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[Test] Chorus (PS5)

14 Décembre 2021 , Rédigé par jeuxvideo-world Publié dans #Tests PS5

Au rayon jeux vidéo, les sorties du mois de décembre sont rarement nombreuses. Néanmoins sur les deux premières semaines du dernier mois de l'année, on trouve toujours quelques titres mais rarement des hits... Sauf peut-être cette année avec la sortie du jeu Chorus. Un titre qui fait parler de lui depuis 2020 à travers diverses présentations et qui déjà, dégageait de belles promesses. Pourtant sur le papier, on peut craindre le pire étant donné qu'il s'agit du premier gros projet des développeurs du studio Deep Silver Fishlabs.

Un studio allemand que l'on connaît surtout pour des jeux mobiles, en particulier la licence Galaxy on Fire, ou encore des portages (Saints Rows The Third et Saints Rows IV Re-Elected) sur Nintendo Switch. Mais là on parle bel et bien de Chorus, une production inédite dans un contexte futuriste et spatiale particulièrement intrigant. Une nouvelle licence disponible sur de nombreux supports : PlayStation 5 (version testée ici), PlayStation 4, Xbox One, Xbox Series, PC. La bonne surprise de la fin d'année ?

On aura l'occasion de revenir un peu plus en détail sur le scénario, mais on va tout de même évoquer dans un premier temps le contexte de cette nouvelle licence. Le jeu nous met dans la peau d'une pilote nommée Nara. Celle-ci est membre d'un culte étrange qui s'intitule le Cercle avec à sa tête un certain Grand Prophète aussi obscur que ce culte. Nara est une pilote reconnue, talentueuse jusqu'au jour où l'une des missions de ce culte l'amène à la destruction d'une planète entière qui s'opposait à ce fameux culte. Un tournant dans la vie de Nara qui décide de se détacher de cette doctrine. Elle veut se racheter en réalisant désormais de bonnes actions tout en cherchant à se venger du Grand Prophète.

Une quête qu'elle mène avec son vaisseau spécial dont elle possède un lien fort, un chasseur stellaire nommé Forsaken qui a la particularité de posséder une conscience. Le ton est donné et naturellement on pourra constater des petites références et similitudes avec d'autres productions du même style issues autant du jeu vidéo que du cinéma. Après cette petite introduction, on va d'abord s'intéresser à la partie visuelle de cette nouvelle licence. L'aventure s'articule autour de systèmes connectés semi-ouvert. Il ne s'agit donc pas d'un monde ouvert mais de plusieurs zones ouvertes dont le passage de l'une à l'autre se réalise à partir de portes. 

Artistiquement parlant, Chorus est une immense réussite à la fois soignée et inspirée. On pourra trouver des références de la science-fiction mais toujours dans une démarche d'un clin d'oeil amusant. Un équilibre idéal pour profiter d'une expérience visuelle absolument sublime où chaque système affiche un style différent dans sa structure, la couleur et l'ambiance qu'il dégage. Le soleil intervient aussi comme un élément indispensable pour renforcer cette beauté générale. La lumière occupe une place importante et de belles manières. Forcément avec autant de soin, la mise en scène est d'une efficacité redoutable avec à la clé de jolis panoramas. Attendez-vous donc à un voyage original, pétillant et varié.

Malgré le contexte et l'ambiance spatiale, les décors sont variés. On pourra tomber par exemple sur une tonne d'astéroïdes, divers décombres d'engins, des structures (temples, cités) aux styles surprenants parfois par la conception (labyrinthe) ou dans l'approche visuelle (néons). Un voyage visuelle marquant et séduisant qui renforce forcément l'immersion du joueur dans cette histoire. On souligne également une variété suffisante en matière d'ennemis, même si ce n'est pas la force première du jeu, on est loin de faire face à des clones sans saveur en matière d'adversaires. Concernant la partie level-design, le constat est également positif avec de bonnes idées malgré quelques rares passages délicats offrant une marge de manoeuvre peut-être trop restreinte. Sur le plan technique, le jeu se montre à la hauteur avec une très bonne finition.

On n'est pas non plus face à une claque graphique mais la performance réalisée est vraiment très bonne. D'ailleurs comme la plupart des jeux désormais sur cette génération, vous avez le choix entre deux modes d'affichage : résolution et performance. Le travail sur l'éclairage est très bon, les textures sont convaincantes et la modélisation d'ensemble (vaisseaux et décors) est très propre. Le jeu se montre fluide même quand l'action est au rendez-vous, il faut s'attendre à de nombreuses explosions en plus de jolis effets de vitesse et ceci sans le moindre ralentissement. On a simplement constaté quelques bugs avec un peu de clipping mais rien de dramatique. On ajoute également que si les temps de chargement sont présents, ils sont peu nombreux et surtout très courts. Le seul aspect moins séduisant concerne le travail réalisé sur Nara.

