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[Test] Tiny Tina's Wonderlands (PS5)

2 Avril 2022 , Rédigé par jeuxvideo-world Publié dans #Tests PS5

Gearbox Software et 2K Games sont de retour avec un nouveau jeu dans l'univers de la série Borderlands : Tiny Tina's Wonderlands. Trois ans après Borderlands 3 et plusieurs DLC, les développeurs reviennent avec un spin-off dont le nom est forcément un peu familier aux joueurs qui connaissent la série. En effet l'origine de ce spin-off se trouve dans le quatrième DLC de Borderlands 2 qui s'intitulait Tiny Tina et la Forteresse du Dragon et dont la sortie remonte à juin 2013. Un contenu additionnel très apprécié au point que le studio décide dans un premier temps de proposer une version standalone en 2021 pour finalement proposer un spin-off dans cet univers particulier mais avec les codes de la série. Une parenthèse fantastique qui possède autant de charme et de fun que la série principale ?

Avec ce spin-off on bascule logiquement dans un autre décor même si l'esprit et le style reste proche de l'univers Borderlands. L'ambiance post-apocalyptique laisse place à un univers fantastique, fantaisiste. On découvre plusieurs inspirations de différents arts pour obtenir un mélange amusant, varié et coloré. Derrière les nombreux biomes (désert, pirates, océan...) la direction artistique mise également sur un style jeu de rôle vraiment fun qui va plus loin que de simples références, la structure même du jeu fait référence au jeu de rôle. Il faut donc toujours, sur le plan artistique, s'attendre à un univers décalé, délirant et encore une fois très coloré. C'est vivant et pétillant pour une chouette ambiance dans chaque environnement où la structure ne passe pas pour être originale.

Ce n'est pas totalement ouvert, le level-design misant plutôt sur des zones assez linéaires sans chercher une grosse verticalité ou une conception particulière, on reste plutôt sur des couloirs. Bonne pioche du côté du bestiaire qui profite de cette variété des décors. On va pouvoir faire face à des pirates, des trolls, des squelettes, des wyverns, des gobelins... Une belle richesse qui renforce chaque région visitée. Le charac-design d'une manière plus générale est de toute façon très bon dans l'ensemble, toujours aussi délirant et inspiré. Derrière cette partie artistique plutôt séduisante, on trouve une dimension technique qui peine à évoluer et qui peut freiner plus d'un joueur.

Ce n'est pas une surprise, les développeurs ne prennent aucun risque avec ce spin-off et se contentent de reconduire une prestation technique similaire à Borderlands 3. Sauf que pour la nouvelle génération, cela commence à faire un peu juste. Le style n'aide pas dans cette appréciation puisqu'on rappelle que la série fait le choix du cel-shading, une orientation qui participe à l'identité de la licence Borderlands mais qui comporte ses limites. Cela reste chouette et agréable à l'oeil mais on est loin d'une démonstration technique. N'espérez pas une quelconque finesse dans les textures ou la modélisation. C'est très léger dans les détails. Un style qui possède du charme et qui fonctionne bien pour cette série mais clairement il n'y a pas d'évolution par rapport à Borderlands 3.

Pas de révolution non plus au niveau du gameplay. Des tirs, des cadavres et du loot à gogo, quand ce n'est pas par l'intermédiaire des coffres. Les joueurs qui connaissent au moins un épisode de l'univers Borderlands vont rapidement reprendre le rythme. Des combats nombreux, parfois épiques, avec un arsenal complet : armes à feu, magies, corps-à-corps. Un système de jeu classique mais efficace et surtout très fun avec un nombre suffisant d'aptitudes, de combinaisons d'armes et donc d'attaques élémentaires. Chaque objet dispose d'une valeur et d'un code couleur, là encore c'est du classique pour la franchise.

Alors oui la formule est efficace avec un immense respect du travail réalisé sur la série mais le manque de fraîcheur peut faire naître une certaine lassitude auprès d'une partie des joueurs en quêtes de petites nouveautés pour un tel FPS. C'est violent et jouissif mais cela peut aussi devenir répétitif. On souligne d'ailleurs que l'IA n'évolue toujours pas, on est donc toujours face à des vagues suicidaires d'ennemis qui foncent sur vous sans grande stratégie. Il y a bien quelques ennemis qui misent sur des attaques à distance mais cela reste léger et la seule variante notable dans le comportement. D'un autre côté, cette approche de l'adversaire amène un très bon rythme où l'action s'enchaîne, pas de place à l'ennui.

Si la base n'a pas évolué, le jeu fait l'effort de proposer une mise en scène légèrement différente dans le déroulement de l'histoire. En effet celle-ci va évoluer à partir d'une sorte de carte du monde interactive. On bascule dans une vue à la troisième personne donnant l'impression de se déplacer sur un plateau de jeu, une des références du monde du jeu de rôle. Le personnage adopte un visuel mignon et les décors du plateau participent à l'évolution de celui-ci (canette, biscuit...). L'exploration de ce plateau est intéressante et amusante où l'on sélectionne les missions principales et secondaires. On ne peut pas dire que cette nouveauté est énorme et marque une différence par rapport à Borderlands 3 mais cela permet de donner un peu plus d'identité à ce spin-off.

Ce n'est pas la seule nouveauté, et heureusement d'ailleurs, puisqu'il est désormais possible de procéder à une personnalisation sur le plan esthétique. Encore une fois en référence à la thématique RPG, on peut désormais créer son personnage. Les options proposées sont suffisamment nombreuses : taille, visage (nez, oreille...), voix mais aussi des éléments décoratifs. La personnalisation va en réalité plus loin pour notre plus grand plaisir. En effet en plus de choix esthétiques, il faudra également définir la classe désirée amenant diverses compétences et sorts. Au départ il existe 6 classes différentes avec des noms surprenants mais ce n'est que pour correspondre aux délires de cet épisode, chaque classe correspond aux styles connus pour le genre (assassin, mage, guerrier...).

