cinéma le 4 décembre prochain, le film Jumanji Next Level (suite du reboot au cinéma nommé Jumanji Bienvenue dans la jungle en 2017) s'offre une adaptation en jeu vidéo. En effet le trio Bandai Namco Entertainment Europe, Outright Games et Funsolve collaborent pour la sortie du jeu Jumanji : Le Jeu Vidéo. Une sortie sur de nombreux supports : PC, PlayStation 4, Xbox One et Nintendo Switch (version testée ici).

Avant même de se lancer dans l'aventure, on découvre sur la jaquette qu'il s'agit bien au moins d'un jeu lié au reboot de 2017 puisque l'on retrouve les quatre acteurs : Dwayne Johnson, Jack Black, Kevin Hart et Karen Gillan. Une licence qui possède un potentiel évident pour une adaptation en jeu vidéo, à condition tout de même d'avoir des idées, des moyens et de bonnes intentions. Dans le cas de cette adaptation en jeu vidéo, on pouvait avoir avant le coup quelques craintes à son sujet, et on va rapidement découvrir que l'on avait raison...

S'il s'agit bien d'une adaptation du reboot, le jeu ne se calque pas sur le film de 2017 ou sur celui qui va sortir au cinéma. Il se contente seulement d'exploiter la licence et notamment l'idée de mettre en scène le casting du film dans des environnements proches du film, des énigmes mais aussi des ennemis. On fait donc face à un jeu d'action/aventure en 3D dont le style visuel se montre très... générique. Les développeurs font le choix d'un cel-shading sans saveur, la direction artistique n'est pas du tout inspirée, c'est coloré mais les décors sont clichés en fonction de la thématique du niveau. Un grain visuel relativement basique où la technique est très modeste et où le sentiment que le cel-shading est clairement utilisé par choix technique, du moins c'est la sensation dégagée dès le premier contact visuel. Attention cela ne signifie pas que le jeu est mauvais dans sa réalisation, il est simplement très classique et pour donner une comparaison, il joue sur un style proche de celui de Fortnite par exemple.

Cette comparaison n'est pas là par hasard, si Fortnite est cité comme exemple, c'est qu'une fois encore, le jeu dégage des choix visuels qui laissent penser que le public visé est susceptible d'être une partie des joueurs sur Fortnite, on ferme cette parenthèse. Techniquement, la modélisation est moyenne, les textures sont lisses tandis que les animations se montrent assez rigides (mais pas lourdes manette en main). Avec une dimension technique aussi modeste, on obtient logiquement, et heureusement, un jeu parfaitement fluide que ce soit en mode TV ou en mode portable (le test est réalisé à partir d'une version Nintendo Switch). Au niveau du level-design, non seulement c'est très pauvre mais c'est aussi très répétitif. Le jeu adopte une conception des niveaux qui est systématiquement répétée d'un monde à un autre. Une mise en scène identique avec des zones de jeu ouvertes sous la forme d'une arène avec des couloirs.

C'est vide et le décor laisse une impression d'être riche uniquement en bordure pour montrer les limites de la zone de jeu mais sans jamais être solidement présent dans le coeur de l'arène. On pourra trouver quand même quelques bâtiments, des barricades, des rochers, des échelles mais ça reste faible et répétitif d'autant que les quelques éléments cités servent surtout pour cacher des objets, offrir un accès ou simplement se protéger face aux menaces de la zone. N'espérez rien de la verticalité du jeu, elle est extrêmement légère et là encore ce sera dans le seul but de récupérer des objets, rien de plus. On l'a dit, si le jeu exploite la licence, sa fidélité est très faible. On souligne quand même la présence des quatre personnages du film pour soigner le casting, pas de difficulté à reconnaître les personnages dont le soin est plutôt bon sur cet aspect, c'est propre. Au niveau des différents environnements, le jeu nous propose seulement 4 arènes différentes qui correspondent à un décor précis.

