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[Critique] Terminator Tempest

21 Juillet 2021 , Rédigé par jeuxvideo-world Publié dans #Coin Lecture (News et Critique)

Sur le marché des comics, il y a les deux géants que l'on ne présente plus, Marvel Comics et DC Comics. Si ceux-ci dominent le marché avec de nombreux licences, il ne faut pas oublier les autres éditeurs dont la qualité ne manque pas. On peut citer Dark Horse Comics, Image Comics, IDW Publishing, Valiant Comics... En France, il existe deux géants, Panini Comics et Urban Comics correspondant respectivement à l'exploitation des droits Marvel Comics et DC Comics. Mais on trouve également d'autres éditeurs qui ne manque pas de publier de belles pépites. On peut citer Delcourt Comics, Hi Comics, 404 Comics, Bliss Comics mais aussi Vestron.

On va justement s'intéresser à ce dernier et découvrir les publications proposées en plus d'une présentation. On va commencer par faire la découverte d'un comics qui s'intitule Terminator Tempest (ISBN : 9791095656739) qui se présente comme un récit complet de 112 pages dans un format particulier (dimensions : 23,5 x 16,2 x 0,7 cm) dont on reviendra on détails. Il est disponible un peu partout (librairies, enseignes culturelles, grandes surface...) depuis le mois de juin 2021 au prix affiché de 17,95€. Concernant les artistes derrière ce récit, on peut donc noter la présence de John Arcudi au scénario, Chris Warner aux dessins, Paul Guinan pour l'encrage et les dessins additionnels, Chris Chalenor et Rachel Menashe pour les couleurs et enfin Simon Basley pour les illustrations additionnelles.

Après la présentation de ce récit, il faut maintenant présenter ce label dont l'existence est récente. Le label Vestron existe depuis 2019 avec pour objectif de publier des comics dans un format "paperback" tirés de films, de jouets mais aussi inspirées par le rock. Une spécialité Ciné-Comics qui exploite par exemple des licences connues comme Alien, Terminator, RoboCop, Predator, Godzilla, Evil Dead ou encore Transformers. On précise également que ce label Vestron fait écho à celui du label Wetta-Sunnyside. En effet, plusieurs titres issus de ces licences ont déjà fait l’objet de sorties sous l’autre label de Wetta-Sunnyside.

Sauf que ce dernier s'oriente vers la publication d’albums reliés grand format en tirages limités pour les boutiques spécialisées, dont les fameux monochromes RAW. On en vient maintenant à ce fameux format qui constitue l'une des identités de ce label en plus des licences exploitées. En France les grands éditeurs proposent globalement des comics avec une couverture rigide dans un format classique. Le label Vestron propose lui une approche totalement différente avec un style "paperback" autrement dit une couverture souple dans un format unique (23,5 x 16,2 x 0,7 cm). Une approche simple et classique du comics que les fans de ce type de BD apprécieront sans aucun problème alors que ce format n'est plus aussi populaire en France ces dernières années. Une approche qui possède de nombreux avantages dont celui du confort de lecture.

Un format aussi large mais bien plus compact sur la hauteur pour une très bonne prise en main, pas de doute la démarche respire la passion pour les comics. On souligne également la très bonne qualité du papier. Avant d'aborder le scénario et les dessins, on précise d'abord le contenu de ce récit complet. Il ne faut pas s'attendre à de gros bonus néanmoins ce qu'il propose est intéressant. On trouve au début deux pages qui présentent le contexte de ce comics, les artistes concernés ainsi que sa date de publication originale (1990 par l'éditeur Dark Horse Comics). On trouve également une courte introduction, simple et efficace.

Ce récit complet est découpé en quatre chapitres et comporte en fin de tome un épilogue, sur une page, en plus d'une version crayonnée de la couverture. Enfin on tombe sur deux pages rappelant les publications du label Vestron et notamment les comics en lien avec l'univers Terminator (on espère d'ailleurs vous les faire découvrir dans les prochaines semaines). On va maintenant aborder, comme à chaque fois de manière prudente, le scénario de ce récit complet. On va surtout faire un point complet de sa position dans l'univers de la licence, autant au niveau des comics que des films. On répète également qu'il s'agit d'un récit qui remonte à l'année 1990, il ne faut pas s'étonner du style de l'écriture, un côté old-school qui possède son public et que l'on approuve.

