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[Test] Stranger of Paradise : Final Fantasy Origin (PS5)

18 Mars 2022 , Rédigé par jeuxvideo-world Publié dans #Tests PS5

Tandis que les amateurs de Souls-like ne manquent pas le rendez-vous avec Elden Ring depuis février dernier, voilà qu'un autre jeu du même pointe le bout de son nez en ce mois de mars. Pour la première l'univers Final Fantasy tente sa chance dans l'univers action-RPG à gros challenge avec le jeu Stranger of Paradise : Final Fantasy Origin. Un projet mené par le studio Team Ninja que l'on connaît pour la série Ninja Gaiden, Dead or Alive mais surtout pour l'excellente série Nioh, un souls-like dans un univers fantastique japonais. Sur le papier, Stranger of Paradise : Final Fantasy Origin peut causer une belle surprise sans forcément vaincre le maître du genre. Un bon spin-off de la licence de Square Enix ?

La série Nioh n'était pas un foudre de guerre sur le plan visuel, en particulier sur la partie technique. Visiblement, le studio Team Ninja poursuit cette démarche en ne misant pas sur la partie graphique, la preuve avec cette nouvelle production. Mais on ne juge pas que sur son esthétique d'autant que derrière les soucis et défauts se cachent quelques petites inspirations qui feront plaisir aux joueurs en particulier aux fans de la série Final Fantasy. On commence donc avec la direction artistique du jeu qui va déjà diviser les joueurs. Le style est particulier surtout sur le characdesign. On découvre une équipe qui dégage un style moderne mais sans forcément afficher un gros charisme. On a au moins le plaisir pour la première fois de découvrir les héros de Final Fantasy I en 3D, les petits pixels de l'époque laissent place à un rendu dans son temps mais sans être très inspiré.

Certains s'en sortent mieux que d'autres (Bikke, princesse Sarah...) et surtout nous rappellent que le travail artistique était conditionné par une cohérence avec l'univers Final Fantasy en particulier le premier épisode. Mais, sans rentrer dans les détails, le clin d'oeil ne se limite pas à ce premier volet. Il faut s'attendre à trouver de multitudes références notamment au niveau des lieux visités. Les niveaux du jeu sont inspirés de plusieurs épisodes de la série, de quoi offrir un chouette voyage en plus d'un fan service évident. Malheureusement si le potentiel est énorme sur le papier, les environnements proposés ne sont pas toujours aussi inspirés que prévu. Les décors se montrent assez variés en plus d'être colorés mais on espérait un peu plus sur le plan artistique. 

Attendez-vous tout de même un voyage sympathique avec toujours un rappel potentiellement nostalgique des aventures du premier épisode (Cornélia, Pravoka...). On ne va évidemment pas faire la liste des environnements, et on se contente de quelques exemples sur le premier épisode mais le jeu va plus loin pour les environnements. D'ailleurs il conserve aussi la qualité de la série qui tente systématiquement à varier avec des plaines, des édifices, des donjons... Concernant le level-design, l'approche est complètement différente du récent Elden Ring ou même d'un Dark Souls. En effet, encore une fois, la conception du jeu est similaire à celle de Nioh. Il n'y a donc pas de monde ouvert et pas de zones connectées.

On enchaîne donc les missions qu'on lance depuis le menu pour atterrir dans une zone ouverte qui comporte tout de même quelques raccourcis. La construction des niveaux reste tout de même très simpliste et dégage forcément cette sensation d'enchaîner des couloirs. Un choix qui divise, c'est certain, mais ce n'est pas mauvais, ce level-design peut autant plaire que décevoir selon vos attentes. Si la direction artistique ne fera sûrement pas l'unanimité malgré quelques bonnes idées, la partie technique risque également de décevoir plus d'un joueur. Encore une fois, il ne faut pas s'arrêter à cette prestation technique mais c'est vrai qu'on s'attendait à un résultat un peu plus fin et pétillant, même s'il s'agit d'un titre cross-gen.

D'ailleurs on en profite pour préciser que ce test est réalisé à partir de la version PlayStation 5, et même sur cette version ce spin-off ne se montre guère convaincant sur le plan technique. Depuis sa présentation, on avait compris que les développeurs ne misaient pas sur une production proposant une claque graphique mais cela n'empêche que sur la nouvelle génération, on espère découvrir une certaine performance visuelle. Alors on ne va pas aller jusqu'à dire que le jeu est daté, c'est tout de même exagéré, mais il est vrai que le jeu n'est pas dans une grande démonstration technique. Pire, quelques bugs viennent alourdir le résultat final et si ceux-ci seront certainement corrigés durant les prochaines semaines, cela reste frustrant sur le moment.

