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[Test] The Quarry (PS5)

26 Juin 2022 , Rédigé par jeuxvideo-world Publié dans #Tests PS5

En matière de jeu vidéo, la catégorie films interactifs connaît une actualité un peu plus calme ces derniers mois après plusieurs années riches en petites et grandes productions. Les styles sont variés avec parfois des studios qui se concentrent dans un registre précis à l'image de Supermassive Games. Après plusieurs petits projets, le studio a frappé fort avec Until Dawn et la saga The Dark Pictures Anthology. Deux aventures dans un univers horrifique qui ne manquaient pas de charme. Les développeurs poursuivent ce chemin en 2022 en collaboration avec l'éditeur 2K Games. Un nouveau jeu qui intitule The Quarry et qui s'offre une sortie sur de nombreux supports : PlayStation 4, PlayStation 5, PC, Xbox Series et Xbox One. La nouvelle référence du studio ?

On ne cesse de le dire au fil des générations, la frontière est de plus en plus mince entre un film et un jeu vidéo. The Quarry intègre avec brio cette catégorie. Dès les premières minutes, on fait connaissance d'un univers captivant et soigné. Un travail inspiré qui concerne autant la direction artistique que la partie technique. On ne va pas délivrer des détails précis du décor de manière à conserver une totale surprise et profiter du charme de l'histoire dans son intégralité. On peut par contre apporter quelques précisions sur les prouesses techniques réalisées. Sans aller jusqu'à dire qu'il s'agit d'une claque graphique, le jeu se montre vraiment chouette avec un réalisme impressionnant en particulier sur les visages. La modélisation est vraiment très propre autant pour les personnages que pour les environnements.

Les effets visuels répondent présent de belle manière également avec un très bon travail sur la lumière qui renforce de nombreuses séquences. Les textures sont également convaincantes, les expressions du visage sont nombreuses et crédibles, le placement de la caméra est souvent pertinent... Vous l'aurez compris, la dimension technique de cette nouvelle histoire fait plaisir à voir. En dehors des belles performances de l'Unreal Engine 4, on souligne aussi la performance des acteurs. Oui le casting est digne d'une belle production au cinéma. On ne va pas faire la liste complète mais on peut citer quelques acteurs comme Skyler Gisondo, David Arquette, Justie Smith, Evan Evagora, Lance Henriksen, Halston Sage ou encore Ethan Suplee.

Un casting vraiment séduisant et les rôles affichent un bon équilibre, à quelques exceptions, en matière de présence dans les différentes scènes du jeu. Si la finition est très satisfaisante, The Quarry n'est pas parfait pour autant, même sur cette version PlayStation 5. Quelques petits bugs de dialogues, de textures, mais surtout une synchronisation labiale encore trop laborieuse. On aura l'occasion d'en reparler en traitant la bande-son du jeu, mais à l'image d'Until Dawn, ce détail fait vraiment perdre de l'immersion au joueur en plus de son aspect film.

On l'a dit, The Quarry est un jeu vidéo considéré comme un film interactif. Un registre loin d'être inédit pour les développeurs, on espérait donc découvrir une maîtrise du genre en plus de nouveautés. Si l'on constate effectivement que les développeurs maîtrisent leur sujet, on est déçu du manque de nouveautés et de tentatives pour faire évoluer la formule. Le concept est donc simple, le joueur participe sous différentes formes au film proposé. Le coeur du jeu est le choix de dialogues pour faire évoluer l'aventure selon nos envies. Contrairement à d'autres productions qui empruntent ce système de manière anecdotique, les choix réalisés possèdent un vrai impact. Le jeu s'inscrit donc dans un déroulement à plusieurs embranchements, le degré d'impact varie mais tout en ayant un minimum d'importance.

En dehors des nombreuses et belles cinématiques, le jeu met en scène une bonne dose d'action avec le célèbre système de QTE où le principe consiste à exécuter une ou plusieurs touches au bon moment, et rapidement. On note également la présence de séquence où le joueur possède encore plus la main sur le personnage en gérant ses déplacements. Ces dernières cassent le rythme de l'aventure à notre goût et n'offrent pas de sensations particulières. Alors oui on gagne en immersion avec un sentiment de participer activement à l'aventure mais sur le plan ludique, ce n'est pas franchement renversant. On ne va pas reprendre chaque séquence, pour laisser place à cet effet de surprise qui compte beaucoup pour ce style de jeu.

