Jeuxvideo-world

[Test] Tales of Arise (PS5)

16 Septembre 2021 , Rédigé par jeuxvideo-world Publié dans #Tests PS5

Avec le contexte sanitaire mondial, certains éditeurs connaissent des difficultés pour assurer dans les temps des anniversaires pour certaines licences. C'est le cas de l'éditeur Bandai Namco, contraint de se montrer patient pour le nouvel opus de la série Tales of. Cette fois-ci, en ce mois de septembre 2021, le moment est venu d'accueillir un nouvel opus. Ce dernier possède un rôle majeur, celui d'offrir un vent de fraîcheur à une série en légère perte de vitesse. Un créneau idéal pour les... 25 ans de la série ! Ce nouvel épisode s'intitule donc Tales of Arise et débarque sur PC, PlayStation 4, PlayStation 5, Xbox One et Xbox Series. On va s'intéresser ici à la version PlayStation 5 dans l'espoir d'une belle découverte.

Tales of Arise nous plonge dans un univers où l'on fait connaissance de planètes jumelles, Rena et Dahna. On lève vite le suspens, ce nouvel opus affiche un visage séduisant, soigné et se présente déjà comme l'un des meilleurs de la série. Sur le plan artistique, tout est mis en oeuvre pour en mettre plein les yeux. C'est coloré, rafraîchissant avec un cel-shading de très bon goût qui joue un rôle de vrai choix esthétique et non d'un cache-misère technique. Cela nous offre régulièrement de superbes panoramas d'autant que les décors sont variés et inspirés. Des environnements différents que l'on prend plaisir à découvrir avec un level-design qui ne tombe pas dans le piège de l'effet de mode. En effet, on est loin d'être dans un monde ouvert. Le jeu fait le choix de zones ouvertes avec tout de même quelques couloirs.

Par contre, les développeurs ne se contentent pas d'une conception simpliste et cherche à offrir un minimum de verticalité. Grâce au concept du jeu et cette notion d'énergie, la direction artistique affiche un vrai potentiel. Chaque ville possède un style propre avec toujours cet effet pastel de très bon goût, le jeu mise d'abord sur l'immersion, le style plutôt que sur la taille. La variété est au rendez-vous avec une participation efficace de nombreux effets visuels. Il n'y a pas que le décor qui se montre pétillant, il faut aussi souligner le soin offert aux personnages du jeu. Un travail complet sur le casting qui permet de profiter d'un charac-design convaincant mais aussi d'animations nombreuses et impressionnantes qui participent au succès de la mise en scène. 

Lorsqu'on parle de la qualité des animations, c'est valable autant au niveau des combats que sur la partie faciale qui permet de donner une personnalité aux différents personnages. En tout cas, avec autant d'ingrédients positifs, on ne peut que profiter d'une belle mise en scène avec une nouvelle approche au niveau des dialogues et du récit qui exploitent le moteur du jeu au maximum. S'il faut trouver un petit point négatif sur le traitement artistique, il faut se tourner du côté du bestiaire. Pourtant, au premier coup d'oeil, c'est aussi flatteur que le reste du jeu avec des zones qui disposent de ses propres ennemis. Le bémol se situe au niveau de la variété et de l'originalité. En effet, il y a une réutilisation trop forte d'un même ennemi sous différents angles qui se résument à une variante élémentaire ou à une force supérieure.

Cela n'enlève en rien le travail du modèle de base, mais cette duplication à outrance avec une différence légère et facile peut frustrer le joueur sur le long terme. On aborde maintenant la partie technique du jeu en rappelant déjà que l'on juge ici une version next-gen, la version PlayStation 5. Sans surprise, la prestation est solide avec un framerate de 60fps constant et qu'importe l'intensité à l'écran. Il est très rare de constater un brin de ralentissement tout en sachant que le jeu offre la possibilité de sélectionner un mode d'affichage (graphisme ou performance). Le moteur graphique utilisé est l'Unreal Engine 4, un choix qui permet de faire progresser la série et profiter dans un confort le style artistique de ce nouvel opus.

Concernant les temps de chargement, ils sont évidemment très rapides, l'attente est ridicule dès que l'on entreprend un voyage rapide par exemple. Ceci dit, le jeu n'est pas irréprochable sur le plan technique avec comme défaut majeur un clipping encore trop présent à notre goût. Ce n'est pas un monde ouvert mais même sou ce format de zone ouverte, la distance d'affichage est limitée et donne lieu à du clipping. Si l'apparition de quelques éléments dans le décor n'est pas dérangeante notamment pour des déplacements à faible allure en ville, dès que l'on commence à réaliser des déplacements rapides, c'est déjà plus pénible. On souligne, car ce n'est pas forcément une évidence pour ce style de jeu, que cet épisode offre une traduction française complète pour les textes.

