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[Test] Goat Simulator 3 (PS5)

6 Décembre 2022 , Rédigé par jeuxvideo-world Publié dans #Tests PS5

On se souvient qu'en 2014 sur PC, puis un an plus tard sur PlayStation 4 et Xbox One, on avait pu découvrir un véritable inclassable entre les sorties classiques et les belles surprises. Un jeu étonnant, pour ne pas dire bizarre, dont le nom est Goat Simulator. Un titre développé par Coffee Stain Studios qui proposait d'incarner une chèvre invincible dans un monde ouvert. Oui le concept est vraiment très particulier, à l'époque il était vendu à un petit prix (10€) avec en cadeau de nombreux bugs parfois amusants.

Un gros délire dans le milieu de la simulation qui revient donc à la surprise générale dans l'actualité et d'une drôle de manière. En effet malgré l'existence d'un seul épisode dans la série, ce retour ne s'effectue pas sous le nom de Goat Simulator 2 mais bel et bien de Goat Simulator 3. Une première blague qui donne le ton mais est-ce que le délire opère toujours ?

On peut déjà confirmer un premier aspect que l'on approuve totalement, l'ambiance joue la carte des nombreuses références (pas seulement l'univers du jeu vidéo) de manière amusante. On ne cite aucun exemple pour laisser le plaisir de la découverte. En tout cas le choix de mettre en place un brin de caricature permet d'apprécier un peu plus le monde ouvert et d'avoir envie de découvrir tous les clins d'oeil. C'est un très bon choix d'ambiance et heureusement d'ailleurs car le jeu ne brille pas pour sa direction artistique ou son style original. On va donc pouvoir s'amuser dans un monde ouvert suffisamment grand et varié. C'est une simulation qui ne cherche pas forcément un style visuel réaliste, le jeu souhaite d'abord conserver sa folie et sur ce point c'est une réussite.

C'est donc plutôt agréable et surtout plus coloré que l'épisode précédent qui possédait un rendu un peu gris et froid dans les couleurs. On est face à un résultat avec plus d'effets et de couleurs pour renforcer le délire du jeu. Pour compléter cette partie esthétique plus agréable, on peut indiquer la présence d'une construction brutale mais intéressante du monde ouvert. Celui-ci est divisé en secteurs avec un décor très précis (ville, ferme ou encore forêt par exemple). La conception permet de ne pas se lasser en offrant plusieurs environnements. Malheureusement et même si l'on veut justifier le résultat par une volonté, le jeu n'est pas à la hauteur sur le plan technique.

Alors certains diront que les bugs participent au charme du jeu, pourquoi pas mais cela n'empêche que le jeu offre une finition moyenne et une prestation technique qui ne correspond pas à la nouvelle génération. On précise d'ailleurs que ce test est réalisé à partir d'une version PlayStation 5. Alors on exprime ce sentiment en comparaison des productions actuelles car par rapport au premier épisode, il faut bien avouer que le jeu affiche de jolis progrès. L'Unreal Engine est le moteur physique de ce nouvel opus et le résultat est meilleur sans être renversant. La physique réserve de nombreuses surprises au joueur. Les animations sont rigides tandis que la modélisation et les textures sont largement perfectibles.

Néanmoins le jeu se montre moins ridicule et en retard par rapport à l'impression dégagée lors de la découverte du premier épisode. On souligne aussi des ralentissements trop fréquents à notre goût, la blague a donc quand même un drôle de goût sur le plan technique. Pour le gameplay, pas de révolution ou de nouveauté majeure, on conserve une formule misant sur une prise en main simple et rapide, il faut que le titre se montre fun dès la première session. Il ne faut donc pas espérer une grande profondeur mais on dispose d'une liberté suffisante grâce à de nombreuses interactions dont certaines particulièrement délirantes. Le but premier qui saute aux yeux est de faire ce que l'on souhaite, en gros du grand n'importe quoi.

Mais le jeu a l'excellente idée de mettre en scène des défis pour exploiter l'environnement et le potentiel de votre chèvre. Dans les deux cas, on reste dans une expérience de jeu drôle et bizarre. On revient sur les fameuses interactions en citant quand même quelques exemples pour ceux qui peinent à visualiser ce qu'il est possible de faire avec cette chèvre invincible. On retrouve par exemple la possibilité de lécher un objet ou un personnage pour ensuite le traîner sur une longue distance, la langue s'allonge offrant une scène surréaliste mais totalement dans l'esprit souhaité. Pour ceux qui souhaitent un peu plus de punch, on peut toujours mettre un coup de boule au moindre pixel de ce monde ouvert pour un résultat parfois imprévisible.

