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[Test] R-Type Final 2 (Switch)

13 Mai 2021 , Rédigé par jeuxvideo-world Publié dans #Tests Switch

La licence R-Type Final est de retour ! Une attente particulièrement longue, le premier épisode remonte à 2004 sur PlayStation 2. Une arrivée en plusieurs étapes dont la première est le financement participatif, sans surprise les joueurs soutiennent le projet dans l'espoir de retrouver un très bon shoot'em up développé par le studio Granzella. Un second opus qui s'intitule R-Type Final 2 et qui débarque sur PC, PlayStation 4, Xbox One et Nintendo Switch (version testée ici). On espère découvrir une belle nostalgie, un bel hommage à la licence mais aussi des nouveautés inspirées. Un retour gagnant ou raté ?

On attaque sans plus attendre par la réalisation du jeu. Un premier aspect décevant qui donne même un petit coup de froid pour la suite de l'expérience de jeu. Attention, il s'agit là d'un sentiment sur le premier contact visuel, le jeu est loin d'être mauvais mais il affiche quand même pas mal de déceptions. On pouvait craindre ce résultat de par son développement un peu particulier. Certaines productions s'en sortent mieux que d'autres, dans le cas de R-Type Final 2, le résultat n'est pas à la hauteur de nos attentes et ne fait pas honneur aux nombreuses qualités de l'épisode PlayStation 2. Avec ce nouvel opus, on bascule donc sur un visuel en 3D qui n'apporte rien si ce n'est une lisibilité pas toujours top.

Ce volume est valable pour les environnements, heureusement on conserve le défilement classique de gauche à droite. L'arrivée 3D n'est donc pas synonyme de révolution visuelle dans sa mise en scène. On va très vite faire un constat évident, le jeu est pauvre et peu inspiré. Visuellement malgré quelques effets de lumière et une volonté de mettre de la couleur, le titre souffre d'une direction artistique fade avec des décors basiques, vides et froids. Les arrière-plans souffrent d'un réel manque de dynamisme, les textures sont parfois vilaines, l'ensemble est très générique et la caméra dynamique n'est pas d'un grand renfort. Sur la conception des niveaux, il paraît évident que le level-design manque cruellement d'inspiration. Si l'on relève quelques exceptions, les autres passages sont minimalistes à l'image du jeu. 

C'est frustrant car on relève tout de même quelques bonnes intentions. Par exemple les vaisseaux bénéficient d'un meilleur soin, ça saute aux yeux. Le style est fidèle à la licence même si la partie modification est limitée. Même constat dans le bestiaire qui parvient à se montrer séduisant dans l'ensemble. On trouve plusieurs formes d'ennemis dont le style s'intègre parfaitement à l'univers de la licence. Quelques surprises sont au rendez-vous mais là aussi, pas toujours très inspirées. Sur le plan technique, le jeu ne se montre guère brillant. On l'a dit les textures sont rarement flatteuses, la modélisation est très moyenne (les vaisseaux s'en sortent nettement mieux que le reste du jeu), le framerate est plutôt stable, nous n'avons pas rencontré de grosses chutes.

Néanmoins on a comme la sensation que le jeu est daté, loin d'être dans la moyenne des productions de ces deux dernières années. Concernant cette version Nintendo Switch, il est recommandé d'en profiter en mode portable, le rendu est plus agréable que le mode TV où les défauts et limites techniques sautent aux yeux. Ce sentiment d'un visuel un peu dépassé se retrouve aussi dans l'interface du jeu où l'ergonomie n'est pas la plus moderne du moment. Après un constat mitigé pour la partie visuelle, on espérait au moins un gameplay solide. Une fois encore difficile d'être totalement sous le charme même si certains codes sont respectés. On se trouve déjà face à un jeu de shoot classique pour les bases avec la possibilité de tirer (classique et chargé) mais aussi de réaliser des esquives.

Cependant le contrôle du vaisseau va un peu plus loin avec un système de gestion de vitesse. En effet il ne dispose pas d'une vitesse unique avec éventuellement une jauge de boost mais plutôt d'une vitesse à quatre niveaux. Une régulation intéressante de la vitesse du vaisseau, du moins sur le papier. En effet cette gestion n'est pas aussi passionnante que prévue la faute à une lenteur initiale du vaisseau et à une sensation frustrante d'avoir un véhicule extrêmement lourd même en passant sur une autre vitesse. Généralement dans ce style de jeu, le vaisseau est de base très réactif, les déplacements sont précis et rapides. Dans le cas de ce nouvel opus, c'est carrément l'opposé au point même d'être moins bon que le premier opus sur PlayStation 2 qui proposait un contrôle plus vif et nerveux du vaisseau.

Concernant les attaques possibles, les niveaux contiennent évidemment des bonus pour modifier votre attaque (laser, flammes...), un classique pour ce genre. Heureusement, la licence dispose d'une mécanique qui contribue fortement à son identité et évite la catastrophe à ce deuxième opus décidément peu inspiré. En plus de notre vaisseau on pourra compter sur la présence d'un pod qui se nomme Force. C'est un module complémentaire au vaisseau qui va se montrer d'une efficacité redoutable et d'une grande polyvalence à condition de maîtriser et d'exploiter correctement les différentes fonctions qu'il peut offrir. C'est une arme autant offensive que défensive qui peut se détacher du vaisseau. Cette boule peut se positionner à l'avant (et faire office de bouclier) ou à l'arrière (et faire office d'arme). On peut le détacher afin de l'envoyer sur les ennemis et ainsi réaliser des dégâts à chaque impact.

