[Test] Lost Soul Aside (PS5)
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Après un long développement, et quelques complications, Lost Soul Aside est désormais disponible depuis fin août. D’abord surprenant dans le bon sens lors de sa première présentation il y a plusieurs années, le titre n’a cessé d’inquiéter au fil des ans avec des annonces et de nouvelles présentations moins ambitieuses et convaincantes.
Même s’il s’agit d’une exclusivité Playstation 5 (version testée) et PC, et édité par Sony, ce projet du petit studio chinois UltiZero Games ne possède pas une marge énorme, expliquant sans doute des compromis et ajustements au fur et à mesure de son développement. On va donc enfin pouvoir se plonger au coeur de cette aventure tout de même intrigante tout en restant prudent. Belle surprise ou déception ?
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On va commencer par évoquer l’histoire et l’univers du jeu, pour malheureusement afficher rapidement un sentiment très mitigé sur l’écriture proposée. On avait des craintes en observant la communication du studio et les différentes vidéos, et cela se confirme assez rapidement au lancement du jeu. L’histoire nous plonge dans la peau de Kaser, un personnage qui va vouloir sauver sa soeur et même l’humanité suite à un événement surprenant, une pluie étrange de météorites. Un coup des envahisseurs d’une autre dimension nommée Kenostrix, voleur d’âmes et destructeurs de mondes… Pour mener sa quête, notre héros sera accompagné d’un dragon spécial nommé Arena.
Un voyage dans différents mondes et dimensions avec sur son chemin un impitoyable commandant nommée Aramon. On ne va pas en dire davantage, très franchement c’est cliché, classique et surtout générique. Sur la plupart de ses aspects, ce titre se montre trop banal et générique sans jamais parvenir à présenter une véritable identité. On apprécie les inspirations mais lorsque le dosage est imparfait, on bascule dans une copie sans saveur et maladroite, et c’est dans ce piège que Lost Soul Aside tombe trop souvent. Heureusement, il y a tout de même quelques efforts et bonnes idées pour offrir certaines séquences sympathiques.
Malheureusement ces fulgurances ne suffisent pas à redresser cette histoire. Et si le scénario est vraiment basique, c’est surtout du côté du casting que le jeu va réellement montrer son aspect générique et copie. Les références sont nombreuses du côté des productions japonaises, mais c’est surtout du côté de la licence Final Fantasy que Lost Soul Aside tente de définir son visuel et son histoire. C’est dommage car on observe une vraie et bonne volonté à mettre en oeuvre des moments spectaculaires, et ce soin à la mise en scène profite clairement au jeu. Ce n’est pas la première production à offrir une histoire finalement très classique et prudente, on peut accepter ce résultat mais c’est déjà nettement plus difficile pour le travail artistique notamment sur les personnages où l’on se trouve beaucoup trop proche d’une copie…
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Le jeu ne se cache pas de son inspiration des productions japonaises et même de son style parfois manga. Une orientation amusante qui dérape complètement dès qu’il s’agit d’établir un casting et un univers… Déjà les décors, c’est trop vide, trop générique. La structure des niveaux est très répétitive, la conception n’est pas inspirée avec des zones de jeu dotées de mur invisibles et de couloirs. Il ne faut donc pas s’attendre à une grosse liberté ni même un level-design très profond. C’est dommage et frustrant car par moments, il faut bien avoué que certains panoramas sont élégants, on s’arrête avec plaisir à contempler certains décors qui sortent du lot, mais c’est trop rare.
Il y a un effort pour offrir des environnements variés, les biomes proposés ne sont pas originaux mais au moins, on a des décors différents avec toujours ce soin dans la mise en scène et l’envie d’offrir une forme de spectacle démesuré. Il y a beaucoup d’effets visuels, un univers très coloré et un travail très correct concernant la lumière. Le vrai point faible se situe clairement du côté des personnages. On peut déjà dire que l’écriture n’est pas convaincante, aucune profondeur, aucune originalité et finalement les rares d’informations que l’on peut obtenir au cours de l’histoire ne se montrent pas spécialement intéressante. On ignore très rapidement l’histoire de chaque protagoniste par faute d’engouement et de vraie personnalité.
Il suffit d’observer attentivement notre héros, Kaser est une copie d’’un personnage de Final Fantasy, en particulier Noctis de Final Fantasy XV. La ressemblance est beaucoup trop forte pour ne pas faire la remarque. Même remarque pour le méchant principal rappelant beaucoup certains méchants de l’univers Final Fantasy dans le style. S’il y a bien quelques petites exceptions, il est clair que le design des personnages fait défaut au jeu et participe à ce résultat trop générique et proche de l’univers Final Fantasy. Du côté des menaces, le jeu ne se montre pas non plus très inspiré à l’exception des boss. En effet ces derniers profitent quand même d’un meilleur de traitement et collent parfaitement avec ce désir de spectacle et démesure.