Si l'on espérait une évolution visuelle, on attendait également un gameplay à la fois fidèle à la série mais avec l'arrivée de nouvelles idées. Et sur ce point l'équilibre est très bon. Une proposition séduisante qui permet d'obtenir un gameplay à la fois facile à prendre en main tout en étant addictif et technique. Pas d'inquiétude, on retrouve avec joie le dynamisme des combats. Il y a donc toujours des attaques normales que l'on enchaîne sans trop réfléchir jusqu'à faire usage des techniques spéciales qui impliquent une certaine réflexion. Ces techniques sont nommées artes et peuvent être attribuées à chaque personnage en plus de faire l'objet de combinaisons. Chaque arte possède un nombre de points nécessaire pour en faire usage. C'est d'ailleurs l'unique jauge à surveiller, la jauge d'attaque.

Le jeu préfère plutôt que le joueur se concentre sur la pertinence de l'arte déclenché (avantage élémentaire) mais aussi la variété et la longueur des combos. La notion de frappe bonus mais aussi attaque bonus interviennent selon votre capacité à allonger le combo mais aussi à faire appel à vos alliés dont l'impact est important. En dehors de cette dimension offensive, le jeu n'oublie pas de mettre en oeuvre une touche d'esquive mais aussi un système de soin qui fait appel à une jauge et des points pour gérer la santé de l'équipe dans sa globalité. Le système de combat n'est donc pas grossièrement complexe mais il n'oublie rien pour autant et cherche à offrir une simplicité dans la gestion en temps réel des différents aspects de l'équipe. Oui, ce nouvel opus n'est pas synonyme d'un seul héros en solitaire, loin de là. 

S'il y a bien un duo de héros qui se détache du lot, Alphen et Shionne, on profite aussi de quatre personnages supplémentaires (Rinwell, Kisara, Law, Dohalim) portant ainsi à 6 le nombre de personnages jouables. On peut basculer d'un personnage à un autre très facilement afin de profiter des spécificités de chaque personnage. En effet, on est loin de faire face à de simples clones ou spectateurs, chaque personnage possède un gameplay propre avec notamment une orientation précise dans le style (Rinwell est par exemple spécialiste de la magie tandis que Law est plus porté sur les attaques au corps-à-corps avec ses poings). Concernant l'intelligence artificielle alliée, elle est plutôt bonne dans la mesure où vous conservez la main de manière indirecte avec la mise en place d'un système de stratégie.

Il s'agit en gros de donner des ordres précis pour orienter les actions des personnages même si celles-ci sont par défaut pas trop mauvaises. Cela permet d'éviter de subir des choix inappropriés, mais rien ne vaut une bascule sur le personnage en question. Jusqu'ici, on n'a pu voir les nombreuses qualités du gameplay proposé, mais malgré les efforts, ce n'est pas parfait. La preuve par exemple avec la lisibilité des combats. En effet avec cette volonté de soigner la mise en scène avec tout un tas d'effets, il arrive que certains combats affichent une réelle confusion à l'écran dans la lecture de l'action. Ce n'est pas systématique mais à plusieurs reprises dans des combats souvent un peu longs et délicats, il arrive que le spectacle joue de manière négative sur le confort de la gestion du combat.

Attention rien de vraiment pénible ou problématique mais on peut quand même constater un aspect un peu brouillon de ces situations. Autre point qui pourra déplaire une partie des joueurs, : le côté bavard du jeu. On le sait bien, la série est connue pour aimer les dialogues. Sauf que parfois il s'en dégage une longueur trop importante en plus de sujets un peu répétitifs. Un procédé que l'on a pu voir dans de nombreux jeux de ce style où le sujet traité est parfois remis en lumière pour ne perdre aucun joueur, c'est le cas dans ce nouvel opus. On peut y voir une qualité, celle d'être sûr de bien suivre l'aventure et comprendre les grandes lignes. Sauf que certaines séquences au cours de l'histoire sont longues dans ces échanges et cassent beaucoup trop le rythme du jeu. On aime l'écriture, mais parfois l'équilibre manque à l'appel.

