Jeuxvideo-world

[Test] Chivalry 2 (PS5)

23 Juin 2021 , Rédigé par jeuxvideo-world Publié dans #Tests PS5

En 2012, le studio Torn Banner fait sensation avec la sortie sur PC d'un jeu de batailles médiévales en ligne : Chivalry Medieval Warfare. Un FPS au moyen-âge sans pitié et donc particulièrement sanglant et jouissif. Le concept séduit un grand nombre de joueurs malgré une réalisation moyenne et un contenu léger. Quelques années plus tard, d'autres studios vont tenter leur chance (avec quelques différences) comme Ubisoft avec le jeu For Honor ou plus récemment le studio Triternion avec le jeu Mordhau.

Neuf ans plus tard, Torn Banner est de retour avec Chivalry 2, un second épisode qui espère bien s'imposer comme la référence du genre. Un nouvel opus qui débarque sur PC mais aussi sur PlayStation 5 (le test est réalisé sur cette version), Xbox Series, PlayStation 4 et Xbox One. Une suite toujours aussi nerveuse, technique et délirante ?

La licence n'a pas bâti sa popularité pour sa réalisation. Par rapport à d'autres jeux, elle n'est pas dans cette démarche d'une claque graphique ou d'une surenchère visuelle. Néanmoins, surtout au lancement de la nouvelle génération de consoles, il fallait tout de même offrir un visuel dans son temps pour Chivalry 2. Dès les premières batailles, on découvre un jeu particulièrement joli, soigné où l'ambiance médiéval est au rendez-vous. Le travail prioritaire est simple à distinguer, la reconstitution la plus fidèle possible d'une époque médiévale où la violence est importante et effrayante. Ce deuxième opus est une réussite visuelle rien que pour cette sensation de participer réellement à des guerres de cette époque.

Une superbe ambiance qui complète un autre excellent travail : le level-design. Les cartes sont plus vastes et riches en éléments dont certains peuvent être utilisés durant les affrontements (des objets comme des pierres, des tonneaux...). Il ne faut surtout pas croire que le jeu est un simple champ vide où deux camps s'affrontent, bien au contraire. On pourra découvrir une conception bien plus intelligente avec parfois des endroits où les passages sont plus petits et mènent potentiellement à des affrontements en petits groupes si ce n'est des duels. Si l'on ajoute la présence de pièges, ces situations deviennent à la fois drôles et effrayantes. Cette variété suffit à rendre les batailles intéressantes sans jamais avoir le sentiment de réaliser la même approche et de vivre les mêmes situations.

Une violence unique d'une bataille à une autre où la mise en scène est gore avec des décapitations, du sang, de la boue... Le décor est bien planté et se montre très immersif. On espérait une logique évolution sur le plan technique par rapport au premier opus. Dès les premières minutes, on est agréablement surpris par les progrès réalisés. En effet cette version PlayStation 5 est vraiment très jolie. On profite d'une meilleure finesse au niveau des textures, d'une modélisation plus propre et d'une fluidité solide, un 60 fps indispensable pour le confort de ce type de jeu. C'est vraiment agréable à l'oeil sans être le jeu le plus coloré, rien d'étonnant compte tenu de l'univers mis en avant.

Si l'on peut effectivement constater de rares bugs visuels au niveau de la physique, le jeu affiche un joli soin dès son lancement. S'il faut se plaindre un peu, on pourra juste pointer du doigt une marge de progression encore au niveau des personnages, la personnalisation progresse, les détails aussi mais certaines parties, comme les cheveux, peuvent faire mieux. On se doutait que la structure du gameplay serait identique. C'est effectivement le cas sauf que ce deuxième volet débarque avec des nouveautés, approuvées et pertinentes. Premier ajout, pas le plus indispensable mais tout de même appréciable, on peut choisir la vue. En effet il est désormais possible de choisir entre une vue à la première personne (FPS, que l'on recommande) et une vue à la troisième personne (TPS).

Une option intéressante surtout pour les allergiques à la vue FPS en sachant que l'on peut basculer rapidement et facilement d'une vue à une autre. Il apparaît clairement que les sensations sont meilleures avec la vue FPS, la vue d'origine d'ailleurs dans le premier Chivalry. Le concept du jeu est pensé avec une vue FPS mais la vue à la troisième personne reste tout à fait jouable mais implique un temps d'adaptation. Pour ceux qui n'ont pas eu la chance de mettre la main sur le premier opus, Chivalry est une licence qui propose un système de combat orienté arcade avec tout de même une certaine technique et profondeur.

