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[Test] Call of Duty Black Ops Cold War

28 Novembre 2020 , Rédigé par jeuxvideo-world Publié dans #Tests PS4

Chaque fin d'année est synonyme d'un nouvel épisode de la série Call Of Duty et l'année 2020 poursuit cette habitude de l'éditeur Activision. Après un reboot convaincant l'an dernier de Call of Duty Modern Warfare, on était impatient de découvrir le visage de ce nouvel épisode en deux générations de consoles. Cette année, c'est au tour de Treyarch de s'en occuper et forcément l'évocation de ce studio nous amène à un épisode "Black Ops". En 2018 l'épisode Black Ops 4 était en charge d'accueillir un mode Battle Royale et faisait par la même occasion disparaître le mode campagne. Pas d'histoire, que du multijoueur pour un résultat très fidèle à la série, sans évolution majeure. Cette année avec ce nouvel épisode qui s'intitule Call of Duty Black Ops Cold War, on espère enfin découvrir des progrès et des nouveautés pour offrir une nouvelle dynamique de la série. Un jeu de tir à la première personne qui s'inscrit encore trop dans la continuité ? 

On va commencer par faire un point sur l'aspect visuel de ce nouvel épisode en séparant le mode campagne et le mode multijoueur. Au niveau de la campagne, cette nouvelle histoire une invitation à un joli voyage que ce soit en Amérique, en Asie ou en Europe dans un contexte délicat au coeur des années 80. La force de la série est de produire une mise en scène riche en action en s'inspirant de différentes productions du monde du cinéma. Cette démarche est une nouvelle fois appliquée avec succès même si ce coup-ci l'équilibre semble meilleur. On a moins l'impression de suivre un rail et surtout les situations sont plus variées. Un sentiment aidé par une plus grande variété des décors, on ressent vraiment la volonté de produire des missions avec un style unique à chaque fois.

La direction artistique est donc convaincante et un peu plus inspiré que dans les opus précédent. D'ailleurs on félicite le choix de faire revenir un mode campagne qui ne répondait pas présent dans Black Ops 4. Sur le plan technique, le jeu mise plutôt sur la stabilité que sur la performance. On est loin d'une claque visuelle mais on fait par contre face à une finition très propre avec une fluidité constante et très peu de bugs. Les textures sont soignées, la modélisation est convaincante au niveau de l'environnement mais aussi au niveau des différents personnages de cette nouvelle histoire. 

En jouant la carte du spectacle, on n'est pas surpris de découvrir un gros travail sur les effets visuels et sur la lumière. Malgré une prestation visuelle très propre, il faut maintenant que le moteur graphique passe la vitesse supérieure pour franchir un cap et rendre l'ensemble encore plus surprenant. Graphiquement la campagne est donc plutôt séduisante mais les progrès sont timides par rapport aux derniers opus. Concernant le mode multijoueur, si la prestation technique est évidemment similaire, sur le plan artistique ce mode mérite quelques précisions. En effet on souhaite ici faire un point précis sur les différentes cartes du jeu.

A son lancement le jeu n'offre pas un grand nombre de cartes mais surtout le level-design ne semble pas aussi inspiré que les années précédentes. Ce n'est pas mauvais mais c'est du déjà-vu et donc très/trop classique. Chaque carte possède ses qualités mais on aura plus tendance à y voir les défauts avec dont la construction de certains niveaux pourra faire débat. Globalement celles-ci se montrent équilibrer avec les codes de la série, une taille modeste et un minimum de verticalité et donc de nombreuses situations possibles. Si le mode campagne était stable, on a pu faire face à quelques retours au menu durant les parties multijoueur, rien de méchant mais ça reste toujours frustrant.

