Jeuxvideo-world

[Test] Crysis Remastered (Switch)

14 Octobre 2021 , Rédigé par jeuxvideo-world Publié dans #Tests Switch

La licence Crysis refait surface dans l'actualité, non pas pour un retour à travers un quatrième opus mais sous la forme d'un remaster. En effet la trilogie s'offre une seconde vie à travers une version remastérisée. Il est question ici de découvrir celui qui possède la plus solide réputation : Crysis. En effet le studio Crytek avait causé une belle surprise avec la sortie de premier épisode en 2007. Une sortie sur PC qui nécessitait une solide configuration mais pour un résultat sublime au point d'être une référence technique pendant un bon moment. Un retour sous le nom de Crysis Remastered sur PC, PlayStation 4, Xbox One mais aussi sur Nintendo Switch un peu à la surprise générale. Son arrivée sur la console hybride de Nintendo est alléchante mais lève aussi quelques doutes sur l'expérience de jeu.  Un portage qui fait honneur à cet épisode mythique ?

Vous l'avez compris en lisant l'introduction, on va s'intéresser ici à la version Nintendo Switch du premier volet de Crysis. Face à un remaster, on s'intéresse surtout sur la qualité du portage et donc la partie visuelle du jeu. On lève rapidement le suspens en indiquant que le portage est vraiment de bonne qualité. Cela ne veut pas dire qu'il est irréprochable (ou comparable aux autres supports) loin de là mais sa prestation sur la Nintendo Switch est vraiment bluffante quand on possède le recul nécessaire des capacités de la console hybride de Nintendo. Un genre pas très représenté d'ailleurs, de quoi lui ouvrir un chemin sans trop de difficulté même si d'autres licences s'en sortent très bien à l'image de la licence Metro. On retrouve le charme de cet épisode avec un terrain de jeu immense et un moteur physique qui permet de profiter de la destruction d'une bonne partie du décor.

Néanmoins il apparaît clairement que ce premier volet a pris un bon coup de vieux au niveau de l'environnement, du level-design mais aussi au niveau de l'éclairage. Le résultat est variable sur cet aspect, on arrive tout de même à profiter de jolis effets de lumière. L'âge du jeu est surtout visible dans l'architecture de certaines zones et de la représentation de certains décors, comme les bâtiments, mais rien de vraiment mauvais. Artistiquement c'est donc toujours agréable même s'il est évident que le temps atténue le charme de l'île surtout si l'on a connu le jeu original avec le contexte de l'époque. Sur le plan technique, il faut bien avouer que là aussi le résultat est vraiment convaincant même si cela implique des compromis et quelques soucis dans la finition. Au niveau de l'affichage, le jeu opte pour un système de résolution dynamique.

En mode TV le jeu alterne avec une résolution allant de 540p à 900p. Pour le mode portable, la plage est différente avec une résolution variable de 400p à 720p. Des chiffres qui ne sont pas spectaculaires mais largement suffisant pour la Nintendo Switch. L'idée de l'ajustement de la résolution est clairement le meilleur choix pour tenter d'offrir la meilleure expérience de jeu selon l'action à l'écran. On précise aussi que la distance d'affichage n'est pas mauvaise non plus. C'est une habitude sur la Nintendo Switch, on aura tendance à avoir une préférence pour la version en mode portable, même s'il y arrive de constater un léger flou par moment, le résultat d'ensemble est plus agréable. Il s'en dégage une finesse suffisante sur l'écran de la Nintendo Switch avec parfois de beaux effets visuels, un spectacle intact même après autant d'années.

Il faut évidemment accepter des textures pas toujours irréprochables même si le traitement HD est très bon à l'image d'une modélisation très propre pour l'ensemble du jeu. Au niveau de la fluidité, il faut logiquement se contenter d'un 30 fps mais plus ou moins stable selon la situation. Il faut s'attendre à de légers ralentissements dès que les explosions deviennent par exemple intenses et impliquent une bonne partie du décor. Si le décor est destructible il faut accepter que ce privilège influence le framerate de temps en temps. Malgré une expérience de jeu vraiment satisfaisante et surprenante pour la Nintendo Switch, on note tout de même la présence de bugs pouvant aller jusqu'au crash de la partie. Les temps de chargements ne sont pas spécialement nombreux mais un peu longs à notre goût entre les missions.

