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[Test] Far Cry 6 (PS5)

10 Octobre 2021 , Rédigé par jeuxvideo-world Publié dans #Tests PS5

Après un Far Cry 5 assez convaincant mais sans grande surprise et un spin-off, Far Cry New Dawn, plutôt moyen, la série est de retour en cette fin d'année 2021. Un nouvel épisode qui s'intitule... Far Cry 6 et dont les joueurs espèrent bien découvrir une révolution de la franchise qui n'évolue pas franchement depuis plusieurs épisodes. Le thème de cette aventure est justement la révolution... Un indice pour confirmer que cet opus change franchement et offre cette fraîcheur espérée par les joueurs ? C'est ce que l'on va donc découvrir dans sa version next-gen (PlayStation 5) en sachant que le jeu est également disponible sur PlayStation 4, Xbox Series, Xbox One et PC. Une nouvelle désillusion ou une vraie révolution ?

Chaque épisode est synonyme d'un voyage et donc d'un nouvel environnement. Avec ce sixième opus, Ubisoft tente de revenir plus ou moins aux sources dans l'esprit avec une aventure qui se déroule sur une île à l'image de l'excellent Far Cry 3. On va donc faire la découverte de l'île de Yara, un endroit qui offre un goût paradisiaque dans les apparences. Entre le style visuel et le thème de l'histoire, on peut logiquement y voir une forme d'inspiration de Cuba, la plus grande île des Antilles. Autant le dire tout de suite, les développeurs nous proposent un terrain de jeu très joli et immense mais avec quelques points négatifs. On peut déjà citer la multitude de points séduisants sur son aspect visuel, les décors sont soignés avec de nombreux détails pour apporter un très bon niveau en matière d'immersion.

La végétation est dense et assez variée dans l'ensemble. Forcément, certaines zones donnent le sentiment de faire face à une sublime carte postale, on a une envie folle de repartir en vacances afin de retrouver la chaleur et le soleil. On note un bon travail sur l'éclairage, les effets de lumière sont nombreux et percutants. On retrouve aussi ce sens de la mise en scène propre à l'éditeur avec une introduction explosive, de nombreux effets visuels (la fumée par exemple), de jolis reflets et un environnement toujours aussi coloré. Comme souvent pour la série, la direction artistique est soignée et affiche une identité forte malgré quelques aspects encore un peu générique à notre goût ou donnant cette impression de déjà-vu dont Ubisoft possède toujours autant de mal à se défaire (un constat valable pour d'autres licences du studio).

En effet il n'est pas rare de se poser la question si certains endroits ne correspondent pas fortement à des lieux visités dans de précédents opus autant sur le plan de l'architecture que de la structure de la zone en question. Ceci dit, cela n'enlève en rien le plaisir de contempler cette île pétillante et surtout vivante avec de nombreuses animations, c'est loin d'être un désert. Le style guérilla urbain contribue également au charisme de cette nouvelle aventure qui profite d'ailleurs d'un cycle jour-nuit qui nous amène forcément à de jolis panoramas. Le seul aspect qui peut éventuellement décevoir certains joueurs, c'est l'absence de folie. En effet les derniers opus affichaient toujours cette ambiance particulière avec un personnage complètement dingue amenant cette folie générale dans l'univers du jeu.

Cette orientation pourtant séduisante n'est pas vraiment de la partie dans ce nouvel épisode qui adopte une orientation un peu plus classique. Cela ne veut pas dire que ce sentiment n'est pas de la partie mais dans un degré bien inférieur aux opus précédents selon nous. Concernant la structure de la carte. Si celle-ci est immense et suffisamment riche en divers éléments au niveau du décor (villes, forêts, plages...) on a encore trop souvent cette impression visuelle d'avoir une répétition des éléments de l'environnement. La ressemblance est trop forte et nous amène à dire que cette île manque d'une vraie identité dès que l'on se penche sur les différentes régions. L'organisation est d'ailleurs classique avec une division de la carte en secteurs qui possèdent un niveau et contrôlés par une personnalité de l'histoire.

