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[Test] Tales of Berseria

6 Février 2017 , Rédigé par jeuxvideo-world Publié dans #Tests PS4

Après un Tales of Zestiria pas franchement convaincant et dont l'accueil était très mitigé par les fans après un développement compliqué et des choix douteux de la part des développeurs. Dommage car la série Tales of possède une solide réputation en matière de J-RPG, il fallait donc absolument redresser la pente avec un nouvel opus. Bandai Namco Entertainment était parfaitement conscient du challenge et revient donc en ce début d'année 2017 avec un nouvel épisode qui s'intitule Tales of Berseria. L'épisode qui permet à la série de relever la tête ou au contraire une nouvelle déception qui enfonce encore un peu plus la licence ?

On ne peut pas dire que l'épisode "Zestiria" crevait l'écran au niveau de sa réalisation, malheureusement la série n'évolue toujours pas d'un point de vue technique, de quoi décevoir les fans et faire perdre patience à un grand nombre de joueurs. On apprécie quand même ce cel-shading avec un univers coloré, mais le charme a ses limites. Si l'on pouvait penser à un choix artistique, le cel-shading prend de plus en plus un air de cache misère, et ça c'est terriblement frustrant. Alors oui, les combats sont parfaitement fluides et offrent un affichage en 1080p et 60 fps, mais c'est toujours insuffisant pour espérer séduire l'oeil des joueurs. Une technique absolument pas digne de la nouvelle génération de console, on se trouve face à un jeu de 2013 sur PlayStation 3... Une impression qui n'est pas un hasard puisque si le jeu sort uniquement sur PlayStation 4 en France, il est développé et disponible pour la PlayStation 3 et 4 au Japon, on comprend mieux le résultat final.

Il ne faudra donc pas être surpris par la pauvreté du level-design et des environnements, basiques et vides. Cela manque cruellement de vie pour ne pas provoquer une lassitude visuelle malgré la belle palette de couleurs. Cet épisode met de côté l'exploration et les mondes ouverts pour revenir vers une expérience plus classique où l'on se rend d'un point A à un point B avec une liberté très mesurée. Pour rendre l'ensemble plus vivant, le jeu met à disposition la geoplanche, une sorte d'overboard. Cette tristesse visuelle relève radicalement la tête lorsqu'on se trouve dans une phase de combat, en arène, où le jeu devient tout de suite plus dynamique avec de belles animations. Si le jeu est frustrant sur ses décors et ses donjons, il reste par contre savoureux au niveau des personnages et notamment l'héroïne (oui pour une fois c'est un personnage féminin) que l'on incarne et qui se nomme Velvet.

Si la réalisation est toujours frustrante, surtout pour un jeu PlayStation 4 en 2017, le gameplay est d'un équilibre fascinant pour offrir un plaisir de jeu immense, en voilà une excellente surprise. Un gameplay orienté action qui offre donc un retour aux sources de la série après des tentatives peu convaincantes dans l'épisode "Zestiria". C'est dynamique avec une liberté de déplacement appréciable dans l’arène de combat, où vous serez maître de la caméra. Un confort appréciable d'autant que la prise en main est simple et immédiate. Vous pouvez dire adieu à la jauge de CC pour laisser place à une jauge d'âmes permettant de lancer des combos d’arte. On ne parle donc plus de coups normaux mais bel et bien de artes sous différentes formes. La jauge d’âme est susceptible d'augmenter au fil du combat pour lancer plus d’artes et donc des combos plus longs. Le jeu met à disposition quatre arbres d’arte correspondant aux quatre boutons de la manette.

Si l'on pourrait penser qu'il s'agit de bourriner les bons boutons, ce comportement sera effectivement le cas au début de l'aventure mais rapidement, le jeu démontre une dimension tactique et une exigence importante dans les choix et la préparation des combats. On laisse quand même une certaine surprise, mais on peut tout de même évoquer d'autres aspects particulièrement importants dans les combats : les attaques spéciales des personnages, les esquives qui permettent d'obtenir des bonus si le timing est parfait ou encore et le système de Tag Attacks qui consiste à changer de personnage en plein combo. En dehors, l'intensité retombe sèchement et malgré la geoplanche, on espère qu'une chose, c'est retourner dans un combat tellement la différence est importante entre la phase d'exploration ennuyante et pauvre et la phase de combat d'une richesse incroyable et systématiquement jouissive.