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On est plus sur un hommage au style japonais qu’à une véritable copie et c’est vraiment appréciable. Par contre pour le reste du bestiaire, il manque de variété et d’une répartition plus équilibrée au cours des niveaux. Pour la partie technique, le jeu s’en sort plutôt bien sur cette version PlayStation 5, on peut même dire qu’il est techniquement bon et que sa finition est très correcte . On pouvait logiquement craindre à un résultat moins convaincant compte tenu de son développement et finalement l’état du jeu à la sortie est très correct. Attention, il n’est pas irréprochable pour autant avec quelques chutes de framerate par exemple, et divers bugs sans conséquence majeure sur l’expérience de jeu.
On espère que le jeu pourra profiter d’un bon suivi pour offrir une meilleure optimisation et réduire au maximum ces petits ralentissements qui restent rares et à des passages spécifiques. En tout cas, lorsqu’on profite de la technologie HDR ainsi que du ray tracing, le rendu général est vraiment bon sur PlayStation 5, ce qui permet d’apprécier les quelques fulgurances artistiques. Entre le scénario et la partie visuelle, on ne peut pas dire que le jeu brillant, laissant craindre le pire pour le reste du jeu, et pourtant on va découvrir une belle surprise. Autant le jeu affiche une vraie panne d’inspiration pour l’écriture et la patte artistique, autant pour le gameplay, sans être reversant, il est nettement plus convaincant.
La prise en main n’est pas spécialement compliquée mais un peu lourde, l’introduction n’est pas particulièrement agréable. Qu’importe, on va vite découvrir un système de jeu complet, fun et jouissif. Une fois de plus, on retrouve diverses références à d’autres licences majeures, mais dans le cas du gameplay, il ne s’agit que d’inspiration puisque le titre adopte véritablement un gameplay personnel et bien conçu. On est dans une expérience de jeu qui mélange action et aventure avec quand même une grosse part pour la partie action. Kaser peut compter sur un arsenal classique mais dont le système est intéressant. Il est question d’un arsenal de quatre armes avec la possibilité d’alterner en temps réel.
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Une mécanique dynamique et nerveuse qui permet vraiment de changer d’approche entre deux combos, une grande liberté qu’on apprécie énormément et qui surprend agréablement lors la découverte de celle-ci. Le système de jeu pour les combats s’organise donc à partir d’attaques légères et lourdes avec une touche dédiée à chaque fois en plus de l’utilisation des gâchettes pour certains combos afin de faire des dégâts supplémentaires, à condition de respecter le bon timing. Une notion importante qui permet de mettre en valeur une bonne partie des combos et dont l’apprentissage n’est pas trop compliqué mais demande un petit temps d’adaptation. Des combats techniques qui deviennent vite spectaculaires dès que l’on parvient à mettre en oeuvre une série de combos à l’aide des différentes armes (épées, faux, double lame).
On souligne d’ailleurs l’existence d’un attribut élémentaire sur les armes en plus d’un arbre de compétence pour chaque arme. Pour compléter cette jolie panoplie, Kaser peut compter sur son alliée Arena pour enrichir un peu plus le potentiel du personnage dans les combats. Cet allié permet de mettre en oeuvre des compétences spéciales à condition d’avoir de l’énergie, un système classique mais qui fonctionne bien. L’idée est vraiment de compléter les attaques avec les armes par des différents pouvoirs. Derrière ce potentiel offensif et ces transformations, le jeu demande également un bon travail défensif, on ne peut pas attaquer sans réfléchir. Il est donc nécessaire d’esquiver correctement les attaques tout en tenant compte de sa jauge d’endurance.
Il est également possible de réaliser des contres et des parades mais ces actions nécessitent un bon timing et donc une meilleure maîtrise du gameplay, au départ ce n’est pas spécialement évident. Le seul bémol que l’on a pu constater au cours des combats concerne la caméra qui peut se monter parfois un peu capricieuse dans son placement, rien de surprenant, c’est souvent le cas dans ce style de jeu. Enfin, toujours pour la partie combat, on souligne le soin accordé pour la plupart des combats de boss qui sortent clairement du lot par rapport aux autres combats du jeu. Un vrai plaisir de jeu avec des affrontements spectaculaire, un peu technique et surtout avec du challenge.