La dimension multijoueur ne souffre donc pas spécialement sur sa technique mais plutôt sur sa patte visuelle qui peine à offrir une identité marquante à de nombreux niveaux. Au niveau du gameplay, la base est classique et approuvée, il s'agit toujours d'un jeu de tir avec une vue à la première personne. Contrairement à certains épisodes précédents qui tentaient une approche futuriste peu convaincante, on est vraiment ici dans la continuité de Black Ops 4 et de l'épisode de l'an dernier, le réalisme du terrain plutôt qu'un exosquelette ou un jet-pack.

Au niveau de la campagne, les développeurs tentent quelques petites nouveautés. Ces dernières sont légères et peu nombreuses pour réellement faire passer un stade à ce type de mode de jeu, mais on apprécie tout de même l'effort pour apporter cette fraîcheur qui fait défaut depuis trop longtemps au mode campagne de la licence. Si cela peut paraître anecdotique pour un grand nombre de joueurs, cette nouvelle histoire vous permet de personnaliser le personnage principal.

Cette personnalisation est plutôt poussée (homme/femme, origine professionnelle, traits de la personnalité...) mais elle possède aussi des défauts. En effet on perd en charisme pour ce nouveau récit avec en plus un personnage qui se montre du coup muet... Et même si vous choisissez un nom, les différents personnages vous appellent autrement que le nom défini... On va donc considérer que cette tentative est intéressante comme étant donné qu'il s'agit d'une option inédite, cela mérite d'être peaufiné pour les prochains épisodes. Pour accompagner ce nouveau traitement du personnage principal, le jeu propose une nouvelle fois au joueur de s'investir dans le récit en effectuant des choix au cours de l'histoire.

Mais là aussi si l'on apprécie cette nouveauté, elle possède des limites avec des impacts trop légers sur le déroulement de l'histoire et les personnages. Cela influence surtout les répliques des autres personnages mais pas le déroulement en lui-même à l'exception de quelques séquences. Néanmoins on le répète, on apprécie que les développeurs souhaitent impliquer davantage le joueur dans ce mode campagne tout en conservant les ingrédients de la licence. 

Si la notion de dialogue est plus forte et importante dans la campagne, on va découvrir aussi une autre envie, celle d'une forte diminution des zones fermées avec de nombreux scripts. Si celles-ci sont toujours présentes et toujours aussi explosives pour rappeler la mise en scène de la série, on trouve enfin d'autres approches. Enfin, les développeurs décident de laisser une plus grande liberté et surtout plusieurs choix pour aboutir à un objectif. En dehors de l'action, on pourra donc aborder certains passages de manière discrète pour progresser dans certaines zones. L'infiltration n'est pas le coeur de la série mais son ajout permet vraiment de donner un nouveau visage à cette campagne.

Les précédentes se ressemblaient beaucoup trop et celle-ci décide enfin de prendre un chemin différent. Le changement n'est pas radical, cette campagne joue plus la carte de la transition entre l'ancienne et ces nouvelles idées intéressantes et vraiment bénéfiques. Cette approche furtive se traduit par du piratage, des entrées discrètes dans des bâtiments, des éliminations discrètes pour déplacer et cacher des corps... Le seul regret que l'on peut avoir sur l'ensemble de la campagne se trouve une nouvelle fois du côté de l'IA. C'est dommage car ces nouvelles tentatives pour enrichir le mode campagne sont légèrement gâchées par une intelligence artificielle qui ne progresse pas et fait donc l'objet de comportements étonnants et imprévisibles. 

Une nouvelle fois, à l'image de la partie graphique, le mode multijoueur n'est pas aussi surprenant au contraire. On aurait même tendance à être déçu de cette forte continuité entre l'équilibre de Black Ops 4 et celui-ci sans tenir compte des évolutions du dernier Modern Warfare. On conserve toujours un rythme très dynamique des parties avec une vitesse de déplacement élevée et des mouvements rapides comme les sauts ou les glissades. On perd le réalisme de certaines mécaniques de Modern Warfare concernant les interactions avec le décor au profit d'une orientation nettement plus arcade et fidèle aux précédents opus de la série Black Ops.