On pourra trouver un monde avec des montagnes, un monde avec une jungle et un monde avec une ville désertique en deux déclinaisons (jour et nuit). Oui quatre mondes c'est très faible d'autant qu'ils sont très proches dans la conception et que les décors sont peu nombreux et trop rarement inspirés. On note tout de même une bonne palette de couleurs, des arrière-plans assez sympathiques et des effets lumineux assez convaincants. Au niveau des textes, on apprécie la présence d'une traduction française. Il faut sauver le royaume de Jumanji en récupérant les joyaux perdus. Pour cette mission, nous avons le choix entre quatre personnages différents : Smolder Bravestone (Dwayne Johnson), Franklin Finbar (Kevin Hart), Shelly Oberon (Jack Black) et Ruby Roundhouse (Karen Gillan). Très simpliste comme objectif principal, on va vite découvrir que le jeu devient répétitif et prévisible. Le jeu se présente donc comme un enchaînement d'arènes dans des mondes différents.

Il faut rechercher 4 objets pour réussir à ouvrir une porte. Ceux-ci sont cachés dans la zone de jeu où des ennemis rôdent bien évidemment. Dès que vous y parvenez, on rentre dans la séquence suivante où l'on protège un point précis qui subit des vagues d'ennemis. Dès que c'est validé, on pourra profiter d'une petite partie aventure avec un chemin bourré de pièges divers. Et ensuite ? On recommence la série qui se compose donc de trois séquences : collecte d'éléments, vagues d'ennemis et pièges. Si ces phases de jeu restent amusantes, on aurait aimé que le schéma de jeu soit différent afin d'éviter une lassitude et d'apporter un peu de surprise. Au niveau de la prise en main, c'est excellent et très rapidement, l'impression de maîtriser le gameplay du jeu intervient très tôt, dès les premières zones. Pour les déplacements, on pourra donc sauter, glisser et passer par-dessus certains obstacles. On pourra utiliser le décor pour s'en servir en guide de défense (barrière) ou en guise d'attaque (barils explosifs). Le jeu n'exige pas une grosse précision et offre une bonne souplesse dans les commandes.

Une simplicité qui affiche rapidement les limites du jeu mais qui permet de séduire un public large. Pour se défendre, on pourra aussi réaliser des attaques au corps-à-corps ou des attaques à distance avec notre arme et son viseur (flingues, arbalètes avec munitions énergétiques). Les grenades sont de la partie en plus d'une capacité spéciale propre à chaque personnage. Cette dernière s'active avec une touche dédiée et se recharge après un certain temps. Cette capacité varie dans son style, on passe d'une grosse attaque de zone à un soin de zone selon le personnage. Sans être d'une grande profondeur, le jeu assure donc l'essentiel et se montre assez complet et dynamique dans les différentes phases de jeu. Au niveau des ennemis, il existe trois variantes : ceux qui frappent au corps-à-corps, ceux qui utilisent une arme et ceux qui jettent des grenades. On pourra trouver en supplément des ennemis spécifiques plus grands et surtout plus costauds pour un challenge augmenté même si ça reste toujours modeste, l'IA n'étant pas terrible.

On constate rapidement que les ennemis basiques dans les niveaux ne sont pas résistants, pas plus de deux coups pour réussir à l'abattre, d'ailleurs cela explique la quantité importante pour compenser la faible résistance. Il faudra se tourner vers les fameux ennemis plus rares pour profiter d'une grande résistance et devoir enchaîner les coups avant d'espérer le mettre à terre. Il ne faut surtout pas se prendre la tête sur la gestion des munitions. Vous pouvez procéder à du gros gaspillage au niveau des armes et prendre des risques, on trouve très régulièrement des munitions et des trousses de soins. Au niveau de votre vie, le jeu adopte une approche qui fait écho au film. Chaque personnage dispose de trois coeurs en guise de vie. Si vous perdez les trois vies, c'est la fin de la partie. Lors de chaque mort, vous retombez dans la partie en arrivant par le ciel et surtout avec un bon stock de munitions.

Vous conservez aussi une option intéressante qui permet de donner un minimum d'intérêt à la dimension coopérative du jeu : le partage de vies. Une idée intéressante mais pertinente uniquement si vous jouez avec d'autres joueurs. Vous aurez vraiment le sentiment de partage de vies selon la pertinence de la situation de la partie. Dans le cas où vous jouez avec l'IA, vous pourrez tout de même donner des vies aux personnages qui pourraient en avoir besoin. Il faut aborder une partie du jeu qui se présente comme l'une des plus importantes faiblesses du jeu : sa durée de vie. On peut difficilement cacher sa frustration lorsqu'on découvre le potentiel du jeu sur le long terme malgré quelques bonnes idées. On l'a dit, le jeu ne comporte que quatre niveaux différents... pour un temps de jeu allant de 20 à 30 minutes environ par niveau selon votre vitesse de jeu. Le calcul est donc rapide, le jeu est très court. La particularité pour tenter de varier les plaisirs, c'est cette possibilité de faire des parties jusqu'à 4 joueurs.