Sans surprise, on pourra estimer que la DualSense n'est pas aussi exploitée que les récentes exclusivités comme Returnal ou Ratchet & Clank Rift Apart. S'il y a bien quelques sensations au cours de l'aventure cela reste très léger. Au niveau de la durée de vie, le jeu s'en sort plutôt bien mais rien de surprenant. En effet la série possède une solide réputation en matière de contenu, l'expérience de jeu de chaque épisode est systématiquement riche et longue. C'est donc toujours le cas avec ce nouvel opus qui nécessite environ 40 heures pour boucler l'aventure dans un bon rythme tout en découvrant quelques contenus annexes. Il faudra rajouter plusieurs dizaines d'heures si l'on veut absolument découvrir l'intégralité du jeu.

Concernant la progression des personnages, il y a bien entendu la notion d'expérience. On obtient un nombre de points suite à chaque combat. Pour optimiser le gain, il faut non seulement frapper très fort mais aussi en finir le plus rapidement possible. Il existe également la notion de chaîne avec un bonus d'expérience si l'on enchaîne les combats sans mourir dans un petit créneau temporel. On pourra également découvrir et gérer différents arbres de compétences dont la lecture n'est pas spécialement évidente mais le système est complet et intéressant en développant chaque arte et compétence de manière précise. On vous laisse le soin de découvrir la richesse du contenu annexe mais on peut au moins affirmer que la variété est au rendez-vous avec un challenge intéressant.

Si les objectifs sont nombreux dans les quêtes, ils ne sont pas originaux ou variés. Qu'importe ce constat, on est plus à la recherche d'ennemis particuliers et notamment des boss. Il y a évidemment d'autres activités avec d'autres mises en scène que de simples quêtes secondaires. Ce qu'il faut retenir, c'est que ce contenu complémentaire à l'histoire principale prolonge correctement l'expérience de jeu sans lourdeur et sans trop se montrer répétitif. Le seul aspect un peu décevant de ce nouvel opus concerne la partie multijoueur. En effet le jeu ne propose aucune fonctionnalité liée à une dimension multijoueur, c'est dommage car la série avait développé cette approche de belle manière dans la plupart des épisodes précédents.

Sans être réellement un point faible, cela pouvait donner une force supplémentaire au contenu global du jeu. Sur le plan sonore, cette nouvelle aventure se montre convaincante sans être totalement marquante. Les compositions sont signées Motoi Sakuraba, un compositeur qu'on ne présente plus pour la série. Du coup par comparaison avec son travail précédent, on est un peu forcé d'en conclure que ce n'est peut-être pas la meilleure bande-son de la série. Néanmoins, sa douceur et sa discrétion s'apprécient de belle manière en sachant qu'une dimension épique est de la partie dès que le contexte se présente à nous. Il y a donc une cohérence et un changement de rythme qui fait plaisir à entendre.

On souligne également le soin des bruitages et surtout des doublages avec le choix entre l'anglais et le japonais (que l'on recommande évidemment). Enfin on termine avec quelques mots sur le scénario de ce nouvel épisode tout en sachant que l'on va rester prudent sur les éléments qui seront mis en avant dans ces quelques lignes. C'est l'histoire d'une rencontre violente entre deux mondes : Dahna et Rena. En effet les Reniens décident d'envahir la planète Dahna et ainsi réduire en esclavage les Dahniens. Une révolte est en marche, le joueur incarne un personnage aux traits mystérieux : visage caché, amnésique et ne semble pas ressentir la douleur.

Dans l'accomplissement de son objectif, il va faire une rencontre décisive pour la suite, celle d'une jeune femme étonnante, avec un caractère certain et des capacités aussi surprenantes que notre héros. On s'arrête là pour les détails de l'histoire qui d'apparence s'avère classique. Il ne faut surtout pas juger le travail d'écriture à ce simple résumé, après quelques heures, on découvre un univers captivant et une aventure nettement plus riche que prévue. On prend la mesure du travail réalisé sur chaque personnage en plus d'un rythme et de rebondissements qui donnent à cette nouvelle histoire une valeur certaine jusqu'aux crédits. L'écriture est soignée et mérite clairement le coup d'oeil, une belle surprise. 

Tales of Arise est l'un des meilleurs épisodes de la licence. Cette nouvelle aventure offre une évolution majeure à la série sur de nombreux aspects. Oui, cet épisode parvient à renouveler de belle manière la licence même si l'on ne peut parler d'une vraie révolution. En tout cas les efforts sont nombreux avec un nouveau moteur enfin séduisant, un gameplay solide et riche, un contenu sérieux malgré l'absence de multijoueur ou encore une bande-son agréable. Un vent de fraîcheur prometteur pour les prochains opus.

-----------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------

Graphismes : 17/20
Gameplay : 17/20
Durée de vie : 16/20
Bande-son : 16/20
Scénario : 16/20

-----------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------

Note globale : 17/20

-----------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------

Partager cet article

Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :

Commenter cet article