La vie se régénère toute seule, le recul est assez faible pour une grosse majorité des armes et les réapparitions restent de temps en temps frustrantes même si cela reste rare. Pas de "nouveau réglage" donc dans cette dimension multijoueur avec des sensations moins présentes et variées que le dernier multijoueur de Modern Warfare. On constate aussi à ce jour un vrai problème d'équilibrage au niveau des armes dont certaines catégories sont beaucoup trop efficaces, heureusement ce n'est qu'une question d'équilibre et cela devrait donc faire l'objet d'un ou plusieurs patchs afin d'obtenir un plaisir et une efficacité identique d'une arme à une autre.

En matière de contenu ce nouvel épisode est généreux avec de petites nouveautés mais là aussi, on pouvait espérer mieux. Une nouvelle fois, à l'image du jeu dans sa globalité, le contenu de cet épisode se contente de reproduire le travail des opus précédents sans vraiment faire preuve de proposition ou d'ajouts inédits à quelques exceptions. On l'a dit, le retour du mode campagne est vraiment un point positif d'autant qu'il revient avec des intentions intéressantes même si celles-ci sont encore timides. Son retour ne fait pas évoluer la durée de vie moyenne de cette expérience solo puisqu'il faut entre 5 et 7 heures environ pour venir à bout de cette campagne, un score trop faible.

Malgré les efforts réalisés, on aimerait vraiment que les situations et les phases se montrent plus développées. En tout cas il semble être sur la bonne voie quand on découvre, en dehors des qualités précédemment citées, la mise en oeuvre de missions secondaires. L'idée est vraiment intéressante sur le papier avec un objectif très clair : comment donner de l'intérêt aux collectibles que l'on doit trouver dans chaque mode campagne ? La réponse des développeurs est donc la création de missions secondaires.

Par contre, il est clairement question d'un essai vu le faible nombre de missions et dont la durée est aussi très courte. Néanmoins cela donne l'occasion d'aborder des missions d'une autre manière. D'abord on recherche les fameux documents dans un lieu précis et ensuite réfléchir pour résoudre les énigmes à partir des informations collectées. Pour une première tentative, on valide ce concept mais il faut vraiment un plus grand nombre de missions secondaires à l'avenir. Pour le mode multijoueur, c'est très classique avec quand même quelques petites nouveautés mais insuffisant pour bouleverser la formule de ce multijoueur. On pourra trouver un total de 10 cartes différentes (un chiffre variable selon le mode de jeu).

Au niveau des modes de jeu, on retrouve les grands classiques comme match à mort par équipe, mêlée générale, domination, recherche et destruction, élimination confirmée.... mais aussi deux petits nouveaux. Rien de transcendant, ceux-ci paraissent comme des variantes supplémentaires. On trouve le mode VIP Escort où chaque équipe doit conduire la personne désignée VIP à un point d'extraction. On pourra également découvrir l'arrivée du mode Bombe Sale (équipe d'assaut) où un grand nombre de joueurs (40 participants sous la forme de 10 équipes de quatre joueurs) se retrouvent pour récolter de l'uranium (coffre, ennemi à terre) et se rendre à un emplacement précis pour faire exploser une bombe dans une zone.

Si ces deux modes amusants, cela reste très léger comme nouveauté. On regrette en plus la disparition du mode escarmouche avec notamment le fameux 1vs1. On poursuit avec une autre partie importante du contenu, après la campagne et le multijoueur place au mode zombie ! Un mode désormais culte et toujours apprécier par les joueurs. Malheureusement là aussi, les nouveautés sont très maigres. Il y a une seule carte au lancement qui se nomme Die Maschine et même s'il est effectivement d'une taille importante, on aurait apprécié en découvrir une ou deux supplémentaires.