De toute façon, on se doutait bien que le jeu devait trouver un équilibre sur le plan technique et cette démarche est à la fois convaincante et une réussite avec ce premier épisode. Au niveau du gameplay, on retrouve les mêmes sensations de l'époque. C'est nerveux, jouissif, il se dégage une sensation de puissance et de fun dans le contrôle de notre personnage. Cet opus nous plonge dans une fiction où la zone n'est pas un monde ouvert mais plutôt de grandes zones offrant suffisamment de liberté pour refaire la même mission dans une approche complètement différente, la polyvalence est l'une des forces de cet épisode. Les stratégies possibles sont donc nombreuses et dépendent de vos attentes. L'une des particularités de la série qui participe fortement à son identité, c'est évidemment la fameuse nano-combinaison.

Une armure dotée d'une technologie de pointe qui permet d'obtenir des capacités surhumaines. Cette tenue est autant utile dans les phases d'explorations que d'actions. Le joueur va donc organiser le potentiel selon la situation et donc les besoins. Si vous êtes dans une phase d'infiltration, il faut donc rendre votre personnage discret, dans ce cas vous pouvez déclencher le camouflage pour être invisible pendant un court instant tant que votre jauge d'énergie n'est pas vide. Cette dernière se remplit automatiquement et diminue au fil de vos actions. Dans le cas d'une situation explosive où les armes sont utilisées, il faudra plutôt miser sur la résistance de votre armure et donc renforcer votre défense. C'est vraiment intéressant tout au long des missions de pouvoir gérer la consommation de cette énergie selon l'approche désirée.

Maintenant, il n'y a aucune attribution à une séquence, si vous êtes repéré et que les échanges de tirs sont nombreux et violents, vous pouvez aussi de ne pas miser sur la défense et tenter de passer en camouflage pour organiser votre série d'éliminations. En exploration, cette énergie permet d'obtenir des performances physiques impressionnantes avec des déplacements très rapides et des très grands sauts. Même en connaissant le concept, c'est toujours un plaisir de se mettre dans la peau de ce personnage, même après autant d'années. Pour affiner votre observation du terrain et correctement définir votre approche, des jumelles sont de la partie afin d'observer et surtout de marquer les ennemis, un gadget classique mais efficace pour ce type de jeu.

Il est également possible de conduire des véhicules, une conduite pas toujours évidente mais qui vaut le coup d'oeil puisque l'on gère par la même occasion une potentielle tourelle capable de faire des dégâts importants. Cela permet aussi de profiter de déplacements rapides compte tenu de la taille des zones proposées. Cette conduite délicate n'est pas le seul bémol au niveau de la prise en main et de la jouabilité d'une manière plus générale. On pourra constater une sensation de lourdeur dans les déplacements de notre personnage. Là encore, rien de bien méchant mais cela implique un petit temps d'adaptation. Concernant la visée, le jeu offre la possibilité de gérer vos tirs avec la fonction gyroscopique. Une option sympathique même si là aussi, cela demande quelques essais avant de maîtriser ce type de commande.

Un autre aspect du jeu risque également de frustrer les joueurs sur les premières heures, il s'agit bien évidemment de l'intelligence artificielle. Elle n'est pourtant pas mauvaise, bien au contraire, le défaut est plutôt dans l'équilibre et dans la crédibilité du comportement des ennemis. Certaines réactions et situations varient totalement alors qu'on semble dans une configuration identique. Il faut donc s'attendre à une vue incroyable de l'ennemi tandis qu'ils paraîtront presque aveugle dans d'autres séquences. Néanmoins il faut souligner que dans l'ensemble l'IA se montre surprenante dans le bon sens avec une couverture efficace, des choix pertinents, les affrontements sont costauds qu'importe la difficulté sélectionnée. Le seul bémol réside donc vraiment dans la capacité à localiser notre position d'une manière déconcertante alors que l'on affiche une approche prudente et d'un bon niveau de camouflage.