En dehors des bugs de collisions, le clipping et l'aliasing sont de la partie, le pire étant le crash du jeu, ce dernier cas est très rare du moins pour notre expérience, mais il faut clairement envisager pas mal de soucis. Une prestation peu convaincante avec un vrai manque de finesse dans les textures, des animations parfois rigides, un travail très léger sur la lumière, difficile d'être sous le charme. Pourtant, la mention Final Fantasy était souvent synonyme d'un certain niveau technique, pour ce spin-off ce n'est pas le cas. Selon nous cela n'empêche pas d'apprécier le jeu, le coeur de cet épisode étant clairement le gameplay, mais quand même on pouvait espérer mieux. Alors attention, ce n'est pas totalement mauvais, certaines cinématiques sont marquantes et surtout le jeu est parfaitement fluide.

Heureusement l'aspect principal de cette dimension technique est à la hauteur. En effet pour un tel jeu, il faut absolument un framerate stable, c'est le cas ici. Petite précision tout de même, il est recommandé de choisir le mode d'affichage performance (la fréquence d'images) plutôt que le mode résolution qui peut subir de légers ralentissements. Vu les faiblesses techniques, l'intérêt de miser sur la résolution n'est pas énorme. Encore une fois, le jeu n'est pas une catastrophe visuelle mais on est plus proche d'une production PlayStation 4 que PlayStation 5, la prestation technique se rapprochant fortement d'un Nioh, lui aussi pas brillant dans ce domaine. Le point fort de ce spin-off, c'est clairement le gameplay et c'est franchement rassurant dès les premiers combats.

Le jeu nous propose d'incarner un personnage, et uniquement lui en solo, il s'agit de Jack. Si ce dernier possède effectivement des compagnons, il n'est pas possible dans une partie solo de changer de personnages. On précise aussi que le jeu comporte plusieurs niveaux de difficulté et que la différence ne se limite pas au challenge de l'IA, quelques subtilités dans le gameplay apparaissent pour certaines jauges et en cas de mort. On se base donc dans le cas d'une sélection de la difficulté intermédiaire. Les célèbres feux de camp de Dark Souls laissent place à des cubes dans cette aventure. Les cubes font office de point de sauvegarde automatique mais aussi des lieux pour remplir les jauges et gérer sa progression.

L'activation d'un cube, comme dans Dark Souls, donne lieu à un retour à la vie de l'intégralité des ennemis. Par contre une différence importante, si vous tombez au combat, vous revenez au cube sans rien perdre contrairement à un Dark Souls où il faut se rendre à l'endroit de la défaite pour récupérer son âme et donc l'expérience cumulée. Autant le dire tout de suite, le gameplay de Stranger of Paradise : Final Fantasy Origin est vraiment riche et nerveux, c'est clairement le point fort du jeu. On ne va pas rentrer dans tous les détails, ni même exposer certains aspects qu'il faut découvrir par soi-même. En tout cas on n'est pas déçu de cette jouabilité ni même de la prise en main dans l'ensemble.

Un système soigné qui s'inspire logiquement de la série Nioh mais tout en respectant l'univers Final Fantasy. Pour preuve, il n'y a pas de jauge d'endurance et pas de système de posture, on est donc loin d'une simple copie d'un Nioh et c'est clairement une excellente initiative de la part des développeurs. Ceux qui craignaient un simple skin Final Fantasy avec le gameplay de Nioh sont rassurés de cette orientation. Un exemple évident, le jeu fonctionne autour d'un système de jobs, une référence évidente à l'univers Final Fantasy, le compromis est donc idéal entre la formule Nioh et la série Final Fantasy. Alors on a dit qu'il n'y a pas de jauge d'endurance mais on a une jauge qui s'en rapproche un peu c'est la jauge de rupture. Cette dernière est présente pour notre personnage mais aussi pour chaque ennemi du jeu.

L'idée est de faire baisser cette jauge de l'adversaire pour ensuite le mettre dans un état critique qui l'immobilise et permet de l'achever, ce finish est appelé Explosion d'âme. Il faut donc surveiller autant la jauge de l'adversaire que votre jauge. L'Explosion d'âme est vraiment une démarche à mettre en oeuvre car elle possède de nombreux bénéfices. En plus d'achever sans s'occuper de sa jauge de vie, ce finish permet de récupérer des PM, oui la magie est évidemment de la partie. S'il n'y a pas de posture, et une garde classique qui ne protège pas de tous les dégâts, le jeu met en place une garde spéciale en lien avec la jauge de rupture : l'Egide spirituelle.

