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[Test] Fast & Furious Spy Racers : L'ascension de SH1FT3R (Switch)

25 Novembre 2021 , Rédigé par jeuxvideo-world Publié dans #Tests Switch

La franchise Fast & Furious s'offre une nouvelle adaptation en jeu vidéo. Malheureusement si les tentatives s'enchaînent, elles ne sont jamais marquantes. On pourrait pourtant penser à un travail proche de ce que l'on peut découvrir dans les épisodes de la série Need For Speed mais ce n'est pas du tout le cas. Pour preuve, les dernier opus étaient très décevants avec Fast & Furious Showdown (2013) et très récemment Fast & Furious Crossroads (2020).

Développé par 3D Clouds et édité par Outright Games, cette nouvelle tentative s'intitule Fast & Furious Spy Racers : L'ascension de SH1FT3R. Le jeu est disponible sur PlayStation 4, Xbox One, Nintendo Switch (version testée ici) et PC depuis le 5 novembre dernier. Un jeu de course qui vaut enfin le détour dans l'univers Fast & Furious ?

Avant d'aborder la réalisation du jeu, on va d'abord rappeler l'orientation de ce nouveau jeu. En effet contrairement aux précédents épisodes, ce nouvel opus s'inspire de la série d’animation Fast & Furious : Les espions dans la course. Elle est diffusée sur Netflix depuis décembre 2019, à ce jour il existe 5 saisons pour un total de 40 épisodes. Pour le coup, on considère que cette orientation est certainement la meilleure idée. Par contre, il faut bien comprendre que cette démarche cherche à viser un public précis et différent des précédentes productions. En effet, ce nouvel opus, de par son inspiration, donne l'impression d'avoir pour mission de convaincre un public jeune qui ne connaît pas forcément les films et qui au mieux connaît la série d'animation.

On pourrait même développer la cible en disant que le jeu tente de séduire un public à la recherche d'un jeu de course sans avoir trop d'exigence. Ceci dit cela n'excuse pas les défauts du jeu mais au moins de comprendre certains choix. C'est d'ailleurs pour cette raison que l'on s'intéresse à cet épisode sur Nintendo Switch, la console la plus pertinente selon nous pour ce style de jeu et le public visé. Cette fois-ci on attaque et on commence par l'aspect visuel. Une direction artistique décevante, fade qui tente de se rapprocher du visuel de la série Netflix. Pourtant, le jeu pouvait prétendre à offrir un dessin animé avec l'utilisation du cel-shading en tant que vrai choix artistique.

Malheureusement ce n'est pas le cas, le rendu n'est clairement pas renversant. Il y a la volonté de mettre en scène des environnements variés dans des niveaux dont la construction n'est pas inspiré et surtout vide. On va donc pouvoir voyager à Los Angeles, Rio de Janeiro, le Pacifique Sud ou encore le désert du Sahara par exemple. Ces destinations contiennent ensuite plusieurs décors différents : circuit urbain, quai, port... C'est un peu cliché, malgré la bonne intention de nous plonger dans des niveaux différents. Le soin est vraiment limité pour ne pas dire absent sur les décors qui n'offrent quasiment aucune animation. La conception des niveaux est également très simpliste avec des raccourcis sans saveur, on peut difficilement faire plus classique.

Les personnages et les véhicules s'en sortent un peu mieux sur le rendu final mais cela reste léger et sans finesse. Vous vous en doutez, le jeu est techniquement très moyen. Nous n'avons pas rencontré de bugs majeurs, ni même de gros ralentissements mais cela n'empêche que la finition n'est pas à la hauteur. Les textures sont vilaines, parfois grossières tandis que la modélisation est très largement perfectible. Les véhicules semblent un peu plus soignés que les environnements mais cela reste moyen. le clipping ainsi que les collisions hasardeuses sont au rendez-vous, la physique est d'une autre époque. On souligne également la présence de temps de chargement un peu longs. Alors oui le jeu se montre assez proche de la série d'animation dans le style mais cela n'enlève en rien les lacunes artistiques et techniques.