Au niveau du contenu maintenant, on peut évaluer la durée de la campagne principale à 10 heures environ. Un chiffre qui pourra varier dans les deux sens selon votre expérience en matière de FPS, la difficulté et votre éventuelle connaissance de la série. Pour ce type d'expérience solo, c'est un score relativement classique et correct dans sa catégorie. L'occasion de rappeler que cette histoire nous plonge donc dans des zones ouvertes où l'on réalise des objectifs. Le système de quête est basique, normal vu l'âge du jeu, avec un point précis à atteindre et des actions classiques : destruction d'un élément précis, sauvetage d'une personne... Pour l'arsenal, là aussi, c'est basique. Il ne faut pas s'attendre à un catalogue très riche sur cet aspect, le jeu va à l'essentiel mais cela se montre largement suffisant.

On peut tout de même configurer son arme en fonction des envies (lumière, silencieux...). En dehors de cette sympathique campagne, on regrette que cette version Nintendo Switch ne propre rien d'autre. En effet cette version remastérisée va dans un sens plutôt opposé à ce que l'on peut habituellement découvrir. En effet l'un des arguments d'un remaster est souvent de rassembler un contenu solide sans forcément mettre en oeuvre des nouveautés. Dans le cas de Crysis, on perd le mode multijoueur ainsi qu'une mission de pilotage ADAV. Il faudra donc se contenter d'une expérience solo, heureusement la rejouabilité est assez bonne.

Cette version Nintendo Switch est disponible depuis un moment sur l'eShop (23 juillet 2020), mais sa sortie physique ne remonte qu'au 28 septembre 2021. Une sortie en boîte récente donc et surtout très intéressante dans la mesure où le jeu est entièrement présent sur la cartouche. Il n'y a aucun téléchargement supplémentaire à réaliser pour profiter du jeu, une très bonne nouvelle. On précise également que cette version boîte contient en plus de la cartouche une carte collector en guise de bonus. 

Vous vous en doutez sûrement, la bande-son est reconduite et fidèle à ce que l'on pouvait entendre à l'époque. Il n'y a pas de travail particulier ou de nouveauté pour l'occasion. On profite donc toujours d'une très bonne ambiance avec de bons bruitages et surtout d'excellentes musiques. Celles-ci collent parfaitement au style du jeu et participent de belle manière à l'immersion du joueur tout au long de l'histoire, les thèmes musicaux sont vraiment soignés. Du côté des voix, on retrouve toujours un doublage français là encore de très bonne qualité. D'une manière générale, la prestation sonore est vraiment d'un très bon niveau. On termine avec quelques mots au sujet du scénario. Vous vous en doutez, l'histoire est un prétexte pour mettre en scène l'univers du jeu et ses différentes mécaniques.

Le scénario brille plus pour sa mise en scène et son envie d'offrir un spectacle plutôt que par la finesse et la profondeur de son écriture. Le joueur incarne Nomad, un super soldat américain dans une équipe nommée Raptor. Dans un futur proche (du moins à l'époque de la sortie du jeu puisque l'action se déroule en 2020), une mission vous plonge sur une île en mer de Chine. Votre objectif est de récupérer le professeur Rosenthal, un archéologue qui vient de réaliser une incroyable découverte. Malheureusement la mission se complique à cause de plusieurs événements dont l'arrivée de soldats en provenance de Corée du Nord. Ce n'est que le début d'une série de rencontres surprenantes et explosives... Une histoire qui se montre donc simple, efficace sans trop tomber dans les clichés.

Crysis Remastered est un portage convaincant sur la Nintendo Switch. On pouvait craindre le pire avant le coup mais les développeurs réalisent ici un bon travail pour profiter dans de bonnes conditions l'aventure du premier volet de la série. Attention, compte tenu des capacités de la console de Nintendo, il ne faut pas s'attendre à prendre la même claque qu'à l'époque de sa sortie. Malgré un lifting efficace, les années sont passées par là et cela reste visible. On reste toujours face à un excellent FPS mais de 2007, il se montre donc logiquement un peu vieux dans sa conception et sur certains aspects du gameplay. Ceci dit, il se présente comme l'un des meilleurs de sa catégorie sur Nintendo Switch et joue aussi bien son rôle de séance de rattrapage avertie que d'un bon moment de nostalgie.

---------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------

Graphismes : 14/20
Gameplay : 14/20
Durée de vie : 12/20
Bande-son : 15/20
Scénario : 13/20

---------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------

Note globale : 14/20

---------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------

Partager cet article

Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :

Commenter cet article