D'un point de vue comics, ce récit se présente comme une suite du récit Terminator le Jour d'Après (cette histoire fait figure de préquel à l'ensemble de la saga). Dans ce préquel, John Connor pense réussir sa mission, celle de mettre fin à Skynet. Un Terminator est envoyé dans le passé pour tuer Sarah Connor, la mère de John. La mission du Terminator est un échec mais ce n'est qu'une courte victoire puisque sur le plan temporel, on assiste à des modifications qui mènent à de nombreux futurs. Terminator Tempest intervient donc en mettant en scène un objectif précis : détruire Cyberdyne la création de Skynet. Cette dernière va tenter de faire opposition à cette résistance en envoyant plusieurs Terminators dans le passé.

D'un point de vue cinématographique maintenant, ce comics fait belle impression en devançant les futurs films tout en proposant un travail de profondeur du concept du premier film. Terminator Tempest fait l'objet d'une création sans pression avant Terminator 2. Il n'est donc pas sous l'influence de la sortie de ce film. Au contraire, on découvre rapidement la volonté d'enrichir l'univers suite à la sortie du premier film, une démarche nettement plus intéressante. C'est tellement captivant et inspiré que l'on pourrait même penser que ce récit donnait le ton et la direction des films qui suivront par la suite, en particulier Terminator 2 et Terminator 3). Les thèmes abordés sont nombreux, intéressants tout en supprimant l'aspect comique des films. En effet dans le comics, on ne retrouve pas ces séquences où le Terminator est en décalage avec le monde dans lequel il se trouve.

Cette pointe d'humour dans les dialogues, les échanges avec la population ou encore les postures et costumes ne possèdent pas une telle place dans le récit. Terminator Tempest mise surtout sur cette notion de guerre entre les humains et les machines. Un affrontement violent, permanent, dans une ambiance beaucoup plus sombre et particulière que les films. Il faut donc s'attendre à une bonne dose d'action, de violence mais aussi quelques surprises prouvant que cette histoire est loin d'être classique. C'est même très captivant dès les premières cases au point d'avoir un sentiment que l'on pouvait craindre avant le coup dès que l'on se présente en fin de chapitre 4 : le goût d'une fin trop rapide. il y a bien un petit épilogue mais cela reste quand même léger, on aimerait tellement enchaîner encore plusieurs chapitres tellement le potentiel est immense. Un récit largement digne des meilleurs films de la saga.

Concernant la partie visuelle, on le répète une nouvelle fois, on est face à un récit de 1990. Forcément, on fait face à une approche old-school dans l'organisation des cases, les couleurs et les détails. Un look rétro qui conserve toujours son charme même en 2021. Un style classique qui permet de se rappeler qu'à cette époque la lecture est lisible, confortable tout en conservant une belle dynamique. Une approche équilibrée qui fait parfois défaut aux dernières productions. On avait souligné la qualité du papier de cette édition, on souligne aussi la qualité d'impression. Evidemment qu'avec un tel style, il faut absolument être un minimum sensible à cette époque des comics en plus d'être un minimum sensible à la licence Terminator.

Avant le coup, on aurait pu croire à un travail d'écriture en retrait au profit d'une grosse d'action et de violence mais en réalité, malgré un découpage classique, le récit ne penche pas excessivement d'un côté précis. Il y a suffisamment de lecture en plus de séquences plus contemplatives et dynamiques. Malgré une palette de couleurs limitée, la violence est facilement visible en plus d'un soin suffisant pour les machines (la couverture crayonnée dans les bonus est splendide). On précise aussi que le découpage en chapitres nous permet de profiter d'une illustration de très bon goût à chaque début de chapitre. Le boulot est donc immense et délicieux, on ne peut être qu'agréablement surpris par cette prestation visuelle même en 2021.

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Conclusion : Le label Vestron respire la passion du comics et prouve que le marché ne résume pas à Marvel Comics et DC Comics. Si la saga Terminator est brillante au cinéma, elle l'est aussi dans l'univers du comics avec Terminator Tempest. Le duo John Arcudi et Chris Warner signent ici un récit complet vraiment passionnant, mais un poil court, qui permet d'approfondir l'univers de la saga avec des pistes très intéressantes. Il faut évidemment aimer un minimum les comics des années 90 en plus de la licence Terminator, mais si c'est le cas c'est une lecture chaudement recommandée.

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