Le concept est identique avec plusieurs endroits fermés qu'il faut ouvrir avec de l'argent. On retrouve le système d'achat pour les armes sur la carte, les distributeurs, la boîte spéciale pour une arme spéciale... Le seul élément inédit concernant la configuration du mode de jeu. En effet vous avez le choix entre le mode vagues infinies et le mode 20 vagues. Si vous aimez ce mode nul doute que le plaisir sera au rendez-vous. Le mode Dead Ops répond également présent pour jouer en coopération dans un autre style puisqu'il s'agit d'une expérience plus arcade sous forme d'un shooter avec une vue de dessus.

Encore une fois, cela manque de nouveautés, si l'on ne s'attendait pas à des révolutions dans les différents modes, il n'y a vraiment que le mode campagne qui fait preuve d'idées et de vraies nouveautés. Enfin concernant l'aspect Battle Royale, on rappelle l'existence Warzone. Celui-ci n'est pas présent dans le jeu, il est disponible séparément et surtout gratuitement. Par contre même s'il n'apparaît pas clairement dans ce nouvel opus, un lien existe puisqu'il est possible de débloquer du contenu spécifique pour Warzone. On fait le point maintenant sur la partie sonore du jeu et là franchement ce n'est pas très convaincant. L'unique bon point concerne les thèmes musicaux qui participent vraiment au spectacle de la campagne et renforcent donc l'action des différentes cinématiques.

Mais en dehors des compositions, on attendait beaucoup plus des bruitages alors que le dernier Modern Warfare affichait des progrès sur le réalisme sonore. L'autre déception est pour le doublage français qui peine à convaincre même si, comme à chaque fois, on apprécie l'effort de proposer une VF. On perd déjà en charisme au niveau des personnages alors si en plus les voix ne suivent pas et ne comblent pas cette faiblesse visuelle, l'histoire se montre bien fade sur le plan humain. Le dernier Modern Warfare proposait là aussi un travail sonore nettement meilleur. On termine avec l'histoire de ce nouveau Call of Duty qui mise sur la guerre froide (pas de surprise, c'est son titre) et donc un conflit entre les Américains et les Russes. On est dans les années 80, mais aussi dans le présent, à travers des missions qui conduisent une histoire plutôt captivante et pas aussi classique que d'autres opus.

Sans aller jusqu'à dire que le travail d'écriture s'élève sérieusement, alors qu'on le souhaite vraiment, ce scénario montre cette envie d'offrir un certain suspens, de l'humour en plus des séquences explosives. Il se dégage donc un minimum de finesse qui participe vraiment à accrocher le joueur malgré un casting décevant, on a connu mieux en matière de protagonistes. En tout cas l'ambiance est vraiment bonne et ce petit goût d'espionnage, légèrement plus fort que dans les autres scénarios de la série, permet vraiment d'aboutir à un scénario qui cherche à s'inspirer du monde du cinéma. Rien de renversant mais contrairement à d'autres histoires, celle-ci est réellement plaisante.

Call of Duty Black Ops Cold War est un bon épisode mais trop classique. On retrouve un très bon épisode "Black Ops" mais qui se contente de reconduire le travail précédent avec de petites modifications et nouveautés. Si l'on pouvait facilement se douter que cet épisode ne serait pas celui d'une révolution pour la série, on espérait un peu plus d'initiatives de la part des développeurs pour proposer des pistes d'améliorations. On en trouve un peu dans la campagne mais sous la forme d'un essai très prudent.

Ceci dit, le contenu est solide, le gameplay est fidèle à la série avec une excellente prise en main et une orientation arcade : des cartes de taille modeste, pas trop de finesse, c'est rapide et explosif. Si le scénario est satisfaisant, la bande-son se montre de son côté plutôt décevante. L'essentiel est là, une réalisation très correcte, un gameplay efficace et un contenu solide (campagne, multijoueur, zombie) malgré l'absence de vraies nouveautés. 

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Graphismes : 16/20
Gameplay : 15/20
Durée de vie : 16/20
Bande-son : 13/20
Scénario : 14/20

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Note globale : 15/20

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