Par rapport à la concurrence, il est plus arcade et s'offre ainsi une meilleure prise en main. Pour ce genre de jeux, les premières heures sont importantes afin de prendre rapidement du plaisir sans maîtriser le gameplay et ne pas tomber dans une certaine frustration. Attention, l'apprentissage ne sera pas très facile mais l'équilibre offert par les développeurs permet de ne pas subir trop sévèrement l'expérience des joueurs qui possèdent des dizaines d'heures au compteur. Par exemple, contrairement à d'autres licences, il n'y a pas cette notion d'attaque multidirectionnel. C'est plus simple, il existe trois formes d'attaques (avec la nuance légère ou lourde) : attaque horizontale, attaque verticale et estoc. Il existe d'autres notions d'attaques et de défenses qu'on vous laisse découvrir comme la parade, l'attaque chargée... 

Selon la situation, notamment un éventuel duel, il faudra se montrer rapide, mobile et lire correctement l'approche de son adversaire. Dans un éventuel face à face, il faudra briser la garde de l'ennemi, et chercher à réduire sa barre d'endurance pour s'éviter une lourde riposte de l'ennemi. Par exemple, le principe de parade implique d'être en garde tout en réalisant la même attaque que l'adversaire. Il faut donc être attentif aux tentatives de l'adversaire en sachant que le jeu est plus clair sur le statut du personnage en face de vous (état du bouclier). Ce deuxième épisode se montre plus complet et confortable tout en restant jouissif. On peut d'ailleurs rappeler que dans Chivalry 2, en plus des objets du décor, les armes sont nombreuses : épée, lance, marteau, hache, arc, arbalète, bouclier...

On note d'ailleurs une nette amélioration de l'arc dans son utilisation, bien plus agréable à manipuler que dans l'opus précédent. Autre nouveauté intéressante de ce nouvel épisode : la possibilité de lancer ses armes. On l'a dit, il est possible de lancer des objets (dont certains très drôles) mais on peut simplement balancer son arme (ou son bouclier). Cela permet d'étendre les possibilités offensives en fonction de la situation et donc d'enrichir les batailles. Cette mécanique permet aussi de rappeler une des qualités de la licence : l'humour. En effet si l'on parle bien de guerres médiévales avec une mise en scène gore et des décapitations régulières, il se cache un humour personnel derrière cette boucherie.

Entre les cris des ennemis et la nature de certains objets que l'on peut balancer, la licence développe une petite touche vraiment sympathique, ce deuxième opus conserve avec brio ce trait particulier qui fonctionne toujours aussi bien. Avant d'abord plus précisément les cris et l'exploitation de la DualSense, on peut tout de même préciser quelques détails sur la mise en scène des batailles. En effet l'affrontement se déroule sous forme d'objectifs en fonction des cartes. On peut citer quelques exemples : mettre le feu à un village, forcer des portes, réaliser un assaut sur un château, rechercher un personnage... On en vient à ces fameux cris qui constituent l'une des drôles particularités de la licence. Il est possible à l'aide d'une touche d'envoyer des cris pour renforcer la terreur sur le champ de batailles, de multiples expressions sont disponibles offrant un petit supplément amusant.

Par rapport à l'exploitation des fonctionnalités de la DualSense, le jeu fait l'effort mais sans être la référence dans ce domaine. Si les exclusivités PlayStation 5 (Returnal, Ratchet & Clank, pour citer les deux dernières en date) pousse l'exploitation à fond, le cas de Chivalry 2 est plus proche des productions qui débarquent sur plusieurs plateformes. On a des petites sensations intéressantes notamment pour les gâchettes mais ce n'est pas spécialement marquant. Pour le lancement, le contenu est léger mais nul doute que c'est un titre qui va s'enrichir au fil des mois. Ceci dit, le contenu proposé pour le moment permet de s'amuser de longues heures. Dans Chivalry 2, il n'y a pas de mode histoire, il s'agit d'un titre uniquement multijoueur face à d'autres joueurs en ligne ou contre des bots (mais le charme n'est plus le même).

On trouve donc à ce jour trois modes : objectifs mixtes, chacun pour soi et entraînement. Concernant le mode entraînement, il s'agit d'un passage recommandé au départ pour découvrir le concept du jeu mais aussi les différentes classes. La progression en matière d'expérience est évidemment figée dans ce mode. Pour le mode chacun pour soi, son nom est très clair et mérite une précision, attendez d'avoir un peu de temps de jeu avant de tenter cette expérience multijoueur qui peut se montrer frustrante si vous ne maîtrisez pas un minimum le gameplay du jeu. Enfin le jeu propose le mode qui va séduire la grande majorité des joueurs : le mode objectifs mixtes. Il existe sous deux variantes : 64 joueurs (32 joueurs max par équipe) et 40 joueurs (20 joueurs max par équipe).