Sur le plan technique, ce sixième se montre convaincant dans l'ensemble sans être irréprochable. Première petite précision pour les versions next-gen, le ray-tracing n'est pas de la partie. Néanmoins on peut profiter d'un rendu visuel en 4K avec un framerate à 60 fps globalement stable. On note des efforts sur les textures qui affichent un bon niveau de détail mais aussi une modélisation plus propre au niveau des personnages, des armes et du décor dans son ensemble. Néanmoins le jeu n'est pas une claque avec un moteur graphique qui commence à prendre un peu de l'âge (un constat visible sur le rendu de certains effets visuels). Le clipping est encore un peu trop présent à notre goût, certaines animations semblent datées et on tombe toujours sur de nombreuses collisions hasardeuses.

Certains peuvent faire rire, d'autres beaucoup moins. On revient sur la partie artistique en s'intéressant au travail réalisé sur deux protagonistes très précis, le personnage incarné et le méchant. C'est aussi ce duel qui fait le charme de la franchise même si à chaque fois, il n'y a que le méchant qui bénéficie d'un traitement particulier pour laisser place à un héros trop souvent transparent. Les développeurs ont parfaitement conscience de ce constat et propre cette année une amélioration en tentant de rendre le personnage que l'on incarne beaucoup plus charismatique. Le résultat n'est pas aussi séduisant que prévu mais il est clair qu'un effort est visible et va dans le bon sens. Il y a deux cas qui permettent assez rapidement de comprendre, à quelques rares exceptions, que notre personnage ne sera pas charismatique au sein de l'histoire.

Le premier cas est lorsqu'on a accès à une personnalisation plus ou moins poussée. Si l'outil est apprécié et toujours intéressant, cela influence l'impact du personnage au cours du récit. Le second cas est lorsqu'un jeu offre la possibilité d'incarner un personnage masculin ou féminin comme c'est le cas justement avec Far Cry 6. On a quand même de bonnes idées pour tenter de donner de l'importance et de la valeur à ce personnage. Le personnage est bavard (ce trait fait déjà une grosse différence positive), il affiche un vrai caractère et surtout on peut l'apercevoir lors des cinématiques avec le passage dans une caméra avec une vue à la troisième personne. La tentative est donc une réussite de la part des développeurs mais encore trop modeste à notre goût. Pour preuve, le personnage ne fait pas le poids face au méchant de cette histoire.

Au lieu de puiser dans l'imaginaire des développeurs, quoi de mieux que de prendre un acteur en guise de méchant et pas n'importe lequel : Giancarlo Esposito (Breaking Bad, pour ne citer qu'un exemple). Forcément dans son rôle de dictateur, la prestation est juste excellente. Un personnage captivant du début à la fin avec la mise en scène de son fils qui donne lieu à des séquences vraiment intéressantes. Néanmoins ce rôle de dictateur, sans pitié et très froid dans son attitude, n'apporte pas de surprise particulière et ce fameux grain de folie que détenaient les précédents méchants de la franchise. Le travail réalisé sur ce méchant est très bon mais il est plus simple et classique qu'auparavant. Si le thème de l'histoire est une révolution, il ne faut pas en espérer autant sur les différents aspects, ce qui peut refroidir les joueurs qui attendaient ce sixième volet comme le renouveau de la licence.

Néanmoins cela ne veut pas dire pour autant que ce sixième volet n'est pas capable de proposer une expérience de jeu riche et passionnante. La preuve déjà avec un constat visuel plutôt convaincant malgré quelques défauts. Au niveau du gameplay, le jeu reconduit son approche avec une vue à la première personne. Un jeu de tir classique dans les apparences mais qui affiche tout de même quelques nouveautés, peu nombreuses et pas énormes, mais satisfaisantes. On retrouve déjà une certaine variété au niveau de l'exploration et donc des déplacements variés et dynamiques. On peut grimper sur des parois, réaliser des glissades, la jouabilité est un minimum verticale et nerveuse, pour les affrontements c'est quand même un atout. Pour rendre l'exploration ni trop lourde, ni trop lente, on pourra sur le parachute, le wingsuit mais aussi les véhicules.