Dès les premières minutes, dès la première course, le jeu ne parvient pas à séduire. Pourtant sur le papier, les idées sont intéressantes mais la réalisation ne suit pas. Au niveau de l'interface, le jeu nous propose une organisation assez classique mais agréable avec la mini carte en haut à droite de l'écran, le classement sur la gauche et le compteur avec la jauge des capacités dans l'angle en bas à gauche. Il faut d'ailleurs préciser la catégorie du jeu, s'il s'agit donc d'un jeu de course, celui-ci tente plus précisément sa chance dans l'univers des jeux de type Mario Kart. D'ailleurs son approche laisse même penser qu'en plus de la référence Mario Kart, Splatoon n'est pas très loin. Un choix qui risque potentiellement de frustrer une partie des joueurs en quête d'une action plus réaliste. En effet chaque voiture possède des capacités spéciales.

On pourra donc déployer des gadgets offensifs ou défensifs à l'image d'un Mario Kart. Parmi la liste des gadgets, il y a les tirs de paintball, oui vous ne rêvez pas, en pleine partie vous risquez d'avoir plusieurs coups de peinture sur le centre de l'écran. Un choix qui va forcément diviser les joueurs, ceux qui cherchaient des explosions seront déçus mais les plus jeunes joueurs seront peut-être séduits par ce choix. Autrement on retrouve des gadgets classiques pour le genre comme le boost, le bouclier... Rien d'innovant mais le jeu possède le mérite d'offrir une prise en main simple et rapide, le jeune public sera sensible à cette facilité dès les premières courses. Pour profiter au plus vite des différents gadgets, il faut augmenter une jauge qui libère l'accès à ceux-ci. Il existe plusieurs façons de remplir la jauge, le drift est fortement recommandé. 

Il est très facile de réaliser des dérapages, la conduite arcade permet d'enchaîner sans difficulté les virages en drift en sachant que les sauts offrent également un boost de la jauge. En dehors de l'augmentation de la jauge, le drift est d'abord un choix idéal pour prendre rapidement les virages car il ne faut pas l'oublier, l'objectif est de terminer premier. Justement lorsqu'on parle d'être le plus rapide, on en vient à évoquer les faibles sensations offertes par le jeu. Si son style arcade n'est pas un mauvais choix et pas surprenant pour ce style de jeu, l'impression de vitesse est mauvaise. C'est très lent, la sensation de vitesse est quasiment absente qu'importe l'accélération réalisée, l'usage du boost n'améliore pas ce mauvais sentiment. Alors on peut toujours revenir sur l'argument du public visé, mais cela n'empêche que l'équilibre offert n'est pas le bon.

Sans forcément rendre la conduite compliquée, on peut être en droit de vouloir une impression de vitesse plus importante dès que l'on se trouve dans de grandes lignes droites ou que l'on réalise de rapides accélérations. Le boost devrait également offrir une différence plus marquante. La conduite risque donc de paraître ennuyeuse pour une grande majorité des joueurs. Ce réglage sur la vitesse ne met pas en valeur la différence des statistiques des véhicules. Il existe d'ailleurs quatre jauges : accélération, vitesse max, dérapage, maniabilité. Au niveau du contenu, dès le premier coup d'oeil cela semble assez limité même si le jeu réalise quelques efforts pour offrir un intérêt à rejouer en plus d'une bonne variété.

A la lecture du menu principal, on distingue trois modes de jeu : tournoi des espions, course rapide, multijoueur. A cela s'ajoute une section didacticiel, boutique et badges. Le mode principal de cet épisode qui correspond à un mode histoire est donc le mode tournoi des espions. Un voyage à travers le globe où l'on va devoir remporter des courses. Ce mode s'organise sous la forme de 5 missions principales qui comprennent, à une exception près, 4 courses à chaque fois. Chaque course se déroule en 3 tours. Au total ce mode propose 17 courses différentes en sachant qu'il existe trois niveaux de difficulté : espion débutant, espion confirmé, espion professionnel. En matière de durée de vie, on peut donc dire que ce mode ne propose pas une longue expérience, ça manque cruellement de courses, de variantes, de vrais tournois...

