[Critique] Ultramega tome 2
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Après un premier tome surprenant et convaincant il y a maintenant 3 ans, la série Ultramega est de retour avec un second tome où James Harren est toujours aussi inspiré. L’artiste compte bien confirmer le premier essai en prouvant que l’on peut écrire une très bonne histoire de kaiju sans forcément faire appel à l’excellent et éternel Godzilla. Un bon délire de monstres géants pour une lecture toujours aussi plaisante. Ultramega tome 2 (EAN : 9782413091080) est disponible depuis le 24 septembre 2025 au catalogue de l’éditeur Delcourt dans un joli format pour apprécier les planches (19 x 28,5 cm environ) avec un total de 272 pages et un prix de 23,75€ dans sa version papier (ou 15,99€ dans sa version numérique). Toujours aussi fun, coloré et démesuré ?
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Au niveau de l’édition, on va retrouver les mêmes qualités que le premier tome, ce qui est totalement logique de la part de Delcourt. La qualité d’impression est impeccable, pas de défaut constaté, et la qualité du papier est très bonne. On peut souligner la superbe première de couverture de James Harren, car oui il est à la fois scénariste et illustrateur. Une couverture qui donne complètement le ton du récit à la fois dans le traitement de l’aspect kaiju mais aussi de son style visuel. Pour la précision, la couverture correspond à l’illustration du chapitre 7. A l’intérieur, on retrouve donc la suite du premier tome à savoir les chapitres 5 à 9.
Sur les premières pages, pas de contenu spécifique, on démarre directement par le chapitre 5. On peut quand même préciser la très chouette mise en page (sur une double page) pour mettre en avant les noms des artistes (James Harren pour le scénario et les illustrations, Dave Stewart pour la couleur et Rus Wooton pour le lettrage de la VO) ayant participé à cette belle aventure. A la fin du tome, on va pouvoir décrire un petit bonus classique pour ce genre d’ouvrage et pour l’éditeur, il s’agit de la traditionnelle galerie d’illustrations. Il est question d’un total de 6 pages où l’on va pouvoir trouver la version encrée des couvertures des chapitres 5 à 8.
Celles-ci sont présentes dans un format réduit puisque 4 couvertures se tiennent sur une page. On aura aussi la version encrée de la couverture du chapitre 9 qui profite d’une page entière. Ces dernières pages nous offrent des couvertures alternatives par différents artistes (dont Mike Mignola par exemple) pour les chapitres 5 à 9 avec en plus la version encrée à chaque fois. Là encore on en profite uniquement dans un format réduit (4 couvertures sur une page) à l’exception de deux couvertures alternatives, celle du chapitre 5 (par Mike Mignola et Dave Stewart) et celle du chapitre 7 (par l’artiste Gabriel Hernandez Walta) qui s’offrent une page entière.
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On l’a dit, ce projet est la preuve que James Harren, si on avait des doutes, est un artiste complet. Il est donc en charge du scénario mais aussi, on y viendra après, du dessin. Avant d’évoquer l’histoire de ces 5 nouveaux chapitres, on peut rappeler le synopsis : Un fléau cosmique s'est propagé, transformant les gens ordinaires en kaiju hyper-violents et monstrueux. Seuls les UltraMegas, trois individus dotés de pouvoirs incroyables, peuvent faire front face à cette déferlante de destruction. Leurs batailles détruisent des villes et sèment une horreur indicible dans leur sillage. Mais est-ce une guerre qu'ils peuvent gagner ? Un résumé qui confirme bien le concept particulier de l’histoire.
D’ailleurs, compte tenu de l’attente assez longue entre les deux tomes, il n’est pas ridicule de se replonger dans le premier tome même si l’on parvient à se replonger très facilement dans cet univers, l’ensemble reste accessible et pourtant l’écriture affiche une belle profondeur. Ce mélange d’action et de science-fiction avec la mise en scène de kaijus est d’une efficacité redoutable et ce second tome adopte le même ton et la même maîtrise que le tome précédent. On est donc face à une belle continuité qui confirme très vite notre engouement et notre plaisir de lecture pour cette série. Le rythme est toujours aussi bon, il y a toujours autant de combats sous différentes formes, l’hommage est kaiju est complètement respecté, l’auteur s’approprie parfaitement ce type d’univers en apportant une touche personnelle qui fonctionne à merveille.
Les monstres, les transformations et même ce petit goût de voyage, c’est un irrésistible chaos. L’auteur maîtrise son sujet dans le sens où il cherche à rendre hommage sans faire preuve d’une retenue particulière, c’est violent et gore mais toujours dans un très bon équilibre. Le côté post-apocalyptique fonctionne bien et ce côté sombre et brutal n’empêche à aucun moment l’artiste de proposer des thématiques et des sujets intéressants. Des monstres vénérés, une mafia déjantée, une société en décomposition, mais aussi la psychologie de certains êtres avec des passés douloureux. L’auteur traite d’une certaine manière la dépression et la désillusion tout en conservant un rendu fun au fil des cases.
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L’artiste parvient à mettre en scène le mal et les héros à travers un contexte, un univers et un ton à la fois unique, attachant et captivant. On a vraiment le même sentiment et le même plaisir avec ce second tome. Une oeuvre étrange qui s’inspire de multiples univers et concepts à la fois en provenance des comics mais aussi des mangas. L’artiste ne s’impose aucune frontière et ne se limite pas à la Terre, preuve d’une démesure complètement accentuée en plus d’apposer une couche horrifique qui fonctionne très bien sans dominer les autres styles. D’ailleurs, concernant la partie graphique, les dessins sont signés James Harren et c’est l’artiste Dave Stewart qui est en charge de la couleur.
Ce dernier réalise une fois de plus un superbe travail qui participe au succès de la série. Pour les dessins, James Harren frappe toujours aussi fort. On l’a déjà vu à l’oeuvre sur des séries populaires comme BPRD L’enfer sur Terre ou Conan le Barbare. Son travail est ici toujours aussi soigné, et on le répète idéalement mis en lumière par le travail des couleurs. Son trait est maîtrisé en proposant des créatures complètement dingues dans différentes proportions. Les planches sont vraiment chouettes, c’est dynamique, lisible avec un découpage maîtrisé, sans aucune faute de goût.
Son dessin colle parfaitement avec l’écriture et ce que l’on espère à la lecture d’un tel récit. La mise en scène est la force du titre avec le vrai sentiment de découvrir des monstres géants, la gestion des tailles par rapport à notre échelle est totalement convaincante et permet de mettre en valeur les séquences les plus folles lors des combats. Enfin la part de gore dans le dessin est complètement juste et maîtrisée à l’image de ce second tome.
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Conclusion : Ultramega tome 2 est une pépite en cette fin d’année. Un bel hommage à l’univers des Kaijus à travers une histoire et un dessin qui prouvent le talent de James Harren. Un projet maîtrisé de bout en bout en compagnie de Dave Stewart pour les couleurs qui se montrent lui aussi complètement à l’auteur de la série. C’est joli, varié, coloré et terriblement fun et dynamique. Ce n’est pas qu’un enchaînement de combat ou des affrontements pour savoir qui domine l’autre, l’écriture est plus fine sans gâcher le spectacle et la volonté de proposer une touche de folie et d’horreur. Aucune retenue de la part de l'auteur tout en proposant une histoire intéressante à suivre. Si vous aimez les monstres géants avec une direction artistique amusante et colorée, cette série est chaudement recommandée.
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