Cette posture offre un doublage avantage mais exige une bonne maîtrise. Lorsqu'on se met dans cette posture, notre jauge de rupture diminue rapidement, on s'expose donc face à l'ennemi. Par contre contrairement à une garde classique, elle permet de contrer quasiment toutes les attaques, certaines sont imparables. En plus de ce contre redoutable, cette posture permet aussi d'absorber certaines capacités de l'adversaire (repère violet) pour ensuite utiliser cette capacité contre lui. L'Égide spirituelle est donc clairement une mécanique de jeu qui possède un énorme potentiel et qu'il faut donc maîtriser au plus vite. La liste de ce genre de mécanique est longue mais on peut en citer une seconde, également intéressante : Illumination.

Une mécanique redoutable surtout en présence de plusieurs ennemis qui permet d'exposer les ennemis à l'Explosion d'âmes. Ceux-ci sont plus sensibles et permettent d'envisager une chaîne. On l'a dit, le jeu applique le système de jobs dans l'organisation de ses classes. Mais la vraie bonne idée est la possibilité de basculer instantanément entre deux jobs. Pour son personnage, on peut ainsi définir deux jobs et donc trouver deux approches complémentaires pour répondre aux différentes situations (un guerrier et un mage par exemple). Chaque job possède une progression spécifique avec un arbre de compétence et une montée de niveaux. Une simple pression sur une touche permet de changer complètement le style de son personnage en sachant que le jeu met en place un système de combos personnalisables à l'image de ce que l'on peut faire dans la licence Tales of.

On peut donc assigner une compétence à une touche, à vous de définir votre organisation au niveau des commandes pour les combats, une souplesse vraiment sympathique. Cela démontre aussi cette volonté de s'inspirer plus loin que Nioh ou les productions de From Software, on trouve des références à l'univers Final Fantasy mais aussi à d'autres JRPG. Toujours dans cette notion de job, le jeu met en place un système d'affinité qui possède une influence sur les statistiques. Ainsi plus vous portez différents équipements qui possèdent une affinité avec le job en question, plus vous profitez de bonus passifs. En sachant que les équipements ne possèdent pas d'affinité avec certains jobs. Enfin pour la partie gameplay, on peut aussi souligner la présence d'une commande (les flèches) qui permet de donner des ordres à nos compagnons.

Une commande pas particulièrement développée mais qui permet de demander aux alliés de se lâcher offensivement. Version PlayStation 5 oblige, on est agréablement surpris par l'effort des développeurs pour mettre en oeuvre des vibrations vraiment sympathiques en plus de l'exploitation des gâchettes adaptatives que l'on peut activer dans les options (par défaut sur "non" de notre côté). On aborde maintenant le contenu du jeu avec déjà sa durée de vie. On l'a dit, le jeu propose plusieurs niveaux de difficultés. C'est une différence supplémentaire avec les productions de From Software. Au lancement, vous avez donc le choix entre niveaux de difficulté : flegme, frénésie et furie. Derrière ces trois noms, il faut comprendre facile, normal et difficile.

En sachant que plus la difficulté est élevée, plus la rareté est importante pour le butin. Autre particularité intéressante qui démontre la volonté au jeu d'être plus accessible et moins frustrant auprès des joueurs, on peut modifier la difficulté du jeu à n'importe quel moment. Dans un niveau, à chaque point de sauvegarde, on peut diminuer le niveau de difficulté sans avoir besoin de refaire le niveau. Par contre cela ne fonctionne pas dans l'autre sens, si vous voulez augmenter le niveau de difficulté, il faudra forcément recommencer complètement le niveau en question. Il faut environ 25 heures pour finir le jeu sans vraiment se concentrer sur le contenu annexe. Un chiffre qui dépend évidemment de votre vitesse, votre façon de jouer ainsi que de la difficulté choisie.