On souligne tout de même l'excellente idée de pouvoir jouer entièrement en coopération dans ce mode. Une fois le mode histoire terminé, on peut se lancer dans le mode course rapide. Rien de bien original si ce n'est avoir accès aux 17 courses du jeu. Par contre, celles-ci se débloquent uniquement après avoir terminé le mode tournoi des espions. Autrement dès que l'on souhaite faire une course, on possède la main sur quelques paramètres comme le nombre d'adversaires (de 1 à 7) ou le nombre de tours (de 1 à 5). Enfin le mode multijoueur propose, sur cette version Nintendo Switch, d'affronter jusqu'à 4 joueurs en ligne.

Il est également possible de jouer en local à 2 en écran splitté. Concernant la progression du jeu, elle est assez bonne et passe par la case boutique, un distributeur pour être précis, dès que vous cumulez assez d'argent. La monnaie du jeu se nomme Yoka et permet d'acheter des voitures, des skins... On précise d'ailleurs que le jeu propose 13 véhicules différents. Chaque voiture est associée à un pilote en référence à la série d'animation comme Tony Toretto, Layla, Echo ou encore Cisco par exemple.

Du côté de l'ambiance sonore, ce n'est pas la folie sans être totalement catastrophique heureusement. Les différentes musiques qui accompagnent le joueur ne sont pas désagréables. On apprécie également la présence de voix françaises pour l'occasion. Pour un tel jeu dont on se doute que les moyens étaient limités, il s'agit là d'un bel effort. Le seul bémol sur l'environnement sonore du jeu concerne les bruitages. Si l'on pouvait se douter que le réalisme serait très limité dans ce registre, les bruitages proposés sont lourds et pénibles.

Les accélérations et d'une manière plus générale les différents bruits de moteur ne sont clairement pas convaincants. Les chocs avec les adversaires, le décor ou encore les dérapages peinent également à convaincre dans la restitution sonore. Alors il ne faut pas oublier que l'on se trouve face à un jeu arcade destiné d'abord à un jeune public mais cela n'empêche que le résultat se montre décevant. Enfin on termine par évoquer le scénario proposé par cette nouvelle tentative dans l'univers Fast & Furious. On se répète mais pour le coup, cette nouvelle orientation est certainement le meilleur choix.

Au lieu de tenter une adaptation des films, les développeurs proposent une expérience de jeu qui s'inspire de la série d’animation Fast & Furious : Les espions dans la course. Une série animée disponible sur Netflix et qui vise d'abord un jeune public. L'histoire n'est pas spécialement originale mais elle met en scène des protagonistes assez surprenants lors du premier visionnage. En effet il est question de mettre en scène le Quartier Générale de Tony Torreto et sa bande. Tony Torreto ? Oui il ne s'agit pas d'une erreur, la série nous plonge dans les aventures du.... jeune cousin de Dominic Toretto, l'un des personnages principaux des différents films.

Tony va faire l'objet d'un recrutement avec ses amis pour accomplir une mission : infiltrer un réseau criminel de courses clandestines. Une organisation qui s'intitule SH1FT3R, d'où le titre du jeu. Le fond de l'histoire est relativement proche du travail d'écriture de certains films. L'histoire n'est qu'un prétexte, le but étant de mettre en scène une mission et des courses de bolides dans différents lieux du globe. Une histoire basique mais suffisante pour le public visé, pour les autres joueurs, le travail d'écriture pourra paraître classique, prévisible et donc anecdotique.

Fast & Furious Spy Racers : L'ascension de SH1FT3R est un jeu de course classique qui peine à convaincre malgré quelques efforts. Une prestation limitée autant sur le plan visuel que sur la jouabilité. Si l'orientation arcade était prévisible, cela n'empêche que le jeu écarte la moindre sensation. On se retrouve avec une conduite fade, peu nerveuse et donc peu addictive. Visuellement pas très joli et pas très inspiré, on tient là un jeu de course qui veut affronter Mario Kart mais sans jamais parvenir à séduire. Il y a quelques intentions qui peuvent plaire à un public très jeune mais ces petits efforts ne suffisent pas à compenser une expérience de jeu globalement très moyenne. En dehors d'un fan absolu de la série d'animation et qui ne possède aucune exigence, aucune attente, ce nouveau jeu Fast & Furious est difficile à conseiller.

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Graphismes : 10/20
Gameplay : 10/20 
Durée de vie : 12/20
Bande-son : 12/20

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Note globale : 10/20

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