Néanmoins on peut vaguement évoquer des décisions rapides à prendre, des courses-poursuites, des phases de tir, des interactions avec le décor... Cette partie jouable ne doit pas être prise à la légère pour le bien de l'ensemble du casting à moins d'avoir une volonté précise de certains profils. On précise d'ailleurs que le jeu met en place un système de trois vies pour l'ensemble de l'aventure. Rien de très original et parfois même un peu lourd dans la mesure où cela implique de reproduire de longues séquences sans possibilité de faire usage d'une avance rapide. Une petite lourdeur qui n'est pas isolée. En effet malgré un concept sympathique, la formule n'évolue pas pour ce nouveau projet.

Un manque de nouveautés un peu frustrant en plus des défauts un peu classiques pour le genre : certaines séquences trop bavardes, des QTE trop souvent sans challenge, des interactions limitées ou encore des déplacements trop lents. Enfin, on insiste bien sur l'orientation du jeu, si le style horreur est bien présent, nous ne sommes pas face à un survival-horror pour autant. Au niveau de la durée de vie pas de miracle même si avec un peu de recul, on va vite découvrir que ce n'est pas ridicule. Pour un premier passage, il faut compter 8-9 heures environ. Un score tout à fait honnête pour ce style de jeu même si cela pourra laisser un goût amer aux joueurs compte tenu du tarif classique (70€ environ) à sa sortie. L'intérêt d'un tel jeu, c'est aussi d'accepter de refaire à plusieurs reprises l'histoire en cherchant d'autres variantes au cours de l'aventure. La proposition est intéressante d'autant que les fins vraiment différentes sont nombreuses.

Si certains embranchements peuvent paraître anecdotiques au cours de l'histoire, d'autres se montrent vraiment différents. Alors évidemment, sa qualité de rejouabilité est valable sur le long terme, on peut comprendre la faible motivation à retourner dans l'immédiat sur le jeu après une la découverte d'une première fin. Mais cette impression de mettre le même film mais avec des séquences différentes fait vraiment son effet. Pour tenter de séduire au maximum les joueurs et en particulier ceux qui apprécient les films d'horreur, les développeurs proposent de petits bonus amusants. On peut citer par exemple la présence de divers filtres pour profiter de l'histoire d'une autre façon comme le style rétro en noir et blanc par exemple. Le jeu propose divers modes pour apporter cette petite fraîcheur lors d'une nouvelle relance de l'histoire.

On peut par exemple parler du mode cinéma qui permet de regarder l'intégralité du jeu sans interaction avec des paramètres précis (tout le monde survit, tout le monde meurt...). En complément de multiples embranchements et donc plusieurs fins, ces modes apportent un peu de contenu, le principal défaut d'un tel jeu. Enfin, contrairement au gameplay qui ne prend pas le moindre risque, le contenu lui tente des approches différentes avec l'arrivée d'un mode multijoueur en local. En effet il est possible de jouer jusqu'à 8 joueurs où chacun dirige un personnage. On se passe la manette et l'on passe un bon moment à plusieurs même si ce mode est anecdotique malgré les bonnes intentions des développeurs. La participation du joueur est bien trop maigre pour espérer développer une vraie ambiance multijoueur. L'idée reste quand même intéressante.

On en vient maintenant à la bande-son du jeu qui est excellente. Pas besoin de faire un quelconque suspens, le travail sonore est vraiment juste pour plonger le joueur de la meilleure manière dans cette histoire où l'horreur occupe une place importante. La musique est discrète mais son intervention est toujours juste à quelques exceptions. Avec un tel univers, on s'attendait des notes percutantes mais rares. Le résultat est vraiment bon avec aussi un très bon travail sur les bruitages qui renforcent l'immersion du joueur. Evidemment avec un tel casting, le doublage est excellent. On pouvait craindre que le studio mise sur la quantité au détriment de la qualité mais en réalité on obtient les deux avec brio sur cette bande-son. Cependant, il y a quand même une précision importante.