En effet si le vaisseau fait clairement l'objet d'un soin particulier qui fait plaisir à voir, le travail sur le visage de Nara, en matière d'animations par exemple, est moins convaincant que le reste du jeu. Un shooter spatial narratif mais surtout jouissif avec une prise en main efficace. Les développeurs mettent tout en oeuvre, et de belle manière, pour rendre le jeu agréable à prendre en main tout en proposant de la profondeur et un travail d'écriture. N'allez surtout pas croire que l'on est face à un shooter à l'ancienne où l'on explose des astéroïdes et quelques vaisseaux ennemis. On est bel et bien face à une belle histoire et donc un pilotage beaucoup plus fin et complexe. Première précision importante, le jeu adopte logiquement une vue à la troisième personne, un choix évident pour ce style de jeu.

L'orientation du jeu est clairement arcade avec une nervosité permanente, une belle sensation de vitesse et une puissance qui donne les frissons. Ceci dit, le pilotage implique un minimum de justesse, le level-design est là pour rappeler qu'il ne s'agit pas de foncer ou de réaliser des grands écarts en matière de direction, il faut un peu de finesse tout en faisant face aux obstacles qui attendent notre héroïne. Avant de se pencher un peu plus en détail sur le potentiel du vaisseau, on fait un point sur les commandes pour confirmer la facilité d'accès du jeu. Le pilotage est réalisé grâce aux joysticks de la manette. L'un gère la vitesse tandis que le second se charge de la direction du vaisseau. Une gâchette est utilisée pour exploiter un boost tandis que l'autre se charge d'exploiter l'aspect offensif du vaisseau avec l'utilisation des armes à disposition.

Enfin, les flèches directionnelles jouent le rôle d'un accès rapide pour soigner son vaisseau ou gérer l'arme en cours d'utilisation. Au niveau de la vitesse, il y a donc une gestion de la puissance initiale du vaisseau mais aussi l'utilisation d'un boost. On peut même aller plus loin en déployant une vitesse encore plus extrême que le boost. Par rapport maintenant à la santé du vaisseau, il y a l'état de la coque mais aussi la présence d'un bouclier. Ce dernier fait l'objet d'une régénération automatique au bout d'un certain laps de temps sans subir de dégâts. Si vous ne pouvez pas attendre, vous pouvez réparer votre vaisseau en faisant usage de la fonction de récupération de santé à partir de l'une des flèches directionnelles.

Aussi, il ne faut pas non plus oublier que les ennemis abattus laissent de la santé sous forme de boule lumineuse. Pour l'armement le fait le choix d'un switch entre trois armes : gatling, laser et missile. Il faut donc régulièrement basculer l'arme pour se montrer le plus pertinent face à l'adversaire. Par exemple si vous faites face à une menace avec des boucliers, le laser s'impose comme le meilleur choix. Dans le cas d'un adversaire avec un blindage lourd, il faut rapidement basculer sur les missiles pour détruire ce blindage. Enfin pour réaliser des dégâts sans prise de tête sur une coque sans protection particulière ou simplement sur des petits ennemis, la gatling se présente comme un bon choix. Le choix de mettre en place trois styles d'armes sur le vaisseau de manière non permanente est intéressant.

Dans un premier temps on peut trouver ça un peu lourd de devoir à chaque fois réaliser une sélection de l'arme plutôt que d'avoir une commande pour une arme principale et une commande pour une ou plusieurs armes secondaires. Néanmoins après quelques missions et affrontements, on prend rapidement le rythme de sélectionner l'arme désirée, le changement est simple et rapide. L'utilisation du vaisseau est jusqu'ici assez classique. L'aspect fiction intervient dès que l'on aborde le sujet des rites, les fameux pouvoirs magiques du vaisseau. Ces capacités spéciales impliquent l'utilisation d'une barre dédiée. Chaque utilisation d'un rite fait diminuer cette fameuse barre, un fonctionnement similaire à ce que l'on peut trouver dans d'autres jeux exploitant une barre de magie. Au niveau des rites, si on vous laisse la surprise de certains, on peut citer quelques exemples pour donner une idée. 

On pourra ainsi faire usage d'un rite qui permet de scanner les environs afin de collecter des données précises sur les ennemis (traces) et les lieux d'intérêts. Un autre rite permet de se téléporter dans une position idéale pour abattre plus facilement un ennemi. Il existe aussi un rite qui perturbe les différentes énergies (armes, boucliers) ou encore un rite qui augmente votre potentiel de mouvements, des manoeuvres brutales tout en conservant une grande vitesse. Il ne faut clairement pas se priver, l'utilisation des rites est indispensable pour se faciliter les missions. En parlant de difficulté, le jeu en propose quatre : facile intermédiaire, difficile et extrême. Un découpage propre qui permet de séduire un large public.