Sur le long terme, le voyage rapide sera aussi très apprécié. Ces bonnes sensations, on les trouve aussi à travers l'arsenal. Même si le gameplay n'évolue pas franchement, les gunfights se montrent nerveux et jouissifs avec un arsenal percutant. D'ailleurs la quantité et la qualité ne manquent pas, on retrouve des armes classiques (fusils, fusils de précision, mitraillettes, mitrailleuses, arcs, pistolets) mais aussi des armes plus originales et dévastateurs (lance-disque, pistolet à clous...) bricolées par un personnage de l'histoire. Et surtout on retrouve à travers cette catégorie la petite folie de la série plus en retrait dans cet épisode. Du coup pour réduire ce sentiment, les développeurs mettent une nouveauté qui apporte une touche de délire sous la forme d'une compétence spéciale.

Cette nouveauté se nomme Supremo, un outil qui varie les plaisirs proposant ainsi de lancer des roquettes explosives, délivrer une impulsion IEM, lâcher du gaz empoisonné... C'est fun et simple dans son utilisation. Ce n'est pas une grosse nouveauté mais cet ajout est vraiment tout au long de l'aventure et permet souvent de souffler un peu dans des situations périlleuses. On reste dans le domaine des armes en précisant que la notion de fabrication est importante dans cet épisode. Il est possible de récupérer des ressources afin de construire des éléments pour les armes (munitions spéciales, viseur, silencieux, accessoires...). Une personnalisation intéressante qui permet d'améliorer une arme pour envisager de poursuivre avec elle encore un bout de chemin avant d'envisager une autre arme mais aussi de s'adapter à diverses situations.

Enfin, toujours dans le domaine des armes, ce nouvel épisode offre une autre nouveauté inédite qui apporte une petite approche RPG aux affrontements. Il y a désormais plusieurs types d'ennemis dont l'élimination sera plus simple si l'on exploite la faiblesse de ceux-ci. Pour cela il faudra faire usage du bon type de balle, il en existe plusieurs : perforante, tête creuse, explosives, empoisonnée ou encore inflammables. Cela ne veut pas dire qu'il existe une seule munition efficace mais la vitesse d'élimination sera différente. Dans l'esprit du dernier opus en date (New Dawn), on constate également la présence d'une barre de vie pour chaque ennemi. Cette volonté d'obtenir de la variété tout au long de l'aventure, on la retrouve aussi à travers les approches différentes face à une menace. On retrouve cette liberté dans le déroulement d'une action entre l'infiltration et l'action brutale. Pour la partie discrétion, de nombreux éléments sont de la partie pour nous aider dans cette tâche.

On peut se cacher dans les hautes herbes, marquer les ennemis, réaliser des exécutions en silence avec une machette par exemple... Comme c'était déjà le cas dans le dernier opus, cette approche est bien récompensée en cas de réussite mais sans être une démarche aisée. La capture d'un camp ennemi en mode fantôme est vraiment tentante mais implique une soigneuse préparation pour espérer réussir son approche. Ce n'est pas une nouveauté mais on tient quand même à souligner cette liberté offerte aux joueurs dans différentes situations. Auparavant, on pouvait compter sur des alliées (humains et animaux) tout au long de l'histoire afin d'avoir un atout non-négligeable dès que la situation dégénère. Avec ce sixième volet, ce rôle n'est plus de la partie pour les humains, par contre, les animaux offrent toujours une solide compagnie.

Des "amigos" qui permettent d'avoir un soutien percutant avec des capacités propres et la possibilité de donner des ordres basiques pour organiser une petite forme de stratégie. Le choix est varié, si l'on retrouve un chien dans la liste, on pourra aussi compter sur un coq ou carrément un crocodile. Dommage par contre de ne plus pouvoir recruter des alliées comme compagnon. D'ailleurs on peut faire sur les quelques défauts rencontrés en commençant déjà par l'intelligence artificielle qui une fois encore ne se montre pas vraiment brillante. Si ce problème est malheureusement récurrent dans de nombreuses productions, il est clair que la marge de progression est encore grande pour la série dans ce domaine. Si l'on peut espérer une petite amélioration à travers plusieurs futurs correctifs, en l'état c'est quand même assez frustrant.