Un multijoueur autant valable en ligne qu'en local sous la forme d'un écran partagé. Autrement, vous pourrez choisir d'être seul ou accompagner par 3 joueurs contrôlés par l'IA dont on rappelle qu'elle est très moyenne. Dans certains cas, l'expérience de jeu affiche un certain déséquilibre. Par exemple, si vous décidez d'être seul, vous ferez face à autant d'ennemis que s'il y avait 3 autres joueurs avec vous. De toute façon, mieux vaut choisir l'apport de joueurs IA, car ceux-ci parviennent tout de même à réussir quelques éliminations et surtout à se transformer en médecin rapide et efficace si vous venez à subir quelques dégâts. Néanmoins il est clair que l'idéal est de lancer des parties avec au moins un autre joueur réel, certaines mécaniques se mettent en place pour une nouvelle fois tenter de mettre en valeur l'aspect coopératif. Il était indispensable de proposer de la profondeur dans le contenu de manière à offrir un minimum de rejouabilité pour éviter la catastrophe. 

C'est justement le cas et si ça ne fait pas rêver, c'est déjà mieux que rien. On a donc un système de niveaux pour chaque personnage. Le plafond actuel est le niveau 30 et permet donc de débloquer de nouveaux contenus... cosmétiques. En effet n'espérez pas découvrir de nouvelles armes, celles-ci ne font d'ailleurs pas l'objet d'amélioration. Il faudra se contenter de nouveaux skins pour les tenues et les armes. Pour monter, il faudra de l'expérience obtenue en fin de partie après consultation du tableau des scores. L'idée du jeu est donc de proposer au joueur de faire le meilleur score possible, classique mais efficace malgré des récompenses un peu timides. Les développeurs tentent aussi d'apporter un brin de renouvellement dans les objets qu'il faut rechercher dans les niveaux. La position sera donc différente à chaque partie même si ça reste léger dans la mesure où la conception des niveaux n'est pas très poussée.

Au niveau du prix, le jeu est affiché à sa sortie à 39,99€ pour cette version Switch (même prix pour les autres versions) en sachant que le tarif est identique pour la version boîte et la version numérique disponible sur l'eShop. Cette dernière affiche d'ailleurs une taille de 922Mo. Enfin, si le jeu écarte une démarche scénaristique, il apporte quand même une bande-son pour soigner son ambiance. On pourra donc profiter des voix originales avec les sous-titres en français, c'est vraiment dommage comme choix pour un tel jeu même si en matière de qualité, ça reste satisfaisant.

En ce qui concerne les bruitages et les différents thèmes musicaux, c'est globalement correct avec un minimum de variété. Chaque niveau dispose d'une série de compositions tout en sachant que le jeu fait le choix d'un rythme musical différent selon la phase de jeu (vague d'ennemis, recherche de jetons...). Le traitement sonore n'influence pas vraiment les séquences et n'apporte jamais une immersion supplémentaire. La bande-son reste tout de même agréable dans un rôle de musique en arrière-plan.

Jumanji : Le Jeu Vidéo est une adaptation assez décevante et frustrante. Avec une licence à gros potentiel pour une expérience de jeu, on se retrouve face à une exploitation extrêmement légère et maladroite. Visuellement peu inspiré et limité, le jeu se montre répétitif et basique dans son gameplay. Le contenu est faible et la bande-son juste correcte. Difficilement recommandable, ce type de jeu peut éventuellement convenir à un très jeune public pas exigeant et appréciant le reboot récent de la licence. Sa présence sur Nintendo Switch n'est donc pas ridicule et c'est fort probable que la majorité des ventes concerne cette version.

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Graphismes : 12/20
Gameplay : 12/20
Durée de vie : 9/20
Bande-son : 12/20

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Note globale : 11/20

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