Ce constat se vérifie sur le doublage en anglais, pas vraiment sur le doublage français. Si les voix françaises sont convaincantes, on fait face à une synchronisation labiale franchement laborieuse. C'était déjà le cas avec Until Dawn au point de rompre un certain plaisir de jeu pour une partie des joueurs. Si cela ne dérange pas pour certaines productions, lorsqu'un jeu se présente comme un film interactif, cet aspect se doit d'être à la hauteur, pas seulement en VO. Malheureusement la VF ne profite pas d'un soin suffisamment sérieux sur le plan de la synchronisation. Dommage car les voix sont bonnes et si certaines scènes s'en sortent mieux que d'autres, cela reste encore trop souvent et frustrant pour laisser passer ce problème technique.

Enfin on termine avec le scénario du jeu qui est un aspect majeur dans ce cas précis. Pas d'inquiétude, on ne va pas renter dans les détails, pas de spoil particulier, un rappel du synopsis officiel ainsi que des éléments déjà connus durant sa communication. On peut déjà commencer par dire que le jeu se rapproche dans l'esprit à celui d'Until Dawn. En effet, on est une nouvelle fois face à un casting de jeunes adultes. D'une manière générale par comparaison à Until Dawn, cette nouvelle histoire se montre plus riche et plus longue. Le déroulement réserve des surprises et tente de mixer des idées personnelles avec des clins d'oeil et références du genre. L'équilibre est plutôt bon et n'influence pas l'identité de ce nouveau projet. Si la conception de la trame principale est soignée, on peut éventuellement regretter un manque d'écriture sur les personnages secondaires.

Le développement semble un peu léger compte tenu de la qualité de certains personnages dont on aimerait en savoir bien plus. On peut même carrément dire que certains personnages secondaires paraissent plus captivants que certains personnages du casting, cela reste évidemment subjectif. Le lancement de l'histoire est intéressant avec prologue qui pose correctement les bases. La mise en scène est maîtrisée de la part des développeurs à l'image de l'écriture même si l'on pourra pointer du doigt quelques ratés, mais rien de grave. L'histoire se déroule durant l'été avec pour cadre un camp de vacances, Hackett's Quarry, où certains personnages s'y rendent en qualité de moniteur.

On pourra découvrir un casting volontairement cliché qui dégage beaucoup de fun, si l'horreur est présent, l'humour occupe aussi une place importante tout au long de l'histoire. C'est vraiment agréable à suivre avec des dialogues soignés à l'exception de quelques rares longueurs. Il ne faut pas voir ce nouveau jeu comme une continuité d'Until Dawn. Il partage de nombreux points mais ce nouveau projet trace sa propre route sur plusieurs aspects et tente de mettre en scène de multiples influences. Les choix réalisés sont toujours de bons goûts et renforcent l'accroche du joueur.

The Quarry propose une aventure sympathique dans la continuité du travail réalisé sur Until Dawn. Un bon repère pour savoir si l'on peut apprécier ou pas cette nouvelle histoire. Sans révolution dans le style, cette nouvelle tentative peut autant décevoir que provoquer un coup de coeur. On s'attendait à un peu plus de nouveautés et de surprise au niveau du gameplay. La réalisation est solide et participe à ce plaisir visuel, le gameplay se montre donc trop inchangé pour espérer convaincre ceux qui possédaient un avis mitigé sur l'expérience Until Dawn.

Le travail d'écriture est soigné et la bande-son convaincante à l'exception encore une fois de cette synchronisation labiale qui gâche un peu l'expérience de jeu. Enfin si l'envie de refaire l'histoire sous un angle différent, et de découvrir d'autres fins, est l'argument principal pour sa rejouabilité, on pourra trouver des filtres et des modes pour pousser le changement un peu plus loin, simple mais efficace.

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Graphismes : 17/20
Gameplay : 12/20
Durée de vie : 14/20
Bande-son : 15/20
Scénario : 17/20

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Note globale : 15/20

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