Les personnages (alliés ou ennemis) adoptent des comportements étonnants et trop rarement pertinents. Les décisions effectuées sont trop souvent frustrantes au point d'avoir un impact réel sur le challenge du jeu. Les personnages semblent trop souvent aveugles ou d'une lenteur folle en matière de réaction laissant le joueur à prendre l'ascendant sans grande difficulté. Il ne faudra donc pas compter sur le soutien humain pour s'en sortir tandis que les adversaires n'affichent aucune intelligence dans les affrontements, il faut s'attendre à des séquences parfois étranges. Au niveau de la physique, on pourra reprocher au jeu de proposer un gameplay parfois trop rigide et imprécis. Les sauts ne sont pas toujours fluides tandis que la conduite des véhicules donne lieu à quelques séquences pénibles ou frustrantes.

Attention cela ne veut pas dire que la prise en main est compliquée, la conduite reste correcte dans l'ensemble mais il n'est pas rare de constater une conduite parfois un peu pénible. Enfin, là aussi un classique pour la franchise, il arrive de faire face à des bugs de scripts et donc l'impossibilité de poursuivre correctement une mission. Il suffit la plupart du temps de mourir ou de relancer la mission afin de pouvoir régler le problème. Au sujet de cette version PlayStation 5, il convient évidemment de faire une petite parenthèse sur l'exploitation de la DualSense, un rendez-vous désormais incontournable pour les productions sur la nouvelle console de Sony. Ce nouveau Far Cry exploite de belle manière les gâchettes adaptatives et le retour haptique pour renforcer l'immersion et rendre les gunfights encore plus jouissifs. On peut sûrement aller encore plus loin mais les sensations proposées sont déjà très convaincantes.

On passe maintenant au contenu du jeu avec déjà un point sur la durée de vie de l'histoire principale. En ligne droite ou avec quelques activités annexes, il faut compter environ 20h de jeu pour arriver aux crédits. Un temps de jeu très correct en sachant que celui-ci gonfle énormément si l'on cherche absolument à accomplir l'intégralité du jeu. On tient un épisode particulièrement généreux même si l'on va vite découvrir qu'il souffre d'un manque d'originalité et d'une trop grande répétitivité. On note quand même quelques nouveautés qui permettent de faire évoluer l'expérience de jeu dans le bon sens. Un nouveau système de progression est présent, notre personnage progresse donc sous la forme de niveaux en cumulant de l'expérience.

Du coup le découpage de la carte tient compte de ce système de niveaux et affiche le niveau de la zone visitée. Cela permet d'un simple coup d'oeil d'avoir une idée de la difficulté de la zone en question. Il est parfaitement possible d'accéder à une zone en étant dans un niveau inférieur mais on fera logiquement face à du challenge. Autre changement intéressant, l'arbre de compétence disparaît pour l'occasion et laisse place à un système d'équipement. Tout au long du jeu, il faudra récupérer des vêtements afin d'obtenir des capacités passives. Il est question du chapeau, du haut, du pantalon, des chaussures mais aussi des accessoires. Les capacités sont nombreuses et variées : résistance au feu, aux balles, déplacement plus rapide, gain supérieur de ressources...

Le système est intéressant et permet de faire évoluer son style sur le plan visuel tout en obtenant diverses capacités. Si ce changement n'est pas forcément original, cela reste accessible avec une bonne quantité de vêtements importante pour offrir régulièrement une raison de réaliser des changements. On poursuit dans les nouveautés, la preuve que ce Far Cry 6 tente quand même de faire bouger la franchise, avec la mise en place de ressources dans l'optique d'améliorer des structures. Alors ce n'est pas vraiment une fonctionnalité inédite car on pouvait retrouver un concept similaire dans Far Cry New Dawn sauf qu'ici les possibilités sont légèrement plus nombreuses mais sans parvenir à donner un vrai intérêt. Il est donc possible d'améliorer les camps des trois factions en dépensant les diverses ressources récoltées. Les constructions sont nombreuses et assez variés même si certaines affichent un intérêt limité. On regrette également la limite de deux améliorations par camp, un choix qui va desservir cette fonctionnalité.