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Au sujet de la part d’exploration et d’aventure, celle-ci est forcément un peu plus en retrait, ce n’est pas vraiment le coeur du jeu et surtout Kaser se montre nettement moins à l’aise et agréable dès qu’il s’agit d’aborder ces phases de jeu. Celles-ci sont importantes puisqu’elles permettent d’offrir un peu de variété pour ne pas avoir l’impression de bêtement enchaîner des combats au sein des différents biomes du jeu. Néanmoins, la gestion n’est pas très précise avec une inertie un peu spéciale qui implique un temps d’adaptation. Finalement l’introduction de ces phases de jeu ne sert pas correctement le rythme de l’aventure. Enfin, il ne faut pas oublier que cette version Playstation 5 fait l’objet d’une petite exploitation de la Dualsense.
Ce n’est pas la référence dans ce registre mais on apprécie l’effort du studio pour utiliser notamment le retour haptique de la manette. On en vient maintenant au sujet du contenu. Pour terminer l’aventure principale, il faut environ 15-20 heures, en fonction de votre façon de jouer. Une durée de vie honnête même si la rejouabilité n’est pas énorme, l’expérience est très répétitive et le jeu est vendu au prix fort. Les donjons ne sont pas marquants mais décevants et le challenge n’est pas particulièrement bien dosé. Le jeu tente d’enrichir les zones de jeu avec divers objets mais ceux-ci ne parviennent à montrer un intérêt majeur pour l’aventure. Il y a quelques documents, des breloques ou encore des ressources pour crafter des consommables.
Sauf que ce système de fabrication n’est jamais mis en valeur et mal évoqué au début de l’aventure. Le challenge étant mal dosé, on parvient à s’en passer et à gérer différemment sur les quelques pics de difficulté. Pour les breloques, c’est déjà un peu plus sympathique et cela permet d’amener une petite touche RPG au titre. Ceci dit, l’ajout est timide et ne fait pas une grosse différence sur les combats, cela permet d’obtenir des bonus avec un pourcentage très faible qui n’affecte pas spécialement l’équilibre initial. Il faudra donc se contenter de finir le jeu dans un premier temps. En guise de récompense, la difficulté difficile est débloquée en plus de combats bonus. C’est toujours mieux que rien mais cela limite quand même la rejouabilité du jeu.
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On termine avec le travail sonore qui se montre plutôt séduisant à quelques détails près. D’abord les musiques dont le style participe parfaitement à la dynamique des combats mais aussi à l’immersion du joueur. Cette bande-son se compose de deux directions musicales, on a d’un côté une partie électro qui apparaît comme une évidence pour les combats (et notamment les boss) tandis que les transitions et le reste du jeu s’offrent essentiellement une partie orchestrale qui produit son effet. Le mélange fonctionne bien en donnant une identité qui fait cruellement défaut au titre. Cette collaboration des deux styles est maîtrisée en plus de bruitages soignés qui renforcent l’action en combat.
La petite déception pour la partie sonore se situe donc au niveau des doublages. Pas de voix françaises pour l’occasion, il faudra choisir entre les voix anglaises, chinoises et japonaises. Et c’est là que l’on va découvrir un doublage anglais qui n’est clairement pas à la hauteur, le ton et le style des voix ne collent pas avec les personnages et l’univers du jeu. On vous déconseille donc ce choix et on vous recommande plutôt de faire un choix entre les voix chinoises et japonaises, dans les deux cas le résultat est très bon.
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Lost Soul Aside n’est pas la surprise espérée. On craignait ce résultat au regard de son développement et des récentes informations. Il ne manque pas d’ambition mais de moyens, la petite d’équipe derrière ce projet a tenté de faire un compromis avec les promesses initiales du projet. Attention le résultat n’est pas mauvais mais certains aspects souffrent d’un vrai manque d’identité et d’idée. C’est souvent trop classique et générique. Heureusement le titre démontre des qualités notamment à travers son gameplay, fun et complet pour les combats.
On lui trouve également du charme grâce à sa bande-son qui offre de belles musiques tout au long de l’aventure. Mais il est bien difficile de passer outre un scénario pas très captivant et basique, et une direction artistique qui tombe dans le piège de la copie maladroite de l’univers Final Fantasy en particulier pour la partie personnage. Un titre loin d’être marquant mais qui mérite néanmoins le coup d’oeil si on aime ce type d’aventure.
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Graphismes : 13/20
Gameplay : 15/20
Durée de vie : 13/20
Bande-son : 15/20
Scénario : 12/20
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Note globale : 13/20
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