Le choix de classe amène donc des arbres de compétences pour développer son personnage au niveau des attaques et compétences. Le jeu met en place plusieurs statistiques pour faire évoluer son personnage selon ses envies (force, dextérité, sagesse, intelligence...). La cerise sur le gâteau intervient assez rapidement dans votre progression puisqu'à partir d'un certain niveau, il sera carrément possible de choisir une classe secondaire pour acquérir encore plus de compétences. Ce système multiclasse est l'une des bonnes idées de ce spin-off. Du côté du contenu, on peut déjà dire que pour terminer l'histoire principale, il faut compter environ 20 heures, un chiffre qui peut légèrement inférieur ou supérieur en fonction de votre approche du jeu.

Une moyenne difficile à établir mais qui finalement importe peu compte tenu du potentiel du jeu et de son contenu annexe particulièrement riche et aussi intéressant. En effet on peut apprécier un travail soigné au niveau des missions secondaires qui profitent d'un effort écriture qui donne envie de les découvrir une par une. Celles-ci permettent évidemment de faire évoluer encore plus notre personnage, le gain d'expérience n'est pas négligeable. Pour prolonger l'expérience de jeu, les développeurs ajoutent également un mode spécifique une fois l'histoire terminée. Une expérience inédite qui permet d'affronter des vagues d'ennemis pour obtenir du loot.

Il est aussi question de choisir des handicaps, la prise de risque paye forcément, mais aussi d'affronter des nouveaux boss. Cela permet d'enrichir un peu plus la très bonne rejouabilité de cet opus. Enfin, il convient d'appuyer un aspect essentiel de la série Borderlands et dont ce spin-off applique aussi bien que les opus précédents : la dimension multijoueur. En effet, le jeu devient encore plus fun et intéressant lorsqu'on partage l'intégralité de notre aventure jusqu'à 4 joueurs. La difficulté évolue selon le nombre de joueurs en sachant qu'il est possible de choisir entre deux variantes au niveau des règles : coopératif ou compétitif.

La différence entre les deux modes concerne le loot. En effet l'un permet de partager le loot de chaque ennemi tandis que l'autre mode applique un loot individuel. Au niveau de l'ambiance sonore, la prestation offerte est juste et convient parfaitement avec l'univers fantastique et délirant de ce spin-off. Les différentes compositions sont convaincantes sans être marquantes mais c'est bien du côté des doublages que le titre tire son épingle du jeu. En effet face à ce style particulier avec notamment une grosse part d'humour, il fallait absolument un doublage français qui colle avec le ton et les blagues proposées.

Un résultat vraiment très bon qui renforce à la fois la folie des personnages et l'humour de cette histoire. On termine avec quelques mots au sujet du scénario proposé par ce spin-off. Sans surprise, l'écriture conserve des traits de l'univers Borderlands tout en proposant un minimum de personnalité à cette histoire. Une aventure dans un style jeu de rôle avec Tina en guise de narratrice qui dispose d'un certain charisme mais aussi d'un degré de folie.

Un épisode qui penche du côté du fantastique avec de nombreuses inspirations pour un résultat très plaisant. En dehors de son univers et son style précis, il se dégage deux forces évidentes, la première étant Tina. Oui en dehors de son charisme, celle-ci possède un impact surprenant sur le cours de l'histoire, sur un simple coup de folie elle décide de changer les règles. Cette cassure donne de la fraîcheur et un côté imprévisible à l'histoire qui fait plaisir à voir. Une bonne idée qui rend l'histoire difficile à envisager même si l'écriture reste accessible. Ce changement de rythme donne un dynamisme différent prouvant le potentiel de ce spin-off avec ce personnage.

Si la folie est l'un des traits de l'univers Borderlands, ce degré de surprise est déjà plus original. L'autre force évidente, c'est son humour. Alors attention tout de même, c'est un humour qui peut déplaire. On espérait retrouver, après les différents délires dans les épisodes Borderlands, cette humour particulier, parfois même bizarre mais qui colle parfaitement à Tina et l'univers du jeu. Cette histoire réalise donc un mélange de différents styles avec succès en respectant les codes de la série Borderlands mais aussi la personnalité de Tina. On passe un bon moment, comme pour chaque épisode, l'ambiance est toujours aussi bonne.

Tiny Tina's Wonderlands est un bon spin-off qui apporte un peu de fraîcheur mais pas suffisamment pour espérer séduire un large public. Malgré des idées et un respect de la série Borderlands, cet épisode s'adresse aux fans inconditionnels de l'univers Borderlands qui ne cherchent rien de plus qu'une nouvelle aventure avec le même gameplay et le même délire. Aucune évolution sur le plan visuel, le jeu offre  une formule connue et toujours aussi fun. Le contenu est solide, l'histoire drôle et la bande-son maîtrisée. Pour un spin-off, ce résultat est largement suffisant pour s'amuser seul ou jusqu'à 4 joueurs mais le prochain épisode de la série devra proposer plus de changements et nouveautés, si ce n'est une révolution, pour ne pas atteindre le point de lassitude auprès d'une majorité des joueurs.

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Graphismes : 15/20
Gameplay : 15/20
Durée de vie : 16/20
Bande-son : 15/20
Scénario : 15/20

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Note globale : 15/20

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