On pourra donc développer des services parfois utiles comme les repas, l'armurerie, des infos sur les lieux de chasse et de pêche, des casernes... Cette gestion et progression des camps sont intéressantes, mais pour l'heure, le concept est encore trop léger et limité. En parlant de ressources, il faut souligner l'existence de plusieurs monnaies dans le jeu. Un choix discutable qui rend les premières heures de jeu pas toujours évidentes dans la compréhension des possibilités offertes par les différentes monnaies (uranium, moneda, pesos). Au niveau des différentes missions, on retrouve des missions principales et des missions annexes. Les missions principales qui font avancer l'histoire se montrent classiques et répétitives. Les objectifs ne sont pas beaucoup variés et surtout on retrouve un schéma que l'on connaît trop bien dans la progression de l'histoire, c'est dommage.

Ces derniers temps avec Ubisoft, les mondes ouverts sont synonymes d'une grande richesse en matière de ressources et de missions annexes. C'est toujours le cas avec Far Cry 6 qui une nouvelle fois n'est pas original mais propose un contenu solide en matière d'activités secondaires. On pourra se lancer dans la libération de camps, la chasse aux trésors (avec des énigmes à résoudre) mais aussi des courses de voitures, des combats de coqs, la chasse, la pêche ou même des coffres à découvrir pour faire le plein de ressources. On vous laisse le soin de vraiment découvrir les différentes activités, s'il en existe un nombre assez conséquent, on ne peut s'empêcher de trouver à la fois un contenu classique et tout de même répétitif à moyen terme. En tout cas on ne peut pas reprocher à cette île d'être vide, c'est bien loin d'être le cas.

Tout est mis en oeuvre pour récupérer régulièrement des équipements, des armes et des ressources avec un minimum d'effort en matière d'exploration. On fait une petite parenthèse au sujet de deux activités connues, la chasse et la pêche. Une nouvelle fois, ces activités sont amusantes mais simplistes et dont la plus-value n'est pas énorme pour l'aventure. Les commandes n'ont d'ailleurs pas fait l'objet de modification. Si le recrutement d'un allié se limite aux animaux, on peut tout de même compter sur des alliés humains pour obtenir des récompenses sans forcer. Le jeu propose des opérations spéciales où l'on assigne un personnage à une mission. Il faudra ensuite se montrer patient et faire de choix pour augmenter ses chances de réussir la mission et obtenir des récompenses. Finalement le contenu qui se montre un peu plus original et qui offre une rejouabilité intéressante à ce nouvel opus, c'est le mode Insurrection que l'on débloque à la fin du jeu.

Le principe est simple, chaque semaine, les ennemis récupèrent une partie précise de l'île. Il faut donc de nouveau procéder à une libération de cette zone avec à la clé différents objectifs. L'idée n'est pas mauvaise mais elle pourra diviser les joueurs notamment ceux qui apprécient d'avoir une carte de jeu totalement sous contrôle et donc libre de toute menace afin de découvrir tranquillement les nombreux secrets de l'île. Enfin on termine par deux précisions supplémentaires au sujet du contenu. La première est l'existence, sans surprise, d'un mode photo. Un gadget dont l'intérêt varie d'un joueur à un autre mais qui a le mérite d'être complet avec de nombreuses possibilités pour tenter de réussir de nombreuses cartes postales.

Enfin si le jeu est parfaitement jouable en solo, Ubisoft n'oublie pas de proposer une expérience multijoueur. Cette dernière est très satisfaisante dans la mesure où il ne s'agit pas d'un mode de jeu séparé, il est simplement possible de réaliser l'intégralité du jeu en coopération à deux joueurs en ligne. Le système est plus souple et mieux pensé que dans Far Cry 5, on peut vraiment faire l'intégralité du contenu à deux peu importe si vous évoluez ou non à la même vitesse lorsque vous jouez des sessions en solo. Ubisoft promet évidemment un suivi sérieux et régulier avec du contenu à venir dès cette fin d'année. On précise également l'existence d'un season pass disponible à l'achat (ou inclus dans l'édition ultimate).

Du côté de l'ambiance sonore, les développeurs réalisent un travail très satisfaisant. On peut déjà souligner la qualité des bruitages qui participe aux bonnes sensations des gunfights. Même lors de l'exploration, la traversée dans ces magnifiques décors offrent de nombreux bruitages réalistes visant à renforcer l'immersion du joueur au coeur de l'île. Il s'en dégage une meilleure finesse que dans les épisodes précédents pour rendre l'ensemble plus réaliste. Cette belle impression, on l'a retrouve également au niveau de la bande-son.