En dehors des deux versions, ce mode permet surtout de découvrir des affrontements scénarisés avec les fameux objectifs évoqués précédemment mais aussi d'alterner des phases où l'on assiste à un simple match à mort par équipe. Pour la partie scénarisée, on enchaîne les objectifs pour arriver jusqu'à l'objectif final et ceci pour les deux équipes. D'ailleurs, il ne s'agit pas simplement d'une différence de couleur entre les deux équipes, c'est légèrement mis en scène. En effet, deux camps s'affrontent, l'équipe bleue incarne les chevaliers d'Agatha avec comme représentation un lion. L'équipe rouge incarne l'ordre de Mason avec comme représentation un aigle. La fiction des deux camps se limite à ces quelques différences esthétiques mais on apprécie ce petit détail. 

Si l'on ne doute pas que le jeu va s'enrichir au niveau du contenu et faire l'objet d'un suivi sérieux et régulier, ce deuxième épisode propose à son lancement 8 cartes de jeu différentes ainsi que 4 classes différentes. Chaque classe possède 3 sous-classes, ainsi que des compétences spéciales, afin d'obtenir des variantes intéressantes. On a donc la classe Archer avec les sous-classes suivantes : arc long, arbalétrier, tirailleur. On a la classe Chevalier avec les sous-classes : Officier, Gardien, Croisé. On pourra aussi choisir la classe Fantassin qui possède comme sous-classes : Lancier, Hommes d’armes, Ingénieur de terrain. Enfin la quatrième et dernière classe au lancement du jeu est Avant-Garde qui possède les sous-classes : Brute, Pillard, Embusqué. Le système de sous-classes est intéressant et comble d'une certaine manière le faible nombre de classes au lancement.

Pour les cartes, on espère bien que de nouvelles zones seront proposées au cours de l'année et idéalement de manière gratuite via une mise à jour. On souligne également l'effort des développeurs pour offrir une personnalisation plus poussée dans ce deuxième opus même si celle-ci possède une marge de progression, autant dans le rendu que dans les possibilités. Cela donne un intérêt à l'enchaînement des parties puisque la montée des niveaux est synonyme d'un gain d'équipements. On pourra aussi dépenser des pièces d'or obtenues durant les parties en ligne. Une monnaie spéciale est également de la partie et que l'on obtient uniquement avec de l'argent réel. Un modèle économique toujours discutable même si pour le coup cela ne concerne que des éléments cosmétiques.

Au rayon des points négatifs, en dehors d'une personnalisation qui peut encore progresser et d'un nombre de cartes un poil faible au lancement, on pourra constater quelques bugs, pas trop gênant, au niveau du réseau. Enfin, on termine avec la bande-son du jeu qui mérite clairement qu'on s'y penche compte tenu du résultat. Avant le coup sur le papier, cet aspect paraît secondaire et pourtant il participe à l'identité de la licence et renforce à la fois son réalisme et sa pointe d'humour sur le champ de bataille. Le sound design est clairement soigné et permet d'obtenir une superbe ambiance. On a d'abord des thèmes musicaux qui offrent cette dimension épique et pose une ambiance générale totalement cohérente avec ce que l'on peut découvrir à l'écran.

Une immersion renforcée par de très bons bruitages, les coups d'épée, les flèches, les chocs, les décapitations mais aussi les cris. Un cri de soldat à terre qui connaît des difficultés, des cris de guerre en plein sprint sur les adversaires, qu'importe ces bruitages ne font que renforcer l'univers du jeu. On souligne au passage que le doublage est en anglais. Vous l'aurez compris, le travail sonore est donc soigné et participe grandement à l'excellente ambiance du jeu.

Chivalry 2 est un nouvel épisode encore plus jouissif que le premier volet. Il conserve les solides bases tout en proposant des améliorations et nouveautés pertinentes. On conserve donc un gameplay accessible et fun mais qui offre bien plus de possibilités sur le champ de bataille. Cette version PlayStation 5 est particulièrement jolie et stable avec une bande-son qui bénéficie d'un joli soin pour rappeler également la petite dose d'humour propre à la série. Finalement en dehors de quelques petits bugs pas spécialement gênant, il ne manque qu'un peu de contenu. On espère donc, dès cette année, découvrir des nouvelles cartes et des nouveaux modes.

------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------

Graphismes : 16/20
Gameplay : 16/20
Durée de vie : 14/20
Bande-son : 17/20

------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------

Note globale : 16/20

------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------

Partager cet article

Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :

Commenter cet article