Le jeu propose des quêtes secondaires pour optimiser sa progression mais aussi en apprendre un peu plus sur l'univers du jeu. En effet, le jeu propose une section archives pour lire des informations sur les personnages et les lieux sous la forme de journaux. Au niveau des jobs, le jeu fait plutôt mention de classes, mais c'est le même esprit. Il existe donc 27 classes divisées en trois catégories : basiques, supérieures et ultimes. On ne va pas donner la liste entière mais quelques exemples : gladiateur, mage, chevalier, voleur, paladin, ninja... En sachant que chaque classe vont du niveau 1 à 30 pour obtenir l'intégralité de l'arbre de compétence. Il faut augmenter les classes basiques pour ensuite avoir accès aux autres catégories qui possèdent des avantages (équiper plus d'armes, techniques uniques...).

On peut aussi améliorer son équipement en se rendant dans la forge, l'endroit parfait pour gérer l'évolution de ses armes et armures. Il est également possible de démanteler de l'équipement pour récupérer des matériaux. Enfin le jeu propose un mode multijoueur qui permet de jouer jusqu'à trois et ainsi de se rendre la tâche plus facile, une autre démarche pour rendre le jeu accessible dans un genre souvent sans pitié (mais c'est ce qui fait son charme aussi). Il sera donc possible de jouer jusqu'à trois joueurs, vous l'aurez compris, les compagnons contrôlés par l'IA qui vous accompagnent au cours de l'aventure sont remplacés par des joueurs réels. Pour l'ambiance sonore, le travail est convaincant, séduisant même à un détail près.

Mais avant de donner le petit bémol, il faut souligner l'excellent travail réalisé sur les différentes compositions musicales qui alternent avec bon goût entre la revisite de certaines compositions et des morceaux inédits pour l'occasion. En dehors de cette maîtrise musicale par Naoshi Mizuta solidement accompagné par Hidenori Iwasaki et Ryo Yamazaki, c'est surtout cette cohérence avec l'univers du spin-off qui fait plaisir d'entendre. C'est sombre, dynamique avec une musique qui parvient sans problème à suivre le rythme dès que l'action s'accélère, sans trop en faire pour autant. Une justesse appréciable qui donne vraiment une chouette ambiance sonore pour l'ensemble de l'aventure. On en vient maintenant à ce léger bémol de la bande-son, le doublage.

Oui c'est plutôt surprenant autant on a malheureusement l'habitude de faire à des doublages français peu convaincants, autant ici il est bien question d'un doublage anglais vraiment pas top. De base, on aurait de toute façon recommandé le doublage japonais mais dans le cas présent la recommandation est encore plus forte. Bien entendu le jeu propose les sous-titres en français. On termine avec le scénario du jeu. L'écriture est surprenante mais jamais vraiment déplaisante. Là encore, c'est un aspect qui risque de diviser les joueurs. Il faut voir ce spin-off comme une variante de la trame du premier Final Fantasy. On est donc à la fois dans le respect et les clins d'oeil de cet épisode en plus de proposer un décor plus sombre et violent. L'équilibre est assez bon et pourtant avant le coup cette démarche dangereuse.

En effet on est à la fois dans la volonté de séduire les amateurs de l'univers Final Fantasy, pas seulement pour le premier épisode, et d'un autre côté on veut poser une ambiance qui se rapproche un peu du genre souls-like. On obtient donc une réécriture amusante avec des passages parfois décalés mais qui collent parfaitement avec le style souhaité par ce spin-off. Volontairement, on ne dévoile pas de noms ou de séquences supplémentaires pour laisser le plaisir de la découverte. Il ne faut surtout pas croire à une aventure du premier épisode dans un format 3D avec un gameplay souls-like, ce n'est pas aussi simple. On le répète l'écriture est différente mais aussi trop souvent bancale. On s'attendait même à un gros vide avant le coup, au final sans être renversante, l'histoire laisse paraître quelques idées qui sauvent le titre de la catastrophe.

Stranger of Paradise Final Fantasy Origin est un hommage sympathique à l'univers Final Fantasy à travers une formule souls-like vraiment séduisante. Un spin-off qui puise à travers plusieurs licences pour aboutir à une aventure complète, vraiment fun mais également un peu frustrante. En effet si le gameplay est totalement le point fort du jeu, on est déçu de découvrir un jeu qui met trop au second plan l'aspect visuel en particulier la partie technique, on est loin d'une production next-gen. Ce n'est pas catastrophique mais on espérait mieux. Autrement la bande-son est très bonne et l'histoire surprenante, avec des idées, mais trop souvent maladroite.

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Graphismes : 14/20
Gameplay : 17/20
Durée de vie : 15/20
Bande-son : 16/20
Scénario : 12/20

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Note globale : 15/20

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