Un bel effort dans les différentes compositions musicales qui participent parfois de très belle manière à certaines séquences. On note forcément le petit grain hispanique dans les musiques confirmant cette inspiration avec l'île de Cuba. En tout cas les musiques proposées sont variées et totalement cohérentes avec l'univers du jeu. Enfin, il ne faut pas non plus oublier de parler du doublage français. On va dire que globalement la prestation est plutôt convaincante même si certains personnages s'en sortent nettement mieux que d'autres.

Si l'on peut évidemment concevoir que les personnages principaux profitent d'un soin plus important, on est toujours un peu frustré de certains choix pour les personnages secondaires avec des voix qui ne collent pas vraiment, difficile par la suite pour le joueur d'accrocher au personnage en question. Heureusement ce constat, par ailleurs subjectif, n'est valable que pour quelques personnages. On peut donc dire que la bande-son de ce nouvel opus offre une prestation légèrement meilleure que dans les opus précédents mais sans être totalement séduisante. Là encore les progrès sont visibles mais légers.

On termine en abordant l'histoire proposée dans ce sixième volet. Pas d'inquiétude, il s'agit d'une présentation, on va se contenter de quelques données et sentiments sur cette nouvelle proposition d'Ubisoft sans rentrer dans les détails. On l'a dit, l'action se déroule sur l'île de Yara. Un endroit qui ne manque pas de charme mais qui subit surtout un régime totalitaire. En effet une dictature est en place et elle est menée par Anton Castillo. C'est donc le méchant incontournable de cet opus, un homme sans pitié et charisme. En effet celui-ci est incarné par l'acteur Giancarlo Esposito (Breaking Bad). On obtient ainsi un méchant convaincant et captivant avec une superbe performance de l'acteur.

Le style proposé et son histoire offre une orientation plus crédible et réaliste par rapport aux précédents méchants qui affichaient une folie plus importante mais également plus fantastique. Cette nouvelle orientation est donc intéressante avec un goût de révolution qui  permet d'obtenir une île vivante avec des sujets abordés intéressants et parfois même osés de la part du studio, sur ce point c'est vraiment très intéressant. Malheureusement en dehors de ce méchant qui centralise toute l'attention (on peut éventuellement ajouter son fils), les autres personnages du casting sont fades et tombent dans le cliché (à quelques exceptions). Un constat valable autant pour ses sbires que pour nos alliés.

Le personnage que l'on incarne, Dani Joas (homme ou femme, au choix) s'en sort heureusement pas trop mal, surtout par comparaison aux précédents héros de la licence. Mais en dehors de notre personnage et du méchant principal, le reste souffre d'un réel manque d'inspiration et de charisme, c'est dommage. Autrement pour revenir sur l'histoire, on retrouve les codes d'une dictature, d'une révolution mais aussi des différentes formes de trafics. Le déroulement de l'histoire est encore trop prévisible et générique malgré quelques séquences surprenantes à la fois violentes et explosives. Le scénario proposé n'est donc pas désagréable mais le travail d'écriture reste trop proche de ce que l'on connaît déjà de la franchise.

Far Cry 6 est une nouvelle aventure sympathique mais qui n'incarne pas la révolution de la franchise. On pouvait espérer un vrai vent de fraîcheur avec ce nouvel opus, malheureusement il faudra encore patienter avant de découvrir un épisode radicalement différent. Néanmoins, le voyage proposé est intéressant avec tout de même quelques nouveautés convaincantes au niveau du gameplay mais aussi du contenu. Cet épisode offre donc une évolution en douceur de la licence en reconduisant aussi quelques défauts que les fans commencent à bien connaître.

Cette version PlayStation 5 propose un joli rendu visuel malgré un moteur qui commence à prendre de l'âge. La finition est assez bonne malgré un lot de bugs classiques à son lancement pour ce genre de monde ouvert. Vous l'aurez compris, on retrouve la formule de la franchise avec quelques bonnes modifications pour un résultat pas forcément original mais toujours aussi efficace.

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Graphismes : 17/20
Gameplay : 16/20
Durée de vie : 17/20
Bande-son : 16/20
Scénario : 15/20

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Note globale : 16/20

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