En matière de contenu, Tales of Berseria est digne de la série avec notamment une aventure offrant une longue expérience de jeu. En effet il vous faudra au moins 40 heures pour venir à bout de cette histoire passionnante, malgré une exploration linéaire et moins palpitante que les combats où certains s'annoncent particulièrement rudes et où le choix bourrin n'est pas la bonne méthode. Forcément pour un tel genre, le jeu offre un contenu annexe en plus de la trame principale, mais compte tenu qu'il ne s'agit pas d'un monde ouvert, il ne faudra pas non plus attendre de miracle. On trouvera donc des quêtes annexes avec des donjons et boss optionnels.

La quantité est là et devrait permettre de prolonger l'expérience de jeu pour arriver à une durée de vie conséquente si vous appréciez l'univers et le système de jeu. La dimension secondaire offerte par le jeu ne se contente pas d'augmenter la durée de vie, cela permet d'obtenir des informations et détails sur l’univers du jeu et notamment l'histoire des personnages. On note également la présence d'un grand nombre de minis-jeux particulièrement amusants et qui permettent de varier les plaisirs (pêche, cuisine...). Le jeu offre également un grand nombre d'accessoires et de costumes mais avec une grosse partie en DLC, parfois gratuit mais très souvent payant.

On termine avec la bande-son et le scénario du jeu, deux points plutôt convaincants. Après Go Shiina, en charge de la bande-son de Zestiria, c'est bel et bien Motoi Sakuraba qui revient pour s'occuper du traitement sonore de ce nouvel épisode. Vous ne serez donc pas surpris d'apprendre que les compositions musicales sont soignées. Elles renforcent l'univers du jeu et accompagnent à merveille le joueur dans son aventure en étant parfaitement juste que ce soit dans l'action ou l'émotion, un équilibre idéal. Le jeu bénéficie d'une traduction Française mais avec des voix japonaises ou anglaises selon votre envie. On apprécie nettement plus le résultat japonais qui colle clairement mieux aux différents protagonistes, le doublage anglais est bien percutant. Vous avez envie de jouer à ce jeu mais vous ne connaissez pas vraiment la série et vous n'avez pas fait Tales of Zestiria par exemple, pas d'inquiétude.

En effet ce nouvel opus se place avant l'épisode "Zestiria", il s'agit d’une préquelle qui ne pose aucun problème de compréhension pour les nouveaux joueurs. On incarne Velvet, un personnage féminin face à la solitude depuis la mort de ses parents malgré l'existence d'un petit frère nommé Laphicet. C'est un certain Artorius, un exorciste, qui sera chargé de prendre en charge les enfants. Un soir, Velvet va assister à un évènement qui va radicalement changer celle-ci et lancer l'aventure correspondant à une quête de vengeance. Comme vous pouvez le voir, la partie scénaristique est intéressante et même si celle-ci se montre parfois classique, on reste captivé par le soin apporté à Velvet, l'un des meilleurs personnages de la série.

Tales of Berseria relève complètement la tête et nous offre un retour aux sources très séduisant. Après la petite déception de l'épisode précédent, on retrouve un réel plaisir manette en main malgré quelques choix qui pourront décevoir certains joueurs en quête d'une grande liberté. Le système de combat est génial, le contenu est costaud pour dépasser 50 heures sans problème, la bande-son est agréable et le scénario intéressant. Un épisode intelligent sur de nombreux points qui permet d'ailleurs à un joueur de s'essayer à cet épisode sans crainte grâce à une traduction Française et surtout à son choix scénaristique qui place cet épisode comme une préquelle de Zestiria, autrement dit vous n'aurez pas de mal à suivre l'histoire.

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Graphismes : 13/20
Gameplay : 17/20
Durée de vie : 18/20
Bande-son : 16/20
Scénario : 16/20

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Note globale : 16/20

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