Si vous doutez encore du potentiel de votre chèvre, on peut donc ajouter que l'on peut conduire des véhicules, sauter, grimper, enchaîner des saltos... On vous laisse découvrir la suite mais les actions sont nombreuses au point d'être surpris par certaines capacités. En tout cas cette chèvre est très polyvalente, souple, très solide et ouverte à un maximum d'exploits avec le décor, les objets, les animaux et les personnages. Le principe est donc identique au premier volet mais les possibilités sont plus nombreuses pour profiter du monde ouvert. Au niveau du contenu, Goat Simulator 3 se montre nettement plus convaincant que l'opus précédent. Même s'il n'est pas toujours question d'un vrai scénario, le jeu tente de mettre en place un but à cette aventure en intégrant des quêtes scénarisées en plus des défis.

Ces quêtes sont amusantes car si l'objectif est simple à réaliser, elles ne sont pas du tout dirigistes. Il faut trouver la solution en fonction de l'intitulé qui est souvent drôle : sauver une personne de la noyade, réaliser des cascades, se rendre à un point précis... On ne va pas faire la liste pour ne pas gâcher le charme de la découverte mais c'est en tout cas une bonne idée ce type de mise en scène pour un tel jeu. L'approche est d'ailleurs tellement bien qu'on en vient presque à dire qu'on voudrait encore plus de quêtes et de défis. Si ce n'est pas vraiment un repère fiable pour un tel jeu, la durée de vie se situe sur une petite dizaine d'heures en cherchant à faire une grosse partie du jeu sans forcément le 100%. Le monde ouvert propose divers collectibles qui n'apportent rien de particulier si ce n'est de gonfler la durée de vie et d'enrichir un peu l'aire de jeu.

Par contre les quêtes et les défis possèdent un intérêt. On remporte des points spéciaux pour une raison qu'on garde volontairement mystérieuse mais aussi une monnaie qui permet d'acheter divers éléments cosmétiques car oui la personnalisation est de la partie. Ce n'est pas vraiment surprenant, cet outil est cohérent avec le ton du jeu et permet de pousser le délire encore plus loin avec des créations hilarantes. On peut modifier différentes parties du corps ou carrément une tout autre apparence. Un choix étonnant car si la modification de la chèvre peut être prévisible pour ce style de jeu, l'idée de basculer sur une autre forme est plus étonnant avec une qualité variable en dose de fun par rapport au moteur physique. Si les quêtes sont une nouveauté importante, l'autre grosse nouveauté est l'arrivée d'une dimension multijoueur !

Il est désormais possible de profiter de l'intégralité du jeu jusqu'à 4 joueurs en ligne mais aussi en local. Un ajout vraiment intéressant et totalement pertinent même si vous vous en doutez, cette dimension multijoueur n'arrange pas la stabilité et les performances techniques. Cela n'empêche que l'on s'amuse d'une autre manière dans le monde ouvert. Pour compléter cet ajout, les développeurs mettent en place pour l'occasion 7 mini-jeux. Une autre bonne idée pour offrir un esprit de compétition dans des activités amusantes. Si on vous laisse là aussi la surprise, on peut évoquer la présence d'une petite séance de foot, d'une dose de démolition ou encore un peu de poursuite par exemple.

Le contenu est vraiment sympathique mais, à l'image des quêtes, le seul reproche que l'on peut faire c'est le manque de quantité, on en veut encore plus. On souligne également une frustration par rapport au tarif de ce troisième opus. Le premier épisode est disponible au prix de 9,99€. Un prix très correct pour cette expérience décalée. Pour ce nouvel épisode, l'augmentation est conséquente puisque le prix de vente est de 29,99€. On termine avec la bande-son du jeu. Pas de miracle, le travail sonore est très léger et le plus minimaliste possible.

C'est dommage car l'ambiance musicale pourrait renforcer l'univers décalé du jeu par des bruitages spécifiques par exemple ou encore des thèmes qui apportent une touche supplémentaire. Cet aspect n'est pas non plus le coeur du jeu, sa discrétion n'est donc pas un gros problème. Enfin pour les doublages, il faudra se contenter là aussi du minimum avec la présence de quelques voix anglaises pour les personnages humains. Pas d'inquiétude pour le texte, le jeu propose une traduction française.

Goat Simulator 3 pousse le délire encore plus loin avec ce nouvel épisode. Un monde ouvert plus grand et intéressant à découvrir malgré une prestation technique très moyenne. Le gameplay s'enrichit un peu tout en conservant le concept de base, c'est donc fun et accessible tout en ayant quelques possibilités supplémentaires pour semer le trouble au sein de la carte.

Enfin le contenu est nettement plus convaincant avec la présence de quêtes, de défis mais aussi d'un mode multijoueur en ligne et en local. S'il n'y a plus l'effet de surprise, l'expérience de jeu reste drôle, avec des efforts, même si l'ensemble reste toujours particulier. En plus d'un côté encore minimaliste et d'une finition loin d'être irréprochable, on peut regretter un tarif (29,99€) qui invite moins le joueur à tenter le délire par rapport au premier épisode. 

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Graphismes : 12/20
Gameplay : 13/20
Durée de vie : 13/20
Bande-son : 10/20

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Note globale : 12/20

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