Enfin il possède également la capacité d'absorber les tirs ennemis pour faire augmenter une jauge et activer une super attaque. Vous l'aurez compris, il est indispensable pour votre survie. Derrière cette belle réussite, on regrette vraiment cette lourdeur du gameplay mais aussi cette imprécision générale. En effet les hitboxes sont douteuses, et une frustration de plus ! Décidément si le jeu conserve de solides bases et que son style est fidèle, son confort de jeu est loin des standards actuels ou même du premier opus sur PlayStation 2. Il y a un vrai problème dans la gestion des collisions, les hitboxes sont trop approximatives ce qui donne lieu trop souvent à des explosions du vaisseau alors qu'on pensait avoir une certaine marge...

Des collisions aléatoires pour un tel genre, on peut dire que c'est un aspect qui pose vraiment problème. Concernant cette partie technique définitivement perfectible, on pourra ajouter des temps de chargement nombreux et un peu long sur cette version Switch. Du côté de la durée de vie, on peut déjà noter la présence de 5 niveaux de difficulté. Une proposition intéressante afin de faire face pour chaque joueur au challenge désiré. On trouve dans le menu principal plusieurs sections dont certaines plutôt anecdotiques ou cosmétiques. Il est d'abord question d'un mode histoire qui permet de parcourir 7 niveaux. Ce n'est pas énorme mais un tel jeu brille aussi par sa rejouabilité et sa notion de score.

Justement en complément du mode histoire, on pourra se lancer dans le mode scoring afin de refaire les différents niveaux dans l'unique but d'améliorer son score. Evidemment il faut d'abord terminer l'histoire pour refaire l'ensemble des niveaux. L'autre grosse partie du jeu, c'est la personnalisation. Là pour le coup c'est un très bon point mais pas d'emballement la personnalisation reste simple et parfois même inutile. En effet il est par exemple possible de personnaliser son pilote. L'intérêt est limité dans la mesure où l'on ne voit que très rarement notre pilote. Pour le vaisseau, c'est déjà plus intéressant pour modifier l'armement mais aussi la couleur et les décorations. Pour enrichir le catalogue de personnalisation, pas de secret il faut passer par la boutique. On pourra acheter des éléments pour le pilote et les vaisseaux mais aussi des ressources spécifiques : solonium, etherium et bydogène.

Il s'agit de trois ressources indispensables pour débloquer de nouveaux vaisseaux dans le hangar. Ce dernier peut contenir une petite dizaine de vaisseaux tandis que le jeu propose un catalogue de 99 vaisseaux. Au niveau des autres sections du menu, on pourra aussi compter sur la rubrique Manuel R qui est un tutoriel complet sur le potentiel au niveau de son gameplay et une description de l'univers de la série. On trouve également le Musée R, c'est donc ici que l'on trouve l'ensemble des vaisseaux du jeu qu'il faudra débloquer avec les trois ressources différentes. Enfin on pourra tomber sur deux rubriques qui présentent de belle manière la série. La première rubrique propose une galerie d'images que l'on peut contempler mais aussi définir en préférence pour l'écran principal ou les temps de chargements.

Si certains joueurs seront indifférents face à ce type de contenu, on apprécie la qualité des illustrations. Enfin le labo bydo est une base de données qui rassemble le bestiaire du jeu (on vous laisse la surprise mais attendez-vous à plusieurs dizaines d'ennemis différents). Au niveau de la bande-son, on arrive également à être un peu déçu de la prestation proposée. A l'image de la direction artistique, le travail sonore n'est pas aussi marquant qu'à l'époque. Malgré quelques thèmes électroniques qui collent parfaitement avec l'univers du jeu, les musiques proposées ne sont pas toujours inspirées et renversantes. Par comparaison avec l'épisode PlayStation 2, les thèmes sont moins marquants même pour les boss.

Néanmoins la bande-son reste correcte dans l'ensemble avec déjà une certaine fidélité qui fait plaisir à entendre, mais on espérait avoir un peu plus les frissons à l'écoute des différentes compositions. On termine avec quelques mots sur le scénario du jeu. Pas d'inquiétude comme c'est souvent le cas avec cet aspect, on va rester prudent. On peut quand même dire que cet opus se présente comme une suite du premier épisode. Le travail d'écriture n'est pas original, pas surprenant mais totalement fidèle à la licence. On ressent vraiment cette volonté de coller avec le premier épisode et donc de s'inscrire dans la continuité au niveau des ennemis, du contexte... Pas de prise de risque particulière afin de séduire en priorité les fans de la licence.

R-Type Final 2 signe un retour plutôt décevant. Si l'on apprécie de retrouver l'univers de la licence avec un style accrocheur, il y a tout de même de nombreux aspects qui nous empêchent d'être totalement sous le charme. Techniquement très moyen ce nouvel opus est très proche du premier épisode tout en se montrant décevant et frustrant là où le premier volet était convaincant.

Visuellement pauvre et peu inspiré, le jeu offre un gameplay lourd et pénible malgré le système toujours aussi excellent du pod. Le contenu n'est pas mauvais mais il y a beaucoup de contenus anecdotiques et superficiels. Même la bande-son n'arrive pas à totalement séduire. Vous l'aurez compris, c'est compliqué de recommander chaudement cette suite à moins d'être un très gros fan du genre ou de la série mais même avec ce statut, vous serez globalement déçus.

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Graphismes : 10/20
Gameplay : 12/20
Durée de vie : 14/20
Bande-son : 11/20

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Note globale : 11/20

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