Qu'importe votre choix, l'équilibre est bon et on peut ressentir du challenge grâce à une IA intéressante qui peut surprendre. Les joueurs qui recherchent du challenge peuvent également lancer une partie avec l'option mort permanente. Mais méfiance car la moindre erreur est synonyme de retour à la case départ, un choix éventuellement valable sur un second passage de l'histoire en sachant que le jeu propose quelques affrontements de boss. Autre précision sur l'aventure, celle-ci vous amène à faire quelques choix mais comme dans la plupart des jeux, ceux-ci ne possèdent quasiment pas d'impact jusqu'à la fin de l'histoire. Une démarche intéressante mais trop souvent anecdotique dans les dernières productions. Compte tenu que l'on se trouve face à la version PlayStation 5, il convient de faire un point sur les fonctionnalités de la DualSense.

Et là, grosse déception, le jeu n'exploite quasiment pas la manette de Sony. C'est décevant car l'univers du jeu est totalement propice à une belle exploitation de la manette et donc de belles sensations pour renforcer l'immersion du jeu et le pilotage. Malheureusement, elle se contente de vibrations tout en laissant de côté les autres fonctionnalités, c'est vraiment dommage. En dehors de cette sous-exploitation frustrante, le jeu se montre passionnant et pendant une bonne durée. Pour terminer les missions principales, on précise au passage que les objectifs de mission sont assez variés, il faut compter entre 10 et 15 heures mais si cherchez à réaliser les quêtes annexes et profiter de l'intégralité du contenu, on peut estimer la durée de vie à 20 heures environ. Une estimation qui varie également en fonction de la difficulté sélectionnée.

Si les missions principales sont intéressantes et variées, le contenu annexe est également soigné. Cela permet d'approfondir l'univers du jeu à travers de petites explications grâce à un travail d'écriture sur certaines quêtes secondaires. Cela permet également d'obtenir divers bonus, à l'image des défis proposés. Les objectifs restent classiques, si l'on trouve évidemment des courses et des poursuites, on pourra aussi tomber sur des missions de protection et de livraison. Le jeu offre un sentiment de progression et de personnalisation. Le jeu adopte une monnaie, un hangar mais aussi des statistiques, une preuve supplémentaire de la profondeur du jeu. Lors de chaque fin de mission, chaque tâche mais aussi en explorant les zones, on pourra obtenir des crédits, une monnaie indispensable pour faire évoluer son vaisseau.

On pourra renforcer sa coque, son bouclier ou encore obtenir de nouvelles armes. On peut même procéder à une amélioration des armes grâce à la mise en place de mods, il existe trois emplacements pour trois catégories de mods. C'est classique mais cela permet d'optimiser encore plus la défense et les armes au niveau des dégâts ou de la cadence par exemple. Même les rites font l'objet d'une amélioration à partir de fragments obtenus en plus du niveau de maîtrise. Enfin concernant le contenu, on peut noter la présence du traditionnel mode photo. Un outil pertinent dans le cas présent compte tenu de la beauté générale du jeu et de l'univers proposé.

Décidément, le jeu ne cesse de surprendre et c'est une nouvelle fois le cas lorsqu'on aborde le sujet de l'ambiance sonore. En effet la bande-son se présente, elle aussi, comme une belle surprise à sa découverte. Les différentes compositions s'accordent à merveille avec l'univers du jeu, c'est épique et très juste avec le contexte. Les différents bruitages se montrent aussi convaincants et les doublages sont de qualités, la prestation sonore est vraiment très bonne. Avant le coup, on espérait surtout de belles musiques, le jeu se montre encore plus généreux sans faute de goût, c'est vraiment très propre.

Comme c'est le cas la plupart du temps, on va rester très prudent au sujet du scénario. Il faut s'attendre à un vrai travail d'écriture, les dialogues sont nombreux, l'univers est soigné. Ce n'est pas simplement un prétexte pour mettre en scène un pilote et un vaisseau intelligent, l'histoire va plus loin et aborde différents thèmes d'une manière intéressante. Un passé douloureux, une révolte, une relation spéciale, on est loin d'une simple conquête galactique ou d'une chasse aux primes. L'histoire possède son lot de surprises, de rebondissements avec une conclusion maîtrisée. Si l'on pouvait craindre une certaine négligence dans l'écriture, l'aventure nous rassure très rapidement. Certains pourront tout de même estimer que l'on reste face à une histoire encore un peu trop classique mais on en dégage des qualités évidentes.

Chorus est donc bel et bien une agréable surprise en cette fin d'année 2021. Un cadre spatial autant joli que jouissif avec en fond une bande-son qui enfonce le clou. Les développeurs signent ici une expérience de jeu complète et agréable. Si elle peut ne pas se montrer d'une grande originalité aux yeux de certains joueurs, on ne peut nier les nombreuses qualités qui rendent l'aventure captivante. La concurrence est loin d'être rude, le jeu s'impose donc facilement comme l'une des références du moment dans sa catégorie. Dommage que cette version PlayStation 5 ne pousse pas à fond l'exploitation de la DualSense. Si le jeu souffre également de quelques défauts et imperfections, on tient ici un shooter spatial solide, pas révolutionnaire mais vraiment fun.

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Graphismes : 16/20
Gameplay : 16/20
Durée de vie : 15/20
Bande-son : 16/20
Scénario : 